Rencontres 2019 : Retraites, comment les financer ?

la finance pour tous

Dans le cadre du Printemps de l’économie, La Finance Pour Tous organisait le mercredi 20 mars 2019 une conférence sur le thème du financement des retraites. Quatre spécialistes ont débattu du sujet avec une conclusion qui ressort : il n’y a pas péril en la demeure !

La conférence « Retraites : comment les financer ? » s’est tenue au ministère de l’Économie et des Finances le mercredi 20 mars et a été animée par Mireille Weinberg, journaliste à l’Opinion.

Quatre experts avaient été conviés pour débattre du sujet :

Jean-Claude Barboul, président de l’AGIRC-ARRCO (Association Générale des Institutions de Retraite des Cadres – Association pour le Régime de Retraite Complémentaire).

Pierre-Louis Bras, président du COR (Conseil d’Orientation des Retraites).

Laure de La Bretèche, directrice déléguée des retraites et de la solidarité de la Caisse des Dépôts et consignations (CDC). 

Monika Queisser, cheffe de la Division des Politiques Sociales à l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique).

Printemps de l'économie

Après un mot de bienvenue de Pascale Micoleau-Marcel, Déléguée générale de La Finance Pour Tous, les interventions ont débuté avec un panorama international dressé par Monika Queisser.

Les principales conclusions des intervenants

Monika Queisser a rappelé que la question du vieillissement démographique, qui accentue la pression sur les systèmes de retraite quels qu’ils soient, est un défi commun à tous les pays de l’OCDE. En effet, on compte aujourd’hui, en moyenne dans les pays de l’OCDE, 28 personnes de plus de 65 ans pour 100 personnes en âge de travailler. En 2040 ce ratio sera passé à 50. 

Il est intéressant de noter que les retraités français sont particulièrement bien lotis. Le revenu moyen des plus de 65 ans est supérieur à celui de l’ensemble de la population, ce qui est une exception parmi les pays développés. De plus, l’espérance de vie à l’âge moyen de sortie du marché du travail est de 25 ans en France, soit supérieur de 5 ans à la moyenne de pays de l’OCDE.

Cependant, les Français ont paradoxalement une confiance faible dans leur système de retraite (et envers l’administration en général). Comme l’a rappelé Laure de La Bretèche, la confiance des citoyens est un élément clé d’un système de retraite efficace.

D’autant plus que, d’après Pierre-Louis Bras, le système de retraite français est viable. En effet, à partir de projections jusqu’en 2070, le COR a montré que la part des retraites dans le PIB, actuellement de 13,8 %, serait en 2070 de 11,6 % (scénario optimiste avec des gains de productivité annuels de 1,8 %) ou de 14,4 % (scénario pessimiste avec des gains de productivité annuels de 1 % par an).

Dans tous les cas, il n’y aurait pas de dérapage massif qui remettrait en cause la viabilité du système de retraite.

D’ici 2070, la retraite devrait se prendre plus tard (à 63,9 ans contre 62 ans aujourd’hui). Dans le même temps, la pension moyenne par rapport au revenu d’activité devrait baisser. Autrement dit, si le niveau des retraites va continuer à croître, cette hausse sera plus lente que celle des salaires. Le niveau de vie relatif des retraités par rapport aux actifs va baisser, mais les retraités de demain gagneront plus que ceux d’aujourd’hui, et encore plus que ceux d’hier. Enfin, la durée moyenne de la retraite devrait continuer à croître pour atteindre 30 ans en 2070.

Jean-Claude Barboul a également présenté le système de la retraite par points de l’Agirc-Arrco, qui pourrait servir de base à la réforme voulue par le président Macron.

L’Agirc-Arrco (retraite complémentaire des salariés du secteur privé) est pilotée uniquement par les partenaires sociaux (représentants des organisations syndicales et des organisations patronales). Ils négocient les accords destinés à assurer la pérennité et l’équilibre financier du régime.

Dans le régime Agirc-Arrco, les cotisations versées (parts patronale et salariale) sont converties chaque année en points de retraite. Ceux-ci sont cumulés sur un compte ouvert dès le versement du premier salaire et valorisés au moment de la retraite.

Ce système est fondé sur l’équité  (un euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous) et contributif : la retraite est calculée en fonction des cotisations versées tout au long de la carrière.

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