Les monnaies locales et complémentaires

Quels sont les bienfaits espérés d’une monnaie locale ?

  • La mise en place d’une monnaie locale détourne la demande sur le territoire concerné vers la production locale. En effet, elle ne peut être dépensée que sur ce territoire. Il peut même y avoir des situations de monopoles géographiques. Si, sur ce territoire, un seul salon de coiffure accepte cette monnaie, il augmente sa demande de la part de personnes qui sont en possession de cette monnaie. La monnaie locale permet donc d’augmenter les capacités de production des entreprises du territoire et d’augmenter les embauches des habitants. En revanche, l’utilisation d’une monnaie locale peut être considérée comme de la concurrence déloyale pour les producteurs qui sont en dehors du territoire concerné et qui n’ont pas le droit d’utiliser cette monnaie. Par exemple, un salon de coiffure en dehors de la commune qui propose des prix plus attractifs, même avec une meilleure qualité, verra sa clientèle diminuer au profit du salon de coiffure qui accepte la monnaie locale. 
  • La monnaie locale permet d’orienter la consommation des particuliers vers des secteurs à valoriser. Il s’agit principalement des produits issus de l’agriculture biologique ou du commerce équitable. Par exemple, les fabricants de pesticides ne sont pas acceptés dans ces systèmes. 
  • La monnaie locale circule plus rapidement que l’euro. La date de validité de chaque billet encourage les détenteurs à s’en débarrasser plus rapidement pour ne pas subir de fonte. Elle permet donc une augmentation du volume des transactions et de relancer une économie locale. 
  • Selon ses promoteurs, la monnaie locale serait également un facteur de cohésion sociale. Elle permettrait de souder une communauté autour d’un projet commun.

Exemples de monnaies locales et complémentaires en France

 

Informations

Fonte (perte de valeur)

Perte de conversion en euros

 

L’abeille

Villeneuve-sur-Lot (47)
Janvier 2010
1 abeille = 1 euro

2 % tous les 6 mois

2 %

L'abeille

La bogue

Aubenas Vals Les Bains (07)
Septembre 2010
1 bogue = 1 euro

2 % tous les 3 mois

2,5 %

La bogue

Le sol violette

Toulouse (31)
Mai 2011
1 sol = 1 euro

2 % tous les 3 mois

5 %

Le sol violette

Le luciole

Ardèche-Sud (07)
Avril 2011
1 luciole = 1 euro

0 %

ns

Le luciole

Le déodat

Vosges (88)
Septembre 2011
1 déodat = 1 euro

2 % tous les 6 mois

2 %

Le déodat

La mesure

Romans sur Isère (26)
Mai 2011
1 mesure = 1 euro

2 % tous les 3 mois

2 %

La mesure

Remarque : le sol violette lancé à Toulouse, en mai 2011, est un système un peu différent. Ce n’est pas une monnaie « ascendante ». Elle a été instaurée par la commune qui a reçu pour cela des subventions de la part du Crédit Coopératif, de GRDF, de la Caisse des dépôts, de la MACIF…

Les monnaies locales restent pour l’instant de projets de dimension restreinte. À Toulouse, ce ne sont que 27 000 € qui circulent sous forme de sols violettes. Mais elles sont en plein développement. Brest a lancé en janvier 2012 l’héol, et d’autres projets sont en cours comme la muse à Angers ou encore l’écosol à Chambery. À Nantes, c’est un projet sans billet qui est à l’étude. La ville envisage d’installer, d’ici 2013, un système de paiement interentreprises incluant aussi les particuliers, reposant sur le principe d’une chambre de compensation.

Aller plus loin :  http://monnaie-locale-complementaire.net

Créé le 28 mars 2012 - Dernière mise à jour le 28 mars 2012
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