Création d’entreprise : différentes dynamiques pour différents types d’entreprises
Le régime du micro‑entrepreneur demeure le principal moteur des créations. Avec 758 600 immatriculations en 2025, en hausse de 5,9 % sur un an, il représente près des deux tiers des nouvelles entreprises. Les sociétés progressent au même rythme (+5,9 %, soit 301 300 créations), tandis que les entreprises individuelles classiques reculent de 4,1 %, à 105 900 créations. Ce contraste confirme une tendance structurelle : la simplification administrative et la souplesse du régime du micro-entrepreneur attirent toujours davantage de créateurs, alors que les formes plus traditionnelles marquent le pas.
La hausse des créations d’entreprises dépend des secteurs d’activité
La hausse des créations d’entreprises est constatée dans une large majorité des secteurs d’activité.
Le commerce enregistre 172 600 créations en 2025, en progression de 11,1 %. Les activités de services administratifs et de soutien, tels que le ménage à domicile ou en entreprise ou le secrétariat (+11,7 %), ainsi que l’information et communication (+8,2 %) affichent également un net dynamisme. Dans ces secteurs, la croissance est souvent portée par les micro‑entrepreneurs, notamment dans les activités liées au numérique et aux plateformes.
À l’inverse, la construction recule nettement (‑3,8 %), tout comme les activités financières et d’assurance (‑13,9 %). L’industrie reste globalement stable (+0,6 %), avec des évolutions divergentes selon le statut juridique.
Un phénomène marquant concerne l’évolution des formes de vente. Les créations d’entreprises individuelles classiques dans la vente à domicile poursuivent leur repli, confirmant l’essoufflement du modèle des vendeurs à domicile indépendants. À l’inverse, la vente à distance, largement exercée sous le régime du micro‑entrepreneur, continue de progresser fortement.
Toutes les créations d’entreprises n’aboutissent pas à une mise en activité
Il convient toutefois de distinguer immatriculation et véritable démarrage d’activité. Sur la période récente, environ 69 % des entreprises créées deviennent économiquement actives dans les deux ans. Les sociétés présentent les taux de démarrage les plus élevés : 87 % sont actives dans les deux ans suivant leur création. Les entreprises individuelles classiques affichent un taux plus faible (59 %), largement affecté par le cas particulier des vendeurs à domicile. Les micro‑entrepreneurs se situent dans une position intermédiaire.
Un entrepreneuriat jeune et stable
L’âge moyen des créateurs d’entreprises individuelles reste stable à 35 ans en 2025.
Quatre créateurs sur dix ont moins de 30 ans, une proportion plus élevée chez les micro‑entrepreneurs.
Les jeunes sont particulièrement présents dans les activités liées au numérique, à l’audiovisuel ou à certaines professions de santé, où l’installation intervient souvent rapidement après la formation. À l’inverse, les secteurs nécessitant davantage de capital ou d’expérience, comme le bâtiment ou le transport de voyageurs, attirent proportionnellement moins de jeunes créateurs.
La part des femmes parmi les créateurs d’entreprises individuelles demeure stable, autour de 44 %, signe d’une féminisation progressive mais encore inachevée de l’entrepreneuriat.
Au total, l’année 2025 confirme la vitalité entrepreneuriale française, tout en mettant en lumière des transformations profondes : montée en puissance du régime micro, essor des activités numériques et de la vente à distance, et contrastes marqués selon les secteurs. Reste à savoir dans quelle mesure ces créations se traduiront, dans les années à venir, par des entreprises pérennes et créatrices d’emplois.