Brexit

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Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté à 52 % en faveur d’une sortie de l’Union européenne (UE). C’est ce qu’on appelle communément le « Brexit », abréviation de « British Exit » (sortie britannique de l’UE). Le Brexit sera effectif le 31 janvier 2020 à minuit.

Genèse du Brexit

L’organisation de ce vote découle d’une promesse de campagne de David Cameron, l’ancien Premier ministre conservateur (et défenseur du maintien dans l’UE). Ce dernier n’était pas favorable à un scrutin mais a dû revoir sa position sous la pression des franges les plus radicales de son parti, mais aussi en raison de la popularité croissante de partis nationalistes eurosceptiques (notamment UKIP, « United Kingdom Independence Party »), grand vainqueur du scrutin européen en 2014.

Voici la question qui a été posée aux Britanniques : « Est-ce que le Royaume-Uni doit rester membre de l’Union européenne ? »

Suite à la victoire du « non », David Cameron a démissionné car il était le porte-parole du « oui » pendant la campagne. Il a été remplacé par l’ancienne ministre de l’Intérieur, Theresa May. Celle-ci, politiquement engluée dans les débats autour du Brexit, a été remplacée par Boris Johnson.

Brexit : la campagne du « non »

Les arguments en faveur d’un départ de l’UE étaient structurés autour de quatre messages simples :

  • La bureaucratie européenne pénalise les entreprises britanniques.

  • L’UE coûte trop cher et ne rapporte rien au Royaume-Uni.

  • Le Royaume-Uni ne contrôle plus ses frontières.

  • Le Royaume-Uni est pris au piège dans un projet fédéral européen.

Le calendrier du Brexit

Theresa May ne souhaitait pas que le Brexit soit voté au Parlement, mais la Cour Suprême du Royaume-Uni a imposé que la sortie de l’UE soit validée par les parlementaires. Le vote a eu lieu le mercredi 1er février et le « oui » au Brexit l’a largement emporté avec 498 voix pour et 114 contre.

Le 29 mars 2017, Theresa May déclencha l’article 50 du traité de Lisbonne auprès du Conseil Européen.

 

C’est la première fois qu’un pays quitte l’UE. 

Suite à cette annonce, une période de négociation entre le Royaume-Uni et l’UE s’est ouverte pendant deux ans, qui a abouti à un projet d’accord de retrait le 13 novembre 2018, afin d’éviter une sortie sans accord « no deal Brexit ».

Cependant, malgré les efforts des négociateurs, la version de l’accord pour le Brexit a été rejetée trois fois par les députés britanniques et a obligé à la Première ministre à repousser à deux reprises la date du Brexit, du 29 mars 2019 au 31 octobre 2019, plongeant le pays dans la paralysie politique et forçant Theresa May à démissionner. Elle a été remplacée par Boris Johnson au poste de Premier ministre.

Les principaux points de discorde restent la frontière entre les deux Irlande et le marché commun européen.

Pour sortir du blocage politique, des élections ont eu lieu le 12 décembre 2019. La nette victoire des conservateurs a renforcé la position de Boris Johnson, partisan d’un Brexit rapide. Le Royaume-Uni quittera officiellement l’UE le 31 janvier 2020 à minuit (23 heures à Londres).

Une phase transitoire s’ouvrira jusqu’au 31 décembre 2020, au cours de laquelle Londres et Bruxelles devront s’accorder sur les modalités de leur relation future (notamment sur les flux de personnes et de marchandises).

Le Brexit aura donc peu de conséquences concrètes (tourisme, flux commerciaux…) avant le 31 décembre 2020.

Les conséquences économiques du Brexit

En 2016, avant le référendum, George Osborne, ancien chancelier de l’Échiquier, avait pourtant alerté des risques que posait la sortie de l’UE pour l’économie britannique, « un vote de départ représenterait un choc immédiat et profond pour notre économie. Ce choc plongerait notre économie dans une récession et entraînerait une augmentation du chômage d’environ 500 000 personnes ».

Depuis 2014, année où le Royaume-Uni avait enregistré une croissance exceptionnelle de son PIB de 3,1 %, l’économie ne cesse de ralentir. En 2019, la croissance économique n’a atteint (selon les dernières estimations du FMI) que 1,2 %, son niveau le plus bas depuis 2012.

Malgré ceci, la performance du marché du travail reste remarquable, avec un taux de chômage de 3,8%, au plus bas depuis 40 ans, un taux d’emploi qui a atteint les 76%, son plus haut niveau depuis 1971 et une hausse généralisée des salaires, avec une progression de la rémunération réel de 1,5 % en 2018.  

Le principal impact négatif du Brexit est pour l’instant une baisse de l’investissement des entreprises qui manquent de visibilité. C’est notamment le cas dans l’automobile, un secteur qui dépend fortement de l’Europe pour ses exportations et ses approvisionnements en pièces détachées.

Brexit : les économistes estiment que le Royaume-Uni sera perdant

Le Financial Times a interrogé un panel de 120 économistes et 75 % d’entre eux pensent que le Royaume-Uni est perdant avec le Brexit.

La Banque d’Angleterre avait dans un premier temps estimé que le Brexit sans accord pourrait réduire le PIB britannique de 8 %.

Elle a ensuite modifié sa prévision pour estimer la perte potentielle à 5,5 %, soit un choc plus important que la crise de 2008.

D’autres économistes, comme Paul Krugman, estiment la perte de PIB  plus faible, autour de 2 % à long terme. 

Des emplois devront être transférés de la City de Londres à l’Europe continentale.

C’est le cas de l’Autorité bancaire européenne qui a déménagé de Londres à Paris.

C’est une quasi-certitude, le Royaume-Uni devrait perdre le « passeport européen », qui permet aux établissements financiers installés à Londres de vendre leurs produits et services partout dans l’UE.

Entre 5 000 et 10 000 emplois pourraient ainsi être déplacés de Londres à l’Europe continentale, selon une estimation de la Banque d’Angleterre, ce qui attire les convoitises de plusieurs villes européennes, au premier rang desquelles Paris, Dublin et Francfort.

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