Taux de change

Le taux de change d’une devise (monnaie) est le cours, c’est à dire le prix, de cette devise par rapport à une autre devise.

Taux de change

Sur les sites d’information financière ou les pages spécialisées des journaux, nous pouvons lire par exemple EUR/GBP=0,8250/0,8252. Le premier prix est le cours de vente de la première devise mentionnée, ici l’euro. Le second prix est le cours d’achat de la première devise.

En termes explicites, EUR/GBP=0,8250/0,8252 signifie qu’un euro (EUR) se vend à 0,8250 livre sterling (GBP) et qu’un euro s’achète pour 0,8252 livre sterling. La convention veut que ces taux de change soient exprimés avec quatre chiffres après la virgule.

Il est aisé de distinguer le cours de vente et le cours d’achat en se souvenant que le cours de vente est toujours inférieur au cours d’achat. En fonction de la commission retenue par l’agent de change, l’écart entre cours de vente et cours d’achat appelé aussi spread   Définition Terme anglais utilisé pour désigner la différence de taux d’intérêt d’une obligation avec celui d’une obligation de référence et de même durée, considérée comme la moins risquée.
Le spread est d’autant plus faible que la solvabilité de l’emprunteur est perçue comme bonne.
Les emprunts d’un Etat étant en général considérés comme les plus sûrs, on mesure généralement le spread des emprunts des entreprises par rapport à ceux de l’Etat correspondant. Mais il peut également exister des spreads entre les emprunts émis par différents Etats.
Actuellement (début juin 2010), dans la zone Euro, ce sont les obligations émises par l’Etat allemand qui constituent la référence.
peut être plus ou moins grand.

Par souci de simplicité et afin d’établir un standard international qui permet de parler de toutes les devises où que l’on soit dans le monde sans barrières de langue, chaque monnaie a une abréviation en trois lettres. Souvent –mais c’est loin d’être une règle générale- les deux premières lettres indiquent le pays, et la troisième fait référence au nom de la devise. Par exemple, voici les abréviations des monnaies des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la Chine et du Japon :

USD US pour Etats-Unis D pour dollar
 GBP GB pour Grande-Bretagne P pourpound (livre en français)
 CNY CN pour Chine Y pour yuan
 JPY JP pour Japon Y pour yen

A savoir : L’euro est une exception notable puisqu’elle a comme abréviation EUR.

Enfin, on ne peut pas évaluer la valeur d’une devise dans l’absolu; c’est pourquoi elle est toujours exprimée relativement à une autre monnaie par un taux de change, et en observant les variations de ce taux dans le temps. Chaque devise a donc un taux de change vis-à-vis de chacune des autres devises. On parle de taux de change bilatéral pour désigner le rapport d’échange entre deux devises et de taux de change effectif lorsque l’on considère l’ensemble des taux de change bilatéraux. Pour l’établir on pondère en général chaque taux de change bilatéral par la part du commerce international du pays réalisée dans cette devise.

Pourquoi les taux de change sont-ils importants ?

Les taux de change ont une grande importance pour l’économie d’un  pays, et en particulier pour son commerce extérieur. Par exemple, supposons que l’euro s’apprécie par rapport au dollar, c’est-à-dire que le taux de change de l’euro par rapport au dollar augmente et passe de 1€=1,35$ à 1€=1,50$ quelques mois plus tard.

S’agissant des marchandises et des services, les produits exportés par les Etats-Unis vers les pays de la zone Euro seront alors plus compétitifs . Exemple : 1 DVD  « made in USA » de 20$ valait dans la zone Euro 14,8€ (soit 20$/1,35$). Il vaudra 13,3€ (soit 20$/1,50$) quelques mois après. Inversement, les produits exportés à partir de la zone Euro auront un prix plus élevé en USD et seront moins compétitifs aux USA par rapport aux produits locaux.

Mais, s’il n’y a pas de production nationale suffisante pour éviter d’importer moins - ce qui peut être le cas pour l’énergie ou les matières premières provenant souvent de pays émergents – cela peut être un facteur d’inflation dans le pays dont le taux de change baisse, en l’occurrence les Etats Unis dans notre exemple.

Enfin, au niveau des particuliers, avec une hausse de l’euro/dollar, les touristes américains auront dans la zone euro un pouvoir d’achat en baisse, et inversement le séjour des touristes français ou allemands aux Etats-Unis leur reviendra moins cher. S’agissant des placements et des investissements, les actifs européens valent plus cher pour les investisseurs américains et les actifs américains valent moins cher pour les investisseurs de la zone euro : une baisse du dollar profite donc logiquement aux investissements vers les Etats Unis.

Les taux de change des devises sont fixés sur le marché des changes. Chaque pays ou zone monétaire décide de son régime de change, fixe ou flottant.

Politiques de taux de change

Dans l’Union Européenne, la zone euro constitue unezone monétaire dans laquelle les taux de change des pays membres ont été fixés de manière irrévocable, les monnaies locales ayant été remplacées par une monnaie commune. En revanche, l’euro est dans un régime de change flottant vis-à-vis de la plupart des autres devises. En dehors de la zone euro, certains Etats comme les trois pays baltes et la Bulgarie, ont un régime de taux fixes par rapport à l’euro. D‘autres comme la Pologne, ou la Roumanie ont des régimes de change flottants ainsi que les pays de l’Union Européenne non candidats à l’entrée dans la zone euro (Royaume Uni, Suède, Danemark).

Dans le cadre des taux de change flottants, les Etats-Unis et la zone euro ont adopté  une politique de laisser-faire vis-à-vis de l’évolution des taux de change.Ainsi la Banque Centrale Européenne n’intervient pas sur le marché des changes pour influencer le taux de change de l’euro. Depuis 2005, la Chine a quant à elle opté pour un taux de change flottant administré avec une référence à un panier de devises. Entre juillet 2005 et juillet 2008, le yuan (appelé aussi renminbi) s'est apprécié d'environ 21% face au dollar. Mais ce système a été suspendu en juillet 2008, rétablissant de fait le lien fixe entre yuan et dollar, au nom de la protection nécessaire de l'économie chinoise contre les conséquences de la crise financière mondiale.

Cette situation suscite des mécontentements du côté des partenaires économiques de la Chine -les Etats Unis en tête- car ce contrôle exercé par la Banque Populaire de Chine (la banque centrale chinoise) sur la devise nationale conduit selon eux à une sous-évaluation du yuan sur le marché des changes. Bon nombre d’analystes estiment que dans un régime de changes flottants, le yuan serait aujourd’hui bien plus fort par rapport aux autres devises et notamment au USD, et qu’il s’agit par conséquent d’une forme de concurrence commerciale déloyale de la part de la Chine qui use de la situation pour exporter ses biens et ses services à moindre coût.

Plus récemment, le marché des devises s’est retrouvé face à un nouveau cas d’intervention d’une banque centrale en matière de change. En effet,  la Banque Nationale Suisse a décidé de fixer un taux plancher sur l’évolution des cours du franc suisse face à l’euro et au dollar US suite à une très forte appréciation de sa monnaie en 2011 ; hausse due en grande partie aux incertitudes sur le remboursement des dettes souveraines dans la zone euro et aux Etats Unis.

Taux de change d’équilibre ?

Des taux de change équilibrés, ni surévalués, ni sous évalués, correspondraient en principe à une situation d’équilibre interne et externe des différentes économies. Les déséquilibres externes correspondent à des situations de déficit durable, dont le financement n’arrive pas à être financé par des capitaux extérieurs stables, mais aussi à des situations inverses d’accumulation d’excédents extérieurs.

On peut parfois lire dans la presse que telle monnaie est sous-évaluée c'est-à-dire que le taux de change bilatéral de cette monnaie avec une autre ou que son taux de change effectif avec l’ensemble des autres devises est trop faible. Inversement durant l’année 2009, le taux de change de l’Euro s’est fortement apprécié par rapport au dollar et certains ont considéré qu’il y avait une surévaluation de la monnaie européenne pénalisant ses exportations.

La forte instabilité des taux de change

En fait depuis que les régimes de change flottants prédominent, des taux de change d’équilibre ont beaucoup de mal à devenir réalité. L’instabilité des taux de change est au contraire une caractéristique majeure de l’économie mondiale actuelle. Ainsi, par exemple, de 1999 à 2002 le dollar s’est apprécié de 45% par rapport à l’Euro naissant. Puis de 2002 à 2009 il a perdu 75% de sa valeur. Des fluctuations de taux de change de 5% ou plus sur un mois ne sont pas rares. Par exemple, entre fin octobre et fin novembre 2010, l’euro a perdu 8% par rapport au dollar, suite à la crise financière irlandaise.

A titre d’illustration, on peut observer l’évolution du cours de l’euro/dollar depuis le lancement de l’euro en 1999 jusqu’au début de l’année 2012.

Taux de change euro/dollar

La stabilisation des taux de changes semble donc difficile. Tout d’abord il y a une diversité des régimes en place : bien que la tendance depuis les années 1970 soit celle d’une expansion du régime de changes flottants, certaines devises gardent un régime de changes fixes, et certaines banques centrales n’hésitent plus à intervenir pour imposer un taux de change favorable à leur économie. Enfin force est de constater que le marché des devises est devenu plus spéculatif depuis la libéralisation des années 1970. Ainsi certaines fluctuations sur le marché des changes ne sont pas nécessairement en corrélation avec l’état réel des économies nationales des devises concernées.

Il est donc indispensable surtout pour les multinationales et les banques, qui gèrent des volumes très importants de liquidités et sont exposées à plusieurs monnaies, de se couvrir contre les fortes fluctuations de taux de change. Le marché des changes leur donne pour cela accès à des instruments de couverture variés comme les opérations à terme   Définition Opération qui consiste à fixer le prix et la date à laquelle sera échangée une quantité déterminée de monnaie contre une autre (appelé forward en anglais).
ou bien des produits dérivés plus complexes comme les swaps   Définition Vient d’un mot anglais qui signifie « échange ». Un swap est donc un échange entre deux parties pendant un certain temps. Dans le domaine financier, il s’agit d’un échange de … flux financiers : par exemple, j’échange un taux d’intérêt court terme contre un taux long terme moyennant une rémunération. Les swaps permettent de transférer certains risques, sans affecter le bilan de ceux qui les utilisent. Ces produits dérivés   Définition Produits financiers complexes qui sont liés à (ou « dérivent de ») d'autres actifs (actions, obligations, matières premières, indice,...), qualifiés de sous-jacents. Les principaux dérivés sont les options, les contrats à terme, les swaps et dérivés de crédit.
sont très utilisés dans le montage de produits dits structurés par exemple les fonds à formule ou fonds garantis .
ou bien les options   Définition Les options sont une catégorie de produits dérivés. Leur valeur dépend (dérive) de celle de l’actif (ou produit), qualifié de "sous-jacent", sur lequel elles portent. Ces sous-jacents peuvent être des produits physiques (matières premières), des instruments financiers (actions, obligations, taux d’intérêt, cours de change) ou encore des indices boursiers, climatiques… Autre caractéristique des options : ce sont des contrats négociables dont la réalisation finale dépend de l’évolution des conditions de marché (caractère optionnel) et dont le paiement, en cas de réalisation, intervient à une date future. Enfin il existe des options d’achat (call) ou de vente (put) qui mettent face à face des acheteurs et des vendeurs. On peut donc être acheteur de call ou de put, ou vendeur de call ou de put. L’acheteur paie toujours une prime qui lui garantit un prix, mais il reste libre d’exercer ou non l’option ; le vendeur reçoit la prime mais court le risque d’être exercé à un prix qu’il ne maîtrise pas. La situation du vendeur est toujours très risquée.
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Créé le 15 décembre 2010 - Dernière mise à jour le 10 février 2014
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2 commentaire(s)  
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Agnes , publié le 25/11/2014 12:55

j'ai vraiment aimé l'article car il m'a aidé à réviser et à comprendre mon cours d'économie monétaire. MERCI!

lacome , publié le 04/02/2013 23:15

intéressé par l'évolution des taux de change

 
institut pour l'éducation financière du public