Le nouveau gouvernement hongrois dirigé par Péter Magyar hérite d’une situation économique complexe et devra rapidement démontrer sa capacité à engager des réformes crédibles.
Hongrie : une économie en panne de vitesse
Depuis 2023, l’activité économique hongroise est quasi-stagnante, avec une croissance annuelle moyenne plafonnant à environ 1 % ces dernières années, un net ralentissement par rapport au dynamisme d’avant la pandémie.
Cette faible croissance s’explique, selon l’agence Fitch, par un environnement extérieur défavorable, une incertitude persistante (notamment due aux tensions politiques avec l’UE) et un recul de l’investissement public.
L’inflation, bien qu’en baisse (après des taux à deux chiffres entre 2022 et 2023), reste au-dessus de l’objectif de 3 % fixé par la banque centrale, maintenue à un niveau élevé par des pressions salariales et une forte consommation. La situation est aggravée par des défis structurels, notamment une productivité du travail qui stagne et une compétitivité des prix qui se dégrade sur les marchés extérieurs.
Le défi du redressement des finances publiques
Le point le plus critique reste la situation des finances publiques. Le déficit budgétaire reste élevé, projeté autour de 4,5 % à 5 % du PIB pour 2026.
La dette publique, elle, a continuellement augmenté pour atteindre près de 75 % du PIB. Cette trajectoire est en partie due à des mesures de relance budgétaire prises en prévision des élections, dont une partie significative est permanente, compliquant la tâche du futur gouvernement pour assainir les comptes. La crédibilité de la politique budgétaire a été érodée ces dernières années par les fréquentes révisions des objectifs, et le nouveau pouvoir devra reconstruire un cadre financier solide et fiable.
Perspectives et risques futurs
Les prévisions tablent sur une timide reconsolidation, avec une croissance attendue à 2,3 % en 2026 et 2,1 % en 2027, selon la Commission Européenne, portée par la consommation puis par un rebond de l’investissement et des exportations dans des secteurs comme l’automobile.
Le changement de majorité devrait par ailleurs apaiser les relations avec l’Union européenne, réduisant le risque de conflits institutionnels et permettant potentiellement de débloquer des fonds essentiels. Cependant, les risques restent prononcés. Toute dégradation de l’environnement géopolitique, tout retard dans la mise en œuvre d’un ajustement budgétaire crédible ou une annulation des fonds européens pèseraient lourdement sur la reprise. Le gouvernement TISZA propose déjà des pistes, comme une taxe sur la fortune ou une réforme de l’impôt sur les sociétés, mais la marge de manœuvre est étroite.
Au-delà de l’urgence budgétaire, la Hongrie doit s’attaquer à des faiblesses structurelles pour relancer sa croissance potentielle à long terme. Des réformes sont nécessaires pour améliorer l’efficacité des dépenses de santé, moderniser les infrastructures de transport et d’énergie, et assouplir la réglementation dans certains secteurs pour stimuler la concurrence et la productivité. La capacité du nouveau gouvernement à mener de front la consolidation budgétaire et ces réformes profondes déterminera la résilience future de l’économie hongroise.