Croissance

la finance pour tous

La croissance économique mesure l’augmentation de la richesse produite pendant une période donnée. La richesse produite est mesurée par le PIB.

Le taux de croissance correspond au taux de variation entre le produit intérieur brut (PIB) au début de la période et le PIB à la fin de la période considérée. La croissance est donc exprimée en pourcentage.

Si la croissance d’un pays est de 1,2 % sur l’année N, cela signifie que le PIB du pays a enregistré une augmentation de 1,2 % entre la fin de l’année N-1 et la fin de l’année N.

Croissance en valeur et en volume

L’augmentation du PIB peut être due soit à une augmentation de la quantité produite, soit à une augmentation des prix.

La croissance en valeur prend en compte l’augmentation des prix, c’est-à-dire l’inflation. La croissance en volume ne prend en compte que l’augmentation des quantités produites. Elle est corrigée de l’inflation. C’est l’indicateur le plus utilisé.

Croissance annuelle et croissance trimestrielle

1. La croissance annuelle est mesurée par le taux de croissance entre le PIB d’une année et le PIB de l’année suivante. C’est le chiffre le plus diffusé.

Taux de croissance annuel du pib en volume

Le taux de croissance annuel de la France a été négatif à trois reprises depuis la fin de la seconde guerre mondiale : en 1974 suite au premier choc pétrolier, en 1993 lors de la crise du système monétaire européen et en 2008 et 2009 suite à la crise financière.

2. La croissance trimestrielle mesure l’évolution du niveau de la production entre deux trimestres. Cela permet d’avoir une vision plus fine de l’activité économique.

Croissance en 2018 et 2019

Le taux de croissance annuel s’établit à 1,2 % en 2019 selon les estimations de l’Insee, cela signifie que la France a créé plus de richesses en 2019 qu’en 2018.  La croissance a été de -0,1 % au quatrième trimestre 2019, c’est-à-dire que la production a été de 0,1 % plus basse au quatrième trimestre par rapport au troisième trimestre 2019.

C’est la croissance trimestrielle qui permet de déterminer si un pays est en récession. En effet, une récession se définit par un recul du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs.

Pour obtenir le taux de croissance annuel, il ne faut pas additionner les taux de croissance trimestriels mais calculer l’évolution du PIB entre l’année N et l’année N-1.

L’acquis de croissance

L’acquis de croissance correspond au taux de croissance du PIB qui serait obtenu sur une année donnée si le niveau du PIB en volume du dernier trimestre calculé était simplement maintenu au cours des trimestres suivants.

En d’autres termes, l’acquis de croissance se calcule en prenant les montants trimestriels déjà publiés et en considérant que la croissance sera ensuite nulle sur les trimestres qui manquent pour compléter l’année civile.

Par exemple, si le PIB français atteignait 578 milliards d’euros au premier trimestre 2020, pour calculer l’acquis de croissance à la fin du premier trimestre, il faudrait considérer que le PIB resterait de 578 milliards d’euros au deuxième, troisième et quatrième trimestre.

L’acquis de croissance est souvent utilisé pour donner un premier aperçu de la croissance annuelle minimale du PIB à laquelle on peut raisonnablement s’attendre compte tenu des chiffres déjà publiés. Pour que cette croissance annuelle minimale ne soit pas atteinte il faudrait en effet que l’économie enregistre des baisses d’activité ou connaisse une récession, ce qui heureusement ne se produit que très rarement.

La croissance est le principal objectif économique

Tous les pays cherchent la croissance. Mais pourquoi est-ce si important ? Notamment pour créer des emplois (plus de production signifie plus d’embauches) et pour rembourser les dettes, privées ou publiques !

Par exemple, un accroissement de la richesse se traduit par une augmentation des recettes fiscales : TVA, impôt sur les sociétés, mais aussi impôt sur le revenu car le niveau des revenus distribués est aussi en hausse. L’amélioration des recettes fiscales permet ensuite à l’État de rembourser sa dette et/ou de dégager des marges de manœuvre pour investir.

D’une façon plus générale, la croissance mesure l’augmentation de la production d’un pays, donc la hausse de sa consommation et donc du pouvoir d’achat de la population (quoique la consommation puisse être légèrement différente de la production du fait du commerce international). A long terme, c’est la croissance qui détermine l’évolution du niveau de vie d’un pays, dans la mesure où les fruits de cette croissance sont répartis de façon équitable.

Quelles sont les conséquences d’une croissance nulle ?

Une croissance nulle signifie que le niveau de richesses créées est équivalent à celui de l’année précédente. Si, comme c’est le cas en France, la population augmente d’une année sur l’autre, cela signifie que le PIB par habitant décroît. En effet, plus que la croissance d’un pays, ce qui compte le plus pour évaluer l’évolution du niveau de vie est la croissance par habitant, c’est-à-dire rapportée à l’évolution de la population.

Une absence de croissance a des conséquences négatives sur les finances publiques : les recettes fiscales n’augmentent pas, l’État a donc plus de difficultés à réduire son déficit public et à rembourser sa dette publique, sauf à réduire drastiquement les dépenses publiques.

De même, cela a des conséquences négatives sur le chômage, sur la capacité des emprunteurs à rembourser leurs crédits, etc.

En effet, une hausse de la production entraîne une hausse de la consommation de matières premières, de l’émission de gaz à effet de serre et la génération de déchets. De plus, comme les énergies fossiles sont disponibles en quantité limitée, la croissance serait dans tous les cas destinée à s’arrêter à plus ou moins brève échéance.

Ces critiques envers la recherche d’une croissance toujours plus élevée ne sont pas infondées. Cependant, de nombreux économistes indiquent que l’évolution technologique permet de produire plus tout en limitant l’impact environnemental. On peut aussi constater que, au cours de l’histoire, le progrès technologique a permis d’évoluer du bois au charbon puis du charbon au pétrole et, peut-être demain, à une autre source d’énergie.

Enfin, l’économie se tertiarise, et ce dans pratiquement tous les pays. Cela signifie que la production se déplace de l’agriculture et l’industrie vers les services. Aujourd’hui, environ les trois quarts du PIB français sont représentés par les services, dont la plupart ne sont pas ou peu polluants (éducation, santé, aide à la personne, culture, sécurité, conseil…).

Si la production et la consommation de service augmentent, alors le PIB augmente aussi (ce qui signifie de la croissance économique), sans qu’il n’y ait pour autant d’impact écologique significatif.

Vidéo pédagogique de la Cité de l’économie sur la croissance

 

    17 commentaires sur “Croissance”
    1. bonjour, pour objecter les arguments en faveur de la décroissance, vous indiquez « si la production et la consommation de service augmentent, alors le PIB augmente aussi (…) sans qu’il n’y ait pour autant d’impact écologique significatif. »

      malheureusement, vous oubliez en fait un point essentiel. Notre tertiarisation n’a été rendue possible que car nous avons simplement délocalisé nos usines (en Chine). C’est là-bas que sont produits nos biens matériels, à nous européens. Notre pollution est simplement délocalisée. il n’y a pas de magie… on parle d’ailleurs maintenant de comptabiliser nos émissions carbone « importées », c’est à dire celles que l’on importe en achetant nos biens manufacturés en Asie par exemple.

      Au niveau mondial, vous retrouvez ainsi une corrélation parfaite entre croissance du PIB et émissions de CO2. CQFD

      donc oui, croissance = destruction irréversible de l’écosystème terrestre.

      bien à vous

      1. Bonjour,

        La question du lien entre la croissance mondiale et celle des émissions de carbone est effectivement fortement débattue à l’heure actuelle. Pour certains, si l’évolution du contenu de la production en carbone – l’intensité carbone –, diminue, alors une croissance économique mondiale pourra tout à fait être compatible avec une réduction des émissions de CO2. Pour d’autres, au contraire, toute croissance du produit intérieur brut (PIB) entraînera nécessairement une hausse des émissions de CO2. Les données ont longtemps donné raison à ces derniers. Or, depuis plusieurs, on constate un certain « découplage » de la croissance mondiale et de l’évolution des émissions de CO2 par habitant, comme on peut le constater à partir des données disponibles sur le site d’Our World in Data (https://ourworldindata.org/grapher/co2-emissions-vs-gdp?stackMode=relative&time=earliest..2018) : le niveau des émissions de CO2 par habitant diminue, certes légèrement, au cours de certaines années (par exemple entre 2013 et 2016), tandis que la croissance économique mondiale est, dans le même temps, restée positive.

        Meilleures salutations,

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

        1. merci pour votre réponse ! comme vous le soulignez, le « découplage » observé est
          celui entre croissance et CO2… PAR HABITANT !

          Le petit problème que vous oubliez malheureusement de mentionner, et qui rend votre démonstration caduque, est que la population mondiale est en forte augmentation : de 1 milliard d’habitants en 1800, à presque 8 milliards aujourd’hui, et 10 milliards demain.

          le découplage PIB global monde / émission de CO2 globales monde, reste lui, un mythe.

          il convient de présenter les faits scientifiques, plutôt que de dire « certains économistes pensent xxx » et « d’autres économistes pensent yyyy » !

          malheureusement les économistes ne sont pas des scientifiques. et les faits scientifiques sont irréfutables en matière de « découplage ». Affirmer qu’un découplage est possible relève de la magie ou de l’ignorance, il convient d’être honnête et d’appeler un chat un chat 🙂

          merci et cordialement, JoW

      2. Bonjour,

        Utiliser des formules à l’emporte-pièce et des affirmations définitives ne nous semble pas être le meilleur moyen de débattre de faits scientifiques. En l’occurrence, nous faisions notamment référence, dans notre commentaire précédent, aux travaux de Tim Jackson et en particulier à la distinction qu’il opère entre « découplage relatif » et « découplage absolu ». De plus, l’Agence européenne de l’environnement reste particulièrement prudente sur la possibilité (ou l’impossibilité) d’obtenir un découplage entre la croissance économique et la consommation des ressources (voir par exemple, le rapport « Growth without Economic Growth », disponible à l’adresse suivante : https://www.eea.europa.eu/publications/growth-without-economic-growth. Enfin, nous n’avons pas écrit que l’économie était une science exacte.

        Meilleures salutations,

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

        1. Bonjour,

          Je tenais à renchérir les commentaires formulés par JoW. L’article n’est effectivement pas rédigé de façon objective en opposant « certaines voix » (seulement « certaines », « voix » pour ne pas indiquer leur qualité) qui dénoncent l’impossibilité de la croissance durable (et partisans de la décroissance) à de « nombreux économistes » (là il y en a beaucoup et ce sont des économistes donc ils ont forcément raison) qui soutiennent la position quasi-idéologique de la croissance infinie. Cela ne semble pas un traitement honnête d’un sujet si important. Dans mon post filtré, j’avais fourni un lien vers un cours de terminale SES qui me paraissait plus honnête et capable de mieux traiter le sujet (je ne l’ai plus sous la main, mais je sais que l’équipe de lafinance pour tous l’a , via mon post précédent non publié)

          L’équipe de la finance pour tous fait généralement un travail de vulgarisation remarquable. Toutefois, le traitement de ce sujet n’est pas à la hauteur de ce qui pourrait être attendu. J’appelle donc l’équipe de la finance pour tous à mettre à jour cet article pour avoir un traitement plus équilibré de cette question économique fondamentale. En particulier, parler de la tertiarisation de l’économie sans parler des émissions transférées dans les pays en développement semble une approche restrictive d’un sujet à externalités négatives au niveau mondial.

          Merci encore et bon courage

          Cordialement
          HD

          1. Bonjour,

            Merci pour votre commentaire. Nous tiendrons compte de ce point lors de la prochaine mise à jour de cet article.

            Meilleures salutations,

            L’Equipe de Lafinancepourtous.com

      1. Bonjour,

        Imposer les entreprises sur le niveau de leur chiffre d’affaires ferait courir le risque de faire payer des impôts à des sociétés déficitaires.

        Meilleures salutations,

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    2. Désolé de crever votre ballon, mais à cette vidéo, il manque l’essentiel: la croissance de l’économie est nécessaire pour payer tous les intérêts sur les prêts, ce qui est impossible. Nous vivons dans une économie-dette. Pas de croissance: pas de remboursement possible des intérêts sur les prêts. Mais comme pour faire croitre le PIB il faut toujours plus de prêts, c’est un cercle vicieux infernal où le seul moyen de s’en sortir est par les défauts de paiement. Il vaut mieux regarder les vidéos « L’argent-dette » pour s’instruire.
      Ça fait aussi partie des arguments de Latouche pour la décroissance.

      1. Bonjour,
        Nous comprenons mal votre propos quand vous dites que le seul moyen de « s’en sortir » est les défaut de paiement. La croissance française et mondiale a été soutenue en moyenne sur les décennies écoulées et les défauts de paiement ont plus été l’exception que la règle.
        Meilleures salutations,
        L’Equipe Lafinancepourtous.com

    3. Vraiment très intèrèssant cet article. celà éclaire beaucoup mis à part les nuances à faire entre les termes augmentation de 4,6% de la croissance et augmentation de 4,6 point de pourcentage.
      Bien à vous.

    4. Bonjour,
      Lorsqu’on fait référence à une mesure exprimée en pourcentage, on utilise en statistiques la notion de points de pourcentage pour analyser son évolution. Prenons un exemple, celui de la structure de la population en France. En 1994, la population âgée de 60 ans et plus représentait 19,6 % de la population totale française contre 24,2 % aujourd’hui. Dans ce contexte, on dit que la population âgée de 60 ans et plus a augmenté de 4,6 points (de pourcentage) en 20 ans (et non de 4,6 %).
      Lorsqu’on analyse les finances publiques, ou plus globalement l’économie, on raisonne généralement non pas en points de pourcentage mais en points de PIB. D’une part, parce que dans ce contexte, la notion de points de PIB est aussi une unité de compte. Dès lors, un point de PIB équivaut effectivement à 1 % du PIB, soit environ 20 milliards d’euros (le PIB s’élevant à quelques 2 000 milliards d’euros (en valeur) en 2013). D’autre part, parce qu’en économie, certaines composantes ne sont pas additives. En effet, certaines sont positives, d’autres peuvent être négatives.
      Meilleures salutations,
      L’équipe Lafinancepourtous.com

    5. 1 point de pib c’est quoi … 1% … 0.1% ?
      Je lis et j’entends tout et n’importe quoi, que par exempe, 1 point de pib … c’est 10 milliards d’euros?
      Éclairez moi … merci !

    6. Fort intéressantes ces explications. Il y aurait matière à réagir, mais mieux les méditer avant.
      Très bien cette petite précision sur la « décroissance » : mais il ne faut pas oublier que ce terme est -volontairement- provocateur, il est plus pertinent de parler d’objection de croissance. Cela éviterait des discussions inutiles et permettrait sans doute d’avancer (c’est beau de rêver !)
      Sur ce sujet, lire Serge Latouche, c’est très éclairant.
      Cordialement
      Marty

      1. Bonjour,
        je crois que parler de croissance verte relève aujourd’hui de l’idéologie. La croissance, c’est essentiellement l’augmentation de la production, donc de la transformation, donc de l’usage d’énergie. Cette énergie ne devient pas, au niveau global, de plus en plus propre : malgré les investissements massifs dans les renouvelables, c’est le charbon qui sur terre croît aujourd’hui le plus vite. Pour des raisons très simples : les énergies fossiles sont très efficaces, transportables facilement, et très denses en énergie, contrairement aux énergies renouvelables, qui sont diffuses, très difficiles à stocker malgré toutes les optimisations que les ingénieurs mettront au point, et intermittentes. Et égaler notre consommation énergétique actuelle par une production 100% ENR si tant est que cela soit possible, impliquerait une artificialisation des sols massive, une consommation de matières premières irréaliste et si on ne remet pas en cause notre production derrière, des émissions de déchets qui quoi qu’il en sera continueront à détruire l’environnement dont nous dépendons.
        Si même malgré celà, admettons ce que vous dites est vrai, et que nos émissions de CO2 diminuent légèrement, rappelons que pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, l’humanité n’a le droit d’émettre que 1000 GT d’équivalent CO2 au total. Nous en avons émis 2000 depuis la première révolution industrielle, et c’était un monde qui avait grosso modo entre 1 et 7 milliards d’habitants, pas d’avion abordable, pas de voitures individuelles pour tous les occidentaux. Si nous tenons l’accord de Paris, c’est +2degrés, et c’est déjà une catastrophe. Si nous faisons le pari de la croissance, nous prenons le risque de +5 degrés à la fin du siècle : et nos enfants ne nous le pardonneront pas, et nous jugeront comme des criminels.

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