Croissance

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La croissance économique mesure l’augmentation de la richesse produite pendant une période donnée. La richesse produite est mesurée par le PIB.

Le taux de croissance correspond au taux de variation entre le PIB au début de la période et le PIB à la fin de la période considérée. La croissance est donc exprimée en pourcentage.

Si la croissance d’un pays est de 2 % sur l’année 2017, cela signifie que le PIB du pays a enregistré une augmentation de 2 % entre la fin de l’année 2016 et la fin de l’année 2017.

Croissance en valeur et en volume

L’augmentation du PIB peut être due soit à une augmentation de la quantité produite, soit à une augmentation des prix.

La croissance en valeur prend en compte l’augmentation des prix, c’est-à-dire l’inflation. La croissance en volume ne prend en compte que l’augmentation des quantités produites. Elle est corrigée de l’inflation. C’est l’indicateur le plus utilisé.

Croissance annuelle et croissance trimestrielle

1. La croissance annuelle est mesurée par le taux de croissance entre le PIB d’une année et le PIB de l’année suivante. C’est le chiffre le plus diffusé.

Taux de croissance annuel du PIB

 

Le taux de croissance annuel de la France a été négatif à trois reprises depuis la fin de la seconde guerre mondiale : en 1975 suite au premier choc pétrolier, en 1993 lors de la crise du système monétaire européen et en 2008 et 2009 suite à la crise financière.

 

2. La croissance trimestrielle mesure l’évolution du niveau de la production entre deux trimestres. Cela permet d’avoir une vision plus fine de l’activité économique.

Croissance 2017

Le taux de croissance annuel s’établit à 1,9 % en 2017 selon les estimations  de l’Insee, cela signifie que la France a créé plus de richesses en 2017 qu’en 2016.  La croissance a été de 0,6 % au quatrième trimestre 2017, c’est-à-dire que la production a été de 0,6 % plus élevée au quatrième trimestre par rapport au troisième trimestre 2017.

C’est la croissance trimestrielle qui permet de déterminer si un pays est en récession. En effet, une récession se définit par un recul du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs.

Pour obtenir le taux de croissance annuel, il ne faut pas additionner les taux de croissance trimestriels mais calculer l’évolution du PIB entre l’année N et l’année N-1.

L’acquis de croissance

L’acquis de croissance correspond au taux de croissance du PIB qui serait obtenu sur une année donnée si le niveau du PIB en volume du dernier trimestre calculé était simplement maintenu au cours des trimestres suivants. En d’autres termes, l’acquis de croissance se calcule en prenant les montants trimestriels déjà publiés et en considérant que la croissance sera ensuite nulle sur les trimestres qui manquent pour compléter l’année civile.

Par exemple, si le PIB français atteignait 550 milliards d’euros au premier trimestre 2018, pour calculer l’acquis de croissance à la fin du premier trimestre, il faudrait considérer que le PIB resterait de 550 milliards d’euros au deuxième, troisième et quatrième trimestre.

L’acquis de croissance est souvent utilisé pour donner un premier aperçu de la croissance annuelle minimale du PIB à laquelle on peut raisonnablement s’attendre compte tenu des chiffres déjà publiés. Pour que cette croissance annuelle minimale ne soit pas atteinte il faudrait en effet que l’économie enregistre des baisses d’activité ou connaisse une récession, ce qui heureusement ne se produit que très rarement.

La croissance est le principal objectif économique

Tous les pays cherchent la croissance. Mais pourquoi cela est-il si important ? Notamment pour créer des emplois (plus de production signifie plus d’embauches) et pour rembourser les dettes, privées ou publiques !

Par exemple, un accroissement de la richesse se traduit par une augmentation des recettes fiscales : TVA, impôt sur les sociétés, mais aussi impôt sur le revenu car le niveau des revenus distribués est aussi en hausse. L’amélioration des recettes fiscales permet ensuite à l’État de rembourser sa dette et/ou de dégager des marges de manœuvre pour investir.

D’une façon plus générale, la croissance mesure l’augmentation de la production d’un pays, donc la hausse de sa consommation et donc du pouvoir d’achat de la population (quoique la consommation puisse être légèrement différente de la production du fait du commerce international). A long terme, c’est la croissance qui détermine l’évolution du niveau de vie d’un pays, dans la mesure où les fruits de cette croissance sont répartis de façon équitable.

Quelles sont les conséquences d’une croissance nulle ?

Une croissance nulle signifie que le niveau de richesses créées est équivalent à celui de l’année précédente. Si, comme c’est le cas en France, la population augmente d’une année sur l’autre, cela signifie que le PIB par habitant décroît. En effet, plus que la croissance d’un pays, ce qui compte le plus pour évaluer l’évolution du niveau de vie est la croissance par habitant, c’est-à-dire rapportée à l’évolution de la population.

Une absence de croissance a des conséquences négatives sur les finances publiques : les recettes fiscales n’augmentent pas, l’État a donc plus de difficultés à réduire son déficit public et à rembourser sa dette publique.… sauf à réduire drastiquement les dépenses publiques.

De même, cela a des conséquences négatives sur le chômage, sur la capacité des emprunteurs à rembourser leurs crédits, etc.

En effet, une hausse de la production entraîne une hausse de la consommation de matières premières, de l’émission de gaz à effet de serre et la génération de déchets. De plus, comme les énergies fossiles sont disponibles en quantité limitée, la croissance serait dans tous les cas destinée à s’arrêter à plus ou moins brève échéance.

Ces critiques envers la recherche d’une croissance toujours plus élevée ne sont pas infondées. Cependant, de nombreux économistes indiquent que l’évolution technologique permet de produire plus tout en limitant l’impact environnemental. On peut aussi constater que, au cours de l’histoire, le progrès technologique a permis d’évoluer du bois au charbon puis du charbon au pétrole et, peut-être demain, à une autre source d’énergie.

Enfin, l’économie se tertiarise, et ce dans pratiquement tous les pays. Cela signifie que la production se déplace de l’agriculture et l’industrie vers les services. Aujourd’hui, environ les trois-quarts du PIB français sont représentés par les services, dont la plupart ne sont pas ou peu polluants (éducation, santé, aide à la personne, culture, sécurité, conseil…). Si la production et la consommation de service augmentent, alors le PIB augmente aussi (ce qui signifie de la croissance économique), sans qu’il y ait pour autant d’impact écologique significatif.

Vidéo pédagogique de la Cité de l’économie sur la croissance

 

    5 commentaires sur “Croissance”

    1. Bonjour,
      Lorsqu’on fait référence à une mesure exprimée en pourcentage, on utilise en statistiques la notion de points de pourcentage pour analyser son évolution. Prenons un exemple, celui de la structure de la population en France. En 1994, la population âgée de 60 ans et plus représentait 19,6 % de la population totale française contre 24,2 % aujourd’hui. Dans ce contexte, on dit que la population âgée de 60 ans et plus a augmenté de 4,6 points (de pourcentage) en 20 ans (et non de 4,6 %).
      Lorsqu’on analyse les finances publiques, ou plus globalement l’économie, on raisonne généralement non pas en points de pourcentage mais en points de PIB. D’une part, parce que dans ce contexte, la notion de points de PIB est aussi une unité de compte. Dès lors, un point de PIB équivaut effectivement à 1 % du PIB, soit environ 20 milliards d’euros (le PIB s’élevant à quelques 2 000 milliards d’euros (en valeur) en 2013). D’autre part, parce qu’en économie, certaines composantes ne sont pas additives. En effet, certaines sont positives, d’autres peuvent être négatives.
      Meilleures salutations,
      L’équipe Lafinancepourtous.com

    2. 1 point de pib c’est quoi … 1% … 0.1% ?
      Je lis et j’entends tout et n’importe quoi, que par exempe, 1 point de pib … c’est 10 milliards d’euros?
      Éclairez moi … merci !

    3. Fort intéressantes ces explications. Il y aurait matière à réagir, mais mieux les méditer avant.
      Très bien cette petite précision sur la « décroissance » : mais il ne faut pas oublier que ce terme est -volontairement- provocateur, il est plus pertinent de parler d’objection de croissance. Cela éviterait des discussions inutiles et permettrait sans doute d’avancer (c’est beau de rêver !)
      Sur ce sujet, lire Serge Latouche, c’est très éclairant.
      Cordialement
      Marty

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