Le lithium : une batterie d’utilisations

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Surnommé « l’or blanc » ou encore le « pétrole du 21e siècle », le lithium est devenu en quelques années l’un des métaux les plus stratégiques de notre époque. Au cœur des débats sur la transition énergétique, ce métal est un composant indispensable des batteries qui alimentent les véhicules électriques et stockent les énergies renouvelables.

Qu’est-ce que le lithium ?

Le lithium (symbole chimique Li) est un métal alcalin, le plus léger de tous les métaux. Il est si léger et réactif qu’il n’existe pas à l’état pur dans la nature, mais toujours sous forme de composés chimiques. Les deux formes les plus courantes et les plus importantes pour l’industrie sont le carbonate de lithium et l’hydroxyde de lithium. C’est sous ces formes qu’il est intégré dans les processus de fabrication, notamment ceux des batteries.

Dans quelles industries le lithium est-il utilisé, et pour produire quoi ?

Si le lithium a des usages historiques dans des industries comme le verre, la céramique ou les graisses lubrifiantes, ces applications sont aujourd’hui minoritaires. Depuis une dizaine d’années, son utilisation est massivement dominée par le secteur de l’énergie. En 2023, environ 85 % de la demande mondiale de lithium provenait de la fabrication de batteries rechargeables lithium-ion.

Ces batteries sont le cœur de la révolution de la mobilité électrique, équipant la quasi-totalité des véhicules électriques. Elles sont également essentielles pour le stockage stationnaire d’électricité, permettant de pallier l’intermittence des énergies solaire et éolienne. Enfin, on les retrouve dans tous nos appareils électroniques portables (smartphones, ordinateurs, etc.). Selon la chimie de la batterie, on utilisera du carbonate de lithium ou de l’hydroxyde de lithium, deux technologies aux performances et aux coûts distincts. La demande pour ces batteries devrait plus que tripler d’ici 2030, tirée par l’électrification des transports.

Où le lithium est-il extrait, raffiné ? Combien coûte le lithium ?

La production de lithium se concentre sur deux types de gisements et de procédés. D’une part, l’extraction à partir de saumures, principalement situées dans le « triangle du lithium » entre le Chili, l’Argentine et la Bolivie. L’eau salée est pompée et laissée à évaporer dans d’immenses bassins, concentrant ainsi le lithium. D’autre part, l’extraction minière de roches dures, notamment le spodumène, dont l’Australie est le premier producteur mondial.

Production de lithium dans le monde

Si l’extraction est géographiquement diversifiée, le raffinage est, lui, extrêmement concentré. En 2025, la Chine raffinait environ 65 % du lithium mondial, transformant la matière première brute en carbonate ou hydroxyde de qualité « batterie ». Cette position dominante lui confère un pouvoir de marché considérable.

Le prix du lithium est extrêmement volatil. Après avoir atteint des sommets historiques en 2022, les prix se sont effondrés de plus de 80 % en 2023 en raison d’un surplus temporaire. En février 2026, le carbonate de lithium se négociait autour de 18 euros le kilogramme, un prix qui reste sensible aux annonces de production et à la demande du secteur des véhicules électriques.

Quels sont les enjeux économiques et politiques ?

La dépendance de la chaîne d’approvisionnement envers un petit nombre d’acteurs est le principal enjeu géopolitique. La domination de la Chine sur le raffinage a poussé l’Europe et les États-Unis à réagir. L’Union Européenne, avec son règlement sur les matières premières critiques (CRMA), vise à extraire 10 % de ses besoins, à raffiner 40 % et à recycler 25 % localement d’ici 2030 pour réduire sa dépendance extérieure. De leur côté, les États-Unis encouragent la ré-industrialisation et la sécurisation d’approvisionnements via des subventions massives.

Dans les pays producteurs, la gouvernance des ressources est également un enjeu clé. Le Chili, par exemple, a mis en place une stratégie de partenariat public-privé pour assurer un meilleur contrôle de l’État sur ses gisements stratégiques, tout en imposant des exigences environnementales plus strictes. Par ailleurs, le marché se financiarise, avec l’émergence de contrats à terme qui, s’ils apportent de la liquidité, peuvent aussi amplifier la volatilité des prix et compliquer les décisions d’investissement à long terme nécessaires pour répondre à la demande future.

Quels sont les enjeux environnementaux ?

La production de lithium n’est pas sans conséquences écologiques. L’extraction à partir des saumures andines est particulièrement critiquée pour sa consommation massive d’eau dans des écosystèmes désertiques déjà très fragiles, menaçant les nappes phréatiques et les communautés locales. Des études pointent également des risques d’affaissement des sols liés aux pompages intensifs. L’extraction minière, quant à elle, présente les défis classiques de l’industrie : consommation d’énergie, gestion des déchets et impact sur les paysages.

Face à ces défis, deux voies principales se dessinent. La première est technologique, avec le développement de l’Extraction Directe du Lithium, une méthode qui promet de récupérer le lithium des saumures plus rapidement et avec une empreinte hydrique et foncière bien plus faible, bien qu’elle doive encore faire ses preuves à grande échelle. La seconde voie est celle de l’économie circulaire. Le règlement européen « Batteries » impose des objectifs ambitieux de recyclage, visant à récupérer 80% du lithium contenu dans les batteries usagées d’ici 2031. Le recyclage permettra à terme de créer une source d’approvisionnement secondaire, locale et moins impactante.

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