Shutdown

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Le terme « shutdown » désigne une situation d’impasse budgétaire aux États-Unis résultant de l’absence d’autorisation par le Congrès d’un relèvement du plafond de la dette publique.

Aux Etats-Unis, le Congrès doit autoriser les dépenses et le relèvement du plafond de la dette publique, permettant à l’Etat d’emprunter les sommes à même de financer l’administration.

Dette des États-Unis

En cas de désaccord entre le pouvoir exécutif (le président) et législatif (le Congrès), il peut se produire une situation de blocage. Ce type de situation se produit donc généralement lorsque le pouvoir exécutif et législatif ne sont pas d’accord sur la manière d’utiliser les fonds empruntés à l’origine du dépassement du plafond d’endettement.

Entre 1976 et 2018, 18 « shutdown » ont eu lieu, mais ils n’avaient duré que quelques jours. Jusqu’à présent, aucun shutdown ne s’est traduit par un défaut de paiement des États-Unis, un accord entre la Présidence et le Congrès ayant finalement réussi à débloquer la situation.

En cas de shutdown, le plafond de la dette n’est plus relevé, ce qui force l’Etat à fermer dans un premier temps des services jugés non-essentiels (musées ou parcs-nationaux par exemple) qu’il ne peut plus financer. Si la situation de blocage perdure, cela pourrait dans le pire des cas provoquer un défaut de paiement des Etats-Unis, avec de violentes répercussions financières.

L’actuel shutdown provient du conflit entre Donald Trump et la Chambre des représentants à majorité démocrate (qui, avec le Sénat, compose le Congrès) sur la construction du mur que le président souhaite ériger à la frontière mexicaine. En effet, les démocrates refusent de signer un budget qui comprendrait le financement de ce mur alors que Donald Trump en fait un point non négociable.

Quelles seraient les conséquences d’une absence d’accord sur le relèvement du plafond de la dette des États-Unis ?

Comme l’avait souligné Christine Lagarde, directrice générale du FMI, lors du shutdown de 2013, l’absence d’accord sur le relèvement du plafond de la dette risquerait de provoquer un défaut de paiement des États-Unis qui « entrainerait des perturbations massives pour l’économie mondiale ».

Deux aspects principaux peuvent être soulignés à cet égard :

Le défaut de paiement à l’égard des détenteurs d’obligations émises par le gouvernement américain

 Ce défaut se limiterait vraisemblablement au seul versement des intérêts. En effet, au moment des échéances obligataires, le Trésor américain aurait toujours la possibilité d’émettre de nouveaux titres, ce qui lui permettrait d’honorer le remboursement du principal sans déroger à la limite du plafond de dette (les nouvelles émissions portant sur les mêmes sommes que celles qui viennent à échéance).

A condition toutefois que les créanciers des États-Unis acceptent de réinvestir leurs fonds dans des obligations américaines. Mais la banque centrale (la FED) pourrait une nouvelle fois jouer son rôle de « prêteur en dernier ressort » et se substituer aux créanciers récalcitrants dans le cadre de sa politique de rachat de dettes.

Un tel scenario serait néfaste pour l’économie américaine car la confiance dans une signature, considérée comme l’une des plus sûres au monde, serait ébranlée et la prime de risque sur les nouvelles émissions d’obligations de l’État américain pourrait s’accroître sensiblement entraînant de facto une hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis.

Par ailleurs, les investisseurs internationaux pourraient se détourner des actifs considérés comme les plus risqués (actions, investissements sur les places financières des pays émergents) du fait de l’incertitude accrue.

Il en résulterait une contraction des sources de financement partout dans le monde, mais plus particulièrement dans les pays émergents qui pourraient être confrontés à des sorties de capitaux massives, comme cela fut déjà le cas lorsque la FED a augmenté les taux d’intérêts.

L’impact des coupes budgétaires sur l’économie américaine

Le financement par le marché obligataire permet notamment au Trésor américain d’assurer le paiement des salaires et pensions du secteur public ainsi que celui des prestations sociales.

L’absence d’accord sur le relèvement du plafond de la dette a déjà entraîné des coupes automatiques dans les dépenses de l’État jugées non essentielles ou non stratégiques.

Si cette situation devait se prolonger, elle pourrait avoir des effets restrictifs sur la consommation et le moral des acteurs économiques américains, ainsi que sur l’activité de secteurs dépendants de la commande publique (notamment ceux de l’aéronautique et de la défense). Compte tenu du poids de l’économie des États-Unis, la demande mondiale pourrait en être affectée.

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