En finir avec le libéralisme à la française

la finance pour tous
Guillaume Sarlat, membre du Conseil d'administration de l'IEFP, nous explique en 4 minutes le sens du constat et des propositions qu'il fait dans son livre "En finir avec le libéralisme à la française".

Il cherche, nous dit-il, à délivrer quatre messages essentiels :

  • On vit en France dans un système économique libéral. Une partie de l’économie, pour faire simple  les grands groupes internationaux, a été libéralisée depuis 30 ans, ce qui signifie qu’ils peuvent très facilement s’extraire de l’Etat ;

  • L’Etat social (33 % du PIB passe dans des dépenses sociales) est la conséquence du libéralisme, il en compense les effets, notamment sur ceux qui n’arrivent pas à s’insérer dans le système libéral ;

  • Ce système est inefficace économiquement car il développe le court-termisme et le fait que les acteurs sont conduits uniquement par leurs intérêts individuels, ce qui est destructeur de valeur socialement et économiquement ;

  • Ce système est inefficace politiquement. On est dans une économie libérale, mais sans le dire. Quand on est dans un déni de réalité, ça a un coût politique car les Français ne se retrouvent pas dans le discours politique ambiant.

Pour le dire autrement, il s’agit d’un renversement de la thèse classique. Le poids de l’Etat – réel – est plus une conséquence, un symptôme que le sujet en tant que tel. Cette présentation, importante sur le plan politique, amène également à faire des propositions originales, fondées sur le constat que l’économie est trop libérale.

L’auteur propose des mesures selon lui très simples qui vont redonner une responsabilité sociale aux acteurs économiques, ou, selon la terminologie de Karl Polanyi, économiste du milieu du XX ème siècle auteur de « La grande transformation » en 1944, « réencastrer l’économie dans la société », c’est-à-dire que la société reprenne la main sur l’économie. Ses propositions visent à redonner une responsabilité aux acteurs pour investir (avec notamment l’idée de rester dans l’euro mais de sortir de la BCE, celle-ci ayant fait la démonstration, selon lui, qu’une politique monétaire au niveau européen, ça ne marchait pas) et une responsabilité pour produire. Une proposition concerne la relation des grands groupes avec les PME qui lui paraît être au cœur de l’inefficacité du système économique français; d’autres touchent les relations employeurs/employés comme moduler les cotisations sociales en fonction du comportement des employeurs, ou redonner du sens à l’actionnariat salarié pour en faire un outil d’implication des salariés dans leur entreprise et pas seulement un outil fiscal. 

    3 commentaires sur “En finir avec le libéralisme à la française”
    1. Bonjour,

      Cet entretien est le reflet de la pensée de Monsieur Sarlat. Ces interviews permettent à chaque invité (économistes, historiens, philosophes) de s’exprimer sur un thème donné.

      Meilleures salutations.

      L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    2. Quelle audace de dire que la France où l’Etat est aussi présent et coercitif dans l’économie est un pays libéral ! Empêcher la « ferme des milles vaches » de se gérer comme elle le souhaite c’est libéral peut-être ? Empêcher les citoyens de choisir une assurance santé privée c’est libéral peut-être ?

      Et puis on retrouve encore l’éternel « inefficacité économique du libéralisme », qui est démenti par toute l’histoire économique mondiale. Singapour, Hong-Kong, les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne (qui vient de nous passer devant en termes de PIB) ne sont pas devenus des locomotives économiques par la force du Saint-Esprit, mais bien grâce au libéralisme (économique ET sociétal du reste).

      Il est incroyable qu’une partie de la pensée politique française croit encore au dirigisme malgré l’inefficacité patente de l’interventionnisme étatique dans l’économie (avec des exemples extrêmes certes, mais tout de même sur la même pente : URSS, Allemagne de l’est, Corée du Nord…).

      Et puis sans oublier que tous les interventionnistes français se situent d’ailleurs sans le vouloir dans l’héritage de celui qui a le premier prôné une « direction de l’économie par l’Etat » : le Maréchal Pétain. Comme quoi.

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