Croissance

La croissance économique mesure l’augmentation de la richesse produite pendant une période donnée. La richesse produite est mesurée par le PIB.

Le taux de croissance correspond au taux de variation entre le PIB au début de la période et le PIB   Définition Indicateur économique mesurant les richesses créées dans un pays sur une période donnée.
Il correspond à la somme des valeurs ajoutées dégagées par les entreprises financières et non financières, les collectivités publiques, les ménages et les associations à but non lucratif résidant dans ce pays, soit la totalité de la production de biens et services réalisée sur la période considérée dans un pays donné.
La variation du PIB sur une période donnée est l’indicateur le plus couramment utilisé pour mesurer la croissance économique
à la fin de la période considérée. La croissance est donc exprimée en pourcentage.

La croissance d’un pays est de 2 % sur l’année 2013, cela signifie que le PIB du pays a enregistré une augmentation de 2 % entre la fin de l’année 2012 et la fin de l’année 2013.

Croissance en valeur et en volume

L’augmentation du PIB peut être due soit à une augmentation de la quantité produite, soit à une augmentation des prix.

La croissance en valeur prend en compte l’augmentation des prix, c'est-à-dire l’ inflation   Définition Hausse continue du niveau général des prix. Pour mesurer le taux d'inflation on utilise, la plupart du temps, l'indice des prix à la consommation.
. La croissance en volume ne prend en compte que l’augmentation des quantités produites. Elle est corrigée de l’inflation. C’est l’indicateur le plus utilisé.

Croissance annuelle et croissance trimestrielle

La croissance annuelle est mesurée par le taux de croissance entre le PIB d’une année et le PIB de l’année suivante. C’est le chiffre le plus diffusé.

Taux de croissance annuel

Le taux de croissance annuel de la France a été négatif à trois reprises depuis la fin de la seconde guerre mondiale :
en 1975 suite au premier choc pétrolier,
en 1993 lors de la crise du système monétaire européen et
en 2008 et 2009 suite à la crise financière.

La croissance trimestrielle mesure l’évolution du niveau de la production entre deux trimestres. Cela permet d’avoir une vision plus fine de l’activité économique.

Croissance trimestrielle et croissance annuelle

Le taux de croissance annuel s'établit à 1,3 % en 2015 selon les estimations  de l'Insee, cela signifie que la France a créé plus de richesses en 2015 qu’en 2014.  Le taux de croissance trimestriel progresse encore de + 0,6 % entre le quatrième trimestre 2015 et le premier trimestre 2016.

C’est la croissance trimestrielle qui permet de déterminer si un pays est en récession. En effet, une récession se définit par un recul du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs.

L’acquis de croissance

L’acquis de croissance correspond au taux de croissance du PIB qui serait obtenu sur une année donnée si le niveau du PIB en volume du dernier trimestre calculé était simplement maintenu au cours des trimestres suivants. En d’autres termes, l’acquis de croissance se calcule en prenant les montants trimestriels déjà publiés et en considérant que la croissance sera ensuite nulle sur les trimestres qui manquent pour compléter l’année civile.

L’acquis de croissance au T1 2016 est égal à la somme  des T1 2016 et des T2,T3 et T4 2016 estimés en reprenant le montant du T1 2016, soit 529,7 milliards d’euros pour chacun de ces trois mois.

On obtient ainsi un PIB 2016 de 2118,8 milliards d’euros, soit une hausse de 1,1 % par rapport au PIB calculé pour l’année 2015 (qui se monte à 2095,1 milliards d’euros).

L’acquis de croissance est souvent utilisé pour donner un premier aperçu de la croissance annuelle minimale du PIB à laquelle on peut raisonnablement s’attendre compte tenu des chiffres déjà publiés. Pour que cette croissance annuelle minimale ne soit pas atteinte il faudrait en effet que l’économie enregistre des baisses d’activité ou connaisse une récession, ce qui heureusement ne se produit que très rarement.

La croissance est le principal objectif économique

Tous les pays cherchent la croissance. Mais pourquoi cela est-il si important ? Notamment pour rembourser ses dettes publiques !

Un accroissement de la richesse se traduit par une augmentation des recettes fiscales : TVA, impôts sur les sociétés, mais aussi impôt sur le revenu car le niveau des revenus distribués est aussi en hausse. L’amélioration des recettes fiscales permet ensuite à l’État de rembourser sa dette publique et/ou de dégager des marges de manœuvre pour investir.

Le budget de l’État est réalisé à partir d’une hypothèse de croissance annuelle. Ainsi la loi de finances 2016 repose-t-elle sur une estimation de la croissance de 1,5 % en 2016. Mais cela n’est pas suffisant pour améliorer la situation du déficit budgétaire. Selon la Cour des comptes, le « solde structurel », qui ne tient pas compte de la conjoncture, s’améliore de 0,2 point de PIB si la croissance est de 1,8 % ; il ne varie pas si la croissance est de 1,4 % et se dégrade de 0,2 point si elle est de 1 %, ou encore de 0,7 point si la croissance est nulle.

La croissance économique permet également de créer des emplois, car plus de croissance signifie plus d'activités pour les entreprises, donc plus de travail.

Quelles sont les conséquences d’une croissance nulle ?

Une croissance nulle signifie que le niveau de richesses créées est équivalent à celui de l’année précédente. Si, comme c’était le cas en France entre 2014 et 2015, la population augmente d’une année sur l’autre, cela signifie que le PIB par habitant décroît.

Une absence de croissance a des conséquences négatives sur les finances publiques : les recettes fiscales n’augmentent pas, l’État a donc plus de difficultés à réduire son déficit public et à rembourser sa dette publique. L’objectif de réduire le déficit public à 3 % du PIB devient donc inatteignable… sauf à réduire drastiquement les dépenses publiques.

De même, cela a des conséquences négatives sur le chômage, sur la balance commerciale   Définition Elle comptabilise la valeur des exportations et des importations de biens d’un pays avec l’ensemble des autres pays du monde. Si la valeur des exportations est supérieure à la valeur des importations, on dit qu’il y a excédent commercial ou que la balance commerciale est excédentaire. Si la valeur des importations est supérieure à la valeur des exportations, le pays a un déficit commercial ou sa balance commerciale est déficitaire.
, sur la capacité des emprunteurs à rembourser leurs crédits, etc.

Certaines voix s’élèvent contre cette recherche effrénée de croissance soulignant les dangers écologiques, démographiques et sociaux de cet unique objectif. Certains économistes préconisent même la « décroissance » pour améliorer le sort des Hommes et de leur planète.

Vidéo pédagogique de la Cité de l’économie sur la croissance

 
Créé le 05 mars 2013 - Dernière mise à jour le 09 juin 2016
© IEFP – la finance pour tous
 
4 commentaire(s)  
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sndaddy , publié le 03/05/2016 16:26

intéressant!

L’équipe de l’IEFP, publié le 28/04/2014 16:52

Bonjour,
Lorsqu'on fait référence à une mesure exprimée en pourcentage, on utilise en statistiques la notion de points de pourcentage pour analyser son évolution. Prenons un exemple, celui de la structure de la population en France. En 1994, la population âgée de 60 ans et plus représentait 19,6 % de la population totale française contre 24,2 % aujourd'hui. Dans ce contexte, on dit que la population âgée de 60 ans et plus a augmenté de 4,6 points (de pourcentage) en 20 ans (et non de 4,6 %).
Lorsqu'on analyse les finances publiques, ou plus globalement l'économie, on raisonne généralement non pas en points de pourcentage mais en points de PIB. D'une part, parce que dans ce contexte, la notion de points de PIB est aussi une unité de compte. Dès lors, un point de PIB équivaut effectivement à 1 % du PIB, soit environ 20 milliards d'euros (le PIB s'élevant à quelques 2 000 milliards d'euros (en valeur) en 2013). D'autre part, parce qu'en économie, certaines composantes ne sont pas additives. En effet, certaines sont positives, d'autres peuvent être négatives.
Meilleures salutations,
L'équipe Lafinancepourtous.com

Alain , publié le 23/04/2014 08:36

1 point de pib c'est quoi ... 1% ... 0.1% ?
Je lis et j'entends tout et n'importe quoi, que par exempe, 1 point de pib ... c'est 10 milliards d'euros?
Éclairez moi ... merci !

Marty , publié le 13/03/2013 22:50

Fort intéressantes ces explications. Il y aurait matière à réagir, mais mieux les méditer avant.
Très bien cette petite précision sur la "décroissance" : mais il ne faut pas oublier que ce terme est -volontairement- provocateur, il est plus pertinent de parler d'objection de croissance. Cela éviterait des discussions inutiles et permettrait sans doute d'avancer (c'est beau de rêver !)
Sur ce sujet, lire Serge Latouche, c'est très éclairant.
Cordialement
Marty

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