PIB (Produit intérieur brut) définition et enjeux

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PIB français en valeur en 2020 :
2 302 milliards d’euros

Croissance du PIB français (en volume) en 2020 : – 7,9 %

Le Produit intérieur brut (PIB) est un indicateur économique qui permet de mesurer les richesses créées dans un pays au cours d’une période donnée.

Le PIB est utilisé pour mesurer la « croissance économique » d’un pays. Mais son utilisation est parfois remise en cause.

PIB (produit intérieur brut) méthode de calcul selon trois approches différentes

Le calcul du PIB correspond à la somme des valeurs ajoutées (du secteur public et privé) à laquelle s’ajoute la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mais aussi les taxes sur des produits particuliers comme les produits pétroliers, le tabac et l’alcool ou encore les produits importés (droit de douanes). En contrepartie de ces taxes, les subventions reversées par l’État sont logiquement retranchées.

La définition précise du PIB se révèle complexe, nous en présentons ici une version schématisée.
Plus de précisions sur le site de l’OCDE.

Le PIB peut être restructuré en différentes composantes pour analyser le fonctionnement d’une économie. On parle d’approche du PIB par la production, par les revenus ou par la demande. En effet, la richesse créée par un pays est une richesse produite qui permet de constituer les revenus qui viendront alimenter la demande.

PIB : approche par la production

L’approche par la production permet de mieux saisir la provenance de la richesse créée en particulier les contributions par secteur d’activité (construction, industrie…) ou par type d’acteurs économiques (privés, publics, associatifs). Selon cette méthode, le PIB se calcule en additionnant les valeurs ajoutées des agents économiques publics et privés.

PIB : approche par les revenus

L’approche par les revenus permet de mettre en évidence la répartition de la richesse créée entre les salariés, l’État et les entreprises. Le PIB correspond alors à la rémunération des salariés, aux impôts perçus par l’État sur la production et les importations (corrigés des subventions reversées) et aux excédents d’exploitation dégagés par les entreprises.

PIB : approche par la demande

L’approche par la demande met en relief la manière dont la richesse produite a été utilisée : dans la consommation, dans l’investissement, dans la constitution de stocks ou par sa monétisation à l’étranger (solde des échanges extérieurs). Cette approche permet souvent de modéliser et piloter les politiques économiques conjoncturelles (relance par la demande des ménages, soutien à l’investissement, dévaluation ou revalorisation de la devise nationale…)

Les composantes du PIB dans son approche par la demande

  • Les dépenses de consommation finale : elles correspondent aux dépenses réalisées par les ménages, les administrations publiques et les institutions sans but lucratif au service des ménages pour acquérir des biens et des services destinés à la satisfaction de leurs besoins.

  • La formation brute de capital fixe (investissement) : elle correspond à la différence entre les acquisitions et les cessions d’actifs fixes réalisées par les producteurs résidents, c’est-à-dire l’investissement réalisé par l’ensemble des secteurs institutionnels. Pour une entreprise, cela correspond à un bien dont l’utilisation interviendra au moins un an dans la production. L’acquisition d’un logement par un ménage est également considérée comme un investissement.

  • La variation de stock : elle correspond à la différence de valeur entre les entrées et les sorties de biens (matières premières, produits semi-finis ou finis). Une variation de stock positive (entrées > sorties) contribue à augmenter le PIB. À l’inverse, si la variation de stock est négative (sorties > entrées) cela a pour effet de diminuer le PIB.

  • Le solde des échanges extérieurs : il correspond à la différence entre les importations (l’ensemble des biens et services entrant sur notre territoire en provenance d’un autre pays) et les exportations (l’ensemble des biens et services sortant de notre territoire en direction d’un autre pays). Si le solde des échanges extérieurs est négatif (on importe plus qu’on n’exporte), le PIB diminue et inversement si le solde des échanges extérieurs est positif (on exporte plus qu’on importe).

Le PIB en valeur et ses composantes dans l’approche par la demande en 2020 (en milliards d’euros)

en valeur

Dépenses de consommation finale

1 801

Dont ménages

1 175

Dont administrations publiques

577

Dont institution sans but lucratif

49

Investissement (Formation Brute de Capital Fixe)

529

Variation de stocks

20

Solde des échanges extérieurs

– 46

Dont exportations

642

Dont importations

688

TOTAL

2 303

Source : Insee 

Comme on le voit dans ce tableau, les dépenses de consommation finale des ménages, des administrations publiques et des institutions sans but lucratif représentent plus de 75 % de la valeur du PIB.

Les données du PIB sont régulièrement révisées par l’Insee qui doit parfois attendre trois ans pour obtenir des données effectives.

Le calcul et même la définition du PIB sont sujets à débat. Par exemple, doit-on ou non inclure les activités illicites (drogue, prostitution…) dans le PIB ? De plus, son calcul implique de nombreuses estimations et approximations. On estime que, dans les pays développés, le calcul du PIB présente une marge d’erreur d’environ plus ou moins 5 %.

PIB en volume ou en valeur ? 

Le PIB peut être évalué en volume ou en valeur. En valeur, on parle de PIB nominal, c’est-à-dire non corrigé de l’inflation. Pour mesurer la croissance, on doit éliminer l’impact de l’inflation et calculer le PIB en volume (ou PIB réel)Il est donc logique que le taux de croissance en valeur ait été supérieur au taux de croissance en volume pour la France ces dernières décennies, puisqu’il y a toujours eu de l’inflation (contrairement, par exemple, au Japon, qui a connu une période déflationniste dans les années 1990).

Croissance française en volume et en valeurLe PIB permet de comparer les performances économiques de différents pays

Le PIB reste l’indicateur le plus utilisé pour illustrer la croissance économique et peut être utile pour comparer les performances économiques de différents pays.

PIB dans le monde 2020

Les États-Unis sont de loin le pays générant le plus de richesse au monde. Ils sont suivis par la Chine. La France est la 7e puissance économique mondiale. En se rassemblant, les pays de l’Union Européenne cumulent un PIB de 15 292 milliards de dollars et se situent donc entre la Chine et les États-Unis.

Mais le PIB ne reflète pas forcément la richesse de ses habitants. En rapportant le PIB d’un pays à sa population, on obtient une autre lecture de la répartition de la richesse mondiale qui est plus proche de la réalité. 

PIB par habitant  2020

Cependant, le PIB par habitant est encore imparfait puisqu’il ne tient pas compte du « coût de la vie ». De plus, le tableau précédent oblige à libeller toutes les valeurs en une même monnaie (ici le dollar) ce qui implique que les comparaisons peuvent être biaisées par des fluctuations du taux de change. Les économistes ont donc introduit la notion de la Parité du Pouvoir d’Achat (PPA).

PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat 2020

La PPA mesure le pouvoir d’achat d’une monnaie pour un consommateur pour se procurer le même panier de biens et de services qu’un autre consommateur dans un autre pays.

Contrairement au taux de change, ce taux de conversion entre les monnaies tient alors compte du « coût de la vie ». Il est donc plus près de la richesse réelle par habitant.

Pourquoi le PIB est-il un indicateur contesté ?

Le PIB est l’indicateur le plus utilisé pour mesurer la croissance et effectuer des comparaisons internationales. Il joue même un rôle particulièrement important pour mesurer les déficits et les dettes publics des États ce qui a des conséquences directes sur les politiques économiques des gouvernements et les décisions des Banques Centrales. C’est le cas dans la zone euro mais aussi dans les politiques de redressement imposées par le Fonds Monétaire International (FMI) quand un pays faisant face à des difficultés de solvabilité fait appel à son aide.

Le PIB au cœur des politiques européennes

Dans la zone euro, le Pacte de Stabilité et de Croissance adopté en 1997 à Amsterdam a pour objectif de coordonner les politiques budgétaires. Il repose sur des indicateurs dont les deux principaux sont un déficit public qui doit être contenu dans la limite des 3 % du PIB et une dette publique ne devant pas dépasser 60 % du PIB. A la suite de la crise économique mondiale de 2008, un nouveau traité est rentré en vigueur en 2013, appelé communément Pacte Budgétaire Européen, qui maintient les critères de convergence mais décide d’adopter une vision plus dynamique de leur respect. Ainsi, si la tendance vers ces objectifs est positive, l’État mis en cause pourra échapper à des sanctions.

L’IDH en remplacement du PIB ?

Pour autant, cet indicateur est souvent contesté. On lui reproche notamment de ne pas prendre en compte toute l’activité économique et d’exclure le travail bénévole réalisé notamment au sein du secteur associatif et le travail personnel (ménage réalisé sans recours à des personnes tierces, bricolage, jardinage…). En outre, il n’intègre pas les données sociales, environnementales ni le bien-être des individus. C’est notamment sur ce point qu’il a été le plus décrié puisque la mesure du bien-être de la population ne peut pas être uniquement appréhendée par une comptabilisation des richesses créées surtout lorsqu’il s’agit de mesurer la pauvreté ou encore les inégalités sociales.

D’autres indicateurs ont alors été développés comme l’Indice de Développement Humain (IDH) par exemple. Cet indicateur prend en compte l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le PIB par habitant pour évaluer le bien-être collectif d’un pays et va donc au-delà de la simple mesure de la production économique.

 

    50 commentaires sur “PIB (Produit intérieur brut) définition et enjeux”
    1. Pour le PIB 2020, vous ne donnez qu’un seul tableau relatif à l’approche par la consommation. Est-ce-que les dépenses de consommations finales ambarquent les produits non marchand ?
      Est-il possible d’avoir un tableau (simplifié) pour l’approche par la production ?
      Il est en effet difficile de comprendre comment les 2 approches peuvent boucler sur le même chiffre. Comment la somme des valeurs ajoutés (approche production) peut- elle être égale aux cossommations finales + les investissements + le solde de la balande extérieure ?? Mystère.
      Merci

      1. Bonjour,
        Oui, tout à fait ! L’approche par la production se retrouve aisément à partir du Tableau économique d’ensemble (TEE) publié par l’INSEE. Le TEE est présenté de façon simplifiée dans la publication Les comptes de la nation. Pour l’année 2020, cette publication est disponible à l’adresse suivante : https://www.insee.fr/fr/statistiques/5387891?sommaire=5354786. Dans l’approche par la production, le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées et des impôts sur les produits à laquelle on soustrait les subventions sur les produits. On retrouve ces deux lignes en haut du tableau 3 : Valeur ajoutée au prix de base (2054,3 milliards d’euros) et Impôts sur les produits nets des subventions sur les produits (248,6 milliards d’euros), ce qui donne bien un PIB de 2303 milliards d’euros. Pour davantage de détails notamment sur la valeur ajoutée, vous pouvez vous reporter directement au TEE.
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    2. Dans l’approche par la production, le PIB se calcule en additionnant les valeurs ajoutées des agents économiques publics et privés. Pour le PIB marchand, le PIB correspond à la somme des valeurs ajoutées des entreprises soit la somme des chiffres d’affaire diminués des consommations intermédiares.
      1- les investissements des entreprises ne sont pas comptés dans les consommations intermédiaires. L’investissement devrait donc être neutre dans le calcul du PIB par l’approche de la production. Est-ce bien le cas ? Si oui, pourquoi dit-on que les 2 moteurs principaux de la croissance sont la consommation des ménages et l’investissement des entreprises ? Je suppose du fait que l’investissement des entrprises génére au final un surplus de consommation chez les ménages ?
      2- La relocalisation de la production en France aura-elle un impact sur la croissance du PIB ? Je ne pense pas que l’impact soit significatif car sinon, les délocalisations des décennies passées auraient générées une décroissance du PIB que l’on n’a pas constaté.
      Merci

      1. Bonjour,
        Vous avez raison d’écrire que les investissements ne constituent pas des consommations intermédiaires (qui sont des biens et services utilisés et/ou transformés dans le processus de production). Lorsque l’on affirme que la consommation et l’investissement sont les deux moteurs principaux de la croissance, on fait référence à l’approche par la demande du PIB. Il est, en effet, équivalent de calculer le PIB en calculant les richesses générées par la production (approche par la production) et en s’intéressant à la manière dont cette richesse a été utilisée (approche par la demande). Par ailleurs, une relocalisation de la production en France n’aurait sans doute qu’un effet relativement faible sur le PIB.
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    3. Salut, si le PIB d’un pays est trois fois plus élevé par rapport à un autre pays est-ce que ça voudrait dire que ce pays est plus riche?

      1. Bonjour,

        Dans ce cas, on peut effectivement dire que le premier pays produit trois fois plus de richesses que le second. Il est donc plus riche au sens du PIB. Cet indicateur a, toutefois, des limites et ne mesure qu’imparfaitement les richesses. Pour en savoir plus sur les limites du PIB, nous vous invitons à consulter notre article consacré à la question, disponible à l’adresse suivante : https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/theories-economiques/pib/le-pib-un-indicateur-conteste-de-lactivite-economique/

        Meilleures salutations,

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    4. Bonjour et bravo pour votre travail et vos explications faciles à comprendre.
      Pourriez-vous me dire si en privatisant (simple supposition) la santé, l’éducation ou le système de retraite par exemple cela augmenterait-il le pib d’autant ? Merci à vous.

      1. Bonjour,
        En France, les services liés à la santé et à l’éducation sont essentiellement non-marchands. Ils sont, en effet, offerts gratuitement ou quasi-gratuitement par les administrations publiques et/ou payés indirectement par les consommateurs. Le calcul du produit intérieur brut (PIB) prend en compte ces services non-marchands et, puisqu’il est impossible de déterminer leur valeur « marchande », les évalue à leurs coûts de production. Si ces services étaient fournis par des entreprises privées, la valeur ajoutée de ces dernières entrerait dans le calcul du PIB. Et si la valeur ajoutée de ces entreprises privées était supérieure aux coûts de production des administrations publiques, alors le PIB augmenterait « mécaniquement ».
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

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