PIB (Produit intérieur brut) définition et enjeux

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PIB français en valeur en 2019 :
2 427 milliards d’euros

Croissance du PIB français (en volume) en 2019 : + 1,5 %

Le Produit Intérieur Brut (PIB) est un indicateur économique qui permet de mesurer les richesses créées dans un pays au cours d’une période donnée.

Le PIB est utilisé pour mesurer la « croissance économique » d’un pays. Mais son utilisation est parfois remise en cause.

PIB (produit intérieur brut) méthode de calcul selon trois approches différentes

Le calcul du PIB correspond à la somme des valeurs ajoutées (du secteur public et privé) à laquelle s’ajoute la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mais aussi les taxes sur des produits particuliers comme les produits pétroliers, le tabac et l’alcool ou encore les produits importés (droit de douanes). En contrepartie de ces taxes, les subventions reversées par l’Etat sont logiquement retranchées.

La définition précise du PIB se révèle complexe, nous en présentons ici une version schématisée.
Plus de précisions sur le site de l’OCDE.

Le PIB peut être restructuré en différentes composantes pour analyser le fonctionnement d’une économie. On parle d’approche du PIB par la production, par les revenus ou par la demande. En effet, la richesse créée par un pays est une richesse produite qui permet de constituer les revenus qui viendront alimenter la demande.

PIB : approche par la production

L’approche par la production permet de mieux saisir la provenance de la richesse créée en particulier les contributions par secteur d’activité (construction, industrie…) ou par type d’acteurs économiques (privés, publics, associatifs). Selon cette méthode, le PIB se calcule en additionnant les valeurs ajoutées des agents économiques publics et privés.

PIB : approche par les revenus

L’approche par les revenus permet de mettre en évidence la répartition de la richesse créée entre les salariés, l’Etat et les entreprises. Le PIB correspond alors à la rémunération des salariés, aux impôts perçus par l’Etat sur la production et les importations (corrigés des subventions reversées) et aux excédents d’exploitation dégagés par les entreprises.

PIB : approche par la demande

L’approche par la demande met en relief la manière dont la richesse produite a été utilisée : dans la consommation, dans l’investissement, dans la constitution de stocks ou par sa monétisation à l’étranger (solde des échanges extérieurs). Cette approche permet souvent de modéliser et piloter les politiques économiques conjoncturelles (relance par la demande des ménages, soutien à l’investissement, dévaluation ou revalorisation de la devise nationale…)

Les composantes du PIB dans son approche par la demande

  • Les dépenses de consommation finale : elles correspondent aux dépenses réalisées par les ménages, les administrations publiques et les institutions sans but lucratif au service des ménages pour acquérir des biens et des services destinés à la satisfaction de leurs besoins.

  • La formation brute de capital fixe (investissement) : elle correspond à la différence entre les acquisitions et les cessions d’actifs fixes réalisées par les producteurs résidents, c’est-à-dire l’investissement réalisé par l’ensemble des secteurs institutionnels. Pour une entreprise, cela correspond à un bien dont l’utilisation interviendra au moins un an dans la production. L’acquisition d’un logement par un ménage est également considérée comme un investissement.

  • La variation de stock : elle correspond à la différence de valeur entre les entrées et les sorties de biens (matières premières, produits semi-finis ou finis). Une variation de stock positive (entrées > sorties) contribue à augmenter le PIB. À l’inverse, si la variation de stock est négative (sorties > entrées) cela a pour effet de diminuer le PIB.

  • Le solde des échanges extérieurs : il correspond à la différence entre les importations (l’ensemble des biens et services entrant sur notre territoire en provenance d’un autre pays) et les exportations (l’ensemble des biens et services sortant de notre territoire en direction d’un autre pays). Si le solde des échanges extérieurs est négatif (on importe plus qu’on n’exporte), le PIB diminue et inversement si le solde des échanges extérieurs est positif (on exporte plus qu’on importe).

Le PIB en valeur et ses composantes dans l’approche par la demande en 2019 (en milliards d’euros)

en valeur

Dépenses de consommation finale

1 864

Dont ménages

1 256

Dont administrations publiques

560

Dont institution sans but lucratif

50

Investissement (Formation Brute de Capital Fixe)

574

Variation de stocks

13

Solde des échanges extérieurs

– 24

Dont exportations

771

Dont importations

796

TOTAL

2 427

Source : Insee 

Comme on le voit dans ce tableau, les dépenses de consommation finale des ménages, des administrations publiques et des institutions sans but lucratif représentent plus de 75 % de la valeur du PIB.

Les données du PIB sont régulièrement révisées par l’Insee qui doit parfois attendre trois ans pour obtenir des données effectives.

Le calcul et même la définition du PIB sont sujets à débat. Par exemple, doit-on ou non inclure les activités illicites (drogue, prostitution…) dans le PIB ? De plus, son calcul implique de nombreuses estimations et approximations. On estime que, dans les pays développés, le calcul du PIB présente une marge d’erreur d’environ plus ou moins 5 %.

PIB en volume ou en valeur ? 

Le PIB peut être évalué en volume ou en valeur. En valeur, on parle de PIB nominal, c’est-à-dire non corrigé de l’inflation. Pour mesurer la croissance, on doit éliminer l’impact de l’inflation et calculer le PIB en volume (ou PIB réel)Il est donc logique que le taux de croissance en valeur ait été supérieur au taux de croissance en volume pour la France ces dernières décennies, puisqu’il y a toujours eu de l’inflation (contrairement, par exemple, au Japon, qui a connu une période déflationniste dans les années 1990).

Croissance française en volume et en valeur

Le PIB permet de comparer les performances économiques de différents pays

Le PIB reste l’indicateur le plus utilisé pour illustrer la croissance économique et peut être utile pour comparer les performances économiques de différents pays.

PIB dans le monde

Les Etats-Unis sont de loin le pays générant le plus de richesse au monde. Ils sont suivis par la Chine. La France est la 7e puissance économique mondiale. En se rassemblant, les pays de l’Union Européenne cumulent un PIB de 15 593 milliards de dollars et se situent donc entre la Chine et les Etats-Unis.

Mais le PIB ne reflète pas forcément la richesse de ses habitants. En rapportant le PIB d’un pays à sa population, on obtient une autre lecture de la répartition de la richesse mondiale qui est plus proche de la réalité. 

PIB par habitant

Cependant, le PIB par habitant est encore imparfait puisqu’il ne tient pas compte du « coût de la vie ». De plus, le tableau précédent oblige à libeller toutes les valeurs en une même monnaie (ici le dollar) ce qui implique que les comparaisons peuvent être biaisées par des fluctuations du taux de change. Les économistes ont donc introduit la notion de la Parité du Pouvoir d’Achat (PPA).

PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat

La PPA mesure le pouvoir d’achat d’une monnaie pour un consommateur pour se procurer le même panier de biens et de services qu’un autre consommateur dans un autre pays.

Contrairement au taux de change, ce taux de conversion entre les monnaies tient alors compte du « coût de la vie ». Il est donc plus près de la richesse réelle par habitant.

Pourquoi le PIB est-il un indicateur contesté ?

Le PIB est l’indicateur le plus utilisé pour mesurer la croissance et effectuer des comparaisons internationales. Il joue même un rôle particulièrement important pour mesurer les déficits et les dettes publics des Etats ce qui a des conséquences directes sur les politiques économiques des gouvernements et les décisions des Banques Centrales. C’est le cas dans la zone euro mais aussi dans les politiques de redressement imposées par le Fonds Monétaire International (FMI) quand un pays faisant face à des difficultés de solvabilité fait appel à son aide.

Le PIB au cœur des politiques européennes

Dans la zone euro, le Pacte de Stabilité et de Croissance adopté en 1997 à Amsterdam a pour objectif de coordonner les politiques budgétaires. Il repose sur des indicateurs dont les deux principaux sont un déficit public qui doit être contenu dans la limite des 3 % du PIB et une dette publique ne devant pas dépasser 60 % du PIB. A la suite de la crise économique mondiale de 2008, un nouveau traité est rentré en vigueur en 2013, appelé communément Pacte Budgétaire Européen, qui maintient les critères de convergence mais décide d’adopter une vision plus dynamique de leur respect. Ainsi, si la tendance vers ces objectifs est positive, l’Etat mis en cause pourra échapper à des sanctions.

L’IDH en remplacement du PIB ?

Pour autant, cet indicateur est souvent contesté. On lui reproche notamment de ne pas prendre en compte toute l’activité économique et d’exclure le travail bénévole réalisé notamment au sein du secteur associatif et le travail personnel (ménage réalisé sans recours à des personnes tierces, bricolage, jardinage…). En outre, il n’intègre pas les données sociales, environnementales ni le bien-être des individus. C’est notamment sur ce point qu’il a été le plus décrié puisque la mesure du bien-être de la population ne peut pas être uniquement appréhendée par une comptabilisation des richesses créées surtout lorsqu’il s’agit de mesurer la pauvreté ou encore les inégalités sociales.

D’autres indicateurs ont alors été développés comme l’Indice de Développement Humain (IDH) par exemple. Cet indicateur prend en compte l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le PIB par habitant pour évaluer le bien-être collectif d’un pays et va donc au-delà de la simple mesure de la production économique.

 

    24 commentaires sur “PIB (Produit intérieur brut) définition et enjeux”
    1. Bonjour,
      J’essaie de comprendre comment sont comptabilisées les consommations intermédiaires d’une administration publique dans le calcul du PIB. Si une mairie achète un camion pour maintenir des espaces verts, je comprends que le montant de cet investissement (ou la valeur de son amortissement sur un an ?) doit être compté comme faisant partie de la valeur ajoutée, en tant que coût de production du service. Mais si ce camion a été fabriqué par Renault dans une usine en France, il fait aussi partie de la valeur ajoutée de Renault. N’y a-t-il pas alors double comptage ?
      Merci d’avance pour votre réponse

      1. Bonjour,
        Il y a une différence entre la valeur ajoutée brute et nette. Dans le cas de la valeur ajoutée brute, l’amortissement du capital n’est pas pris en compte, dans le cas de la valeur ajoutée nette, l’amortissement est déduit. Dans le cas du produit intérieur brut (PIB), vous avez raison de signaler qu’il peut y avoir double comptage concernant les investissements. C’est pourquoi on peut mesurer le produit intérieur net (PIN), qui évite ce double-compatage.
        Le PIB est préféré car il est plus facilement comparable entre pays (la mesure des amortissements des entreprises peut différer entre les pays). De plus, dans le temps, l’écart entre PIB et PIN reste stable.
        Vous trouverez plus d’explications page 21 de ce rapport:
        https://read.oecd-ilibrary.org/economics/understanding-national-accounts_9789264214637-en#page23
        Meilleures salutations
        L’Equipe de Lafinancepoutous.com

        1. Bonjour,
          Merci beaucoup pour votre réponse.
          Je comprends bien cette subtilité entre brut et net maintenant. Toutefois ma question portait plutôt sur le double comptage qui peut exister entre le public et le privé, du fait de la différence du mode de calcul (basé sur les coûts dans le public, sur la valeur ajoutée pour le privé). Si je ne considère pas un investissement mais un bien de consommation courante, par exemple, j’achète de la nourriture à Sodexo pour nourrir des fonctionnaires : c’est une dépense publique qui rentre dans le PIB, mais aussi une recette génératrice de valeur ajoutée pour Sodexo qui rentre dans le PIB aussi.
          Merci encore pour votre aide !
          Charles

          1. Bonjour,
            Par définition, la production non marchande ne peut pas être évaluée au prix de marché. En particulier, la production non marchande des administrations publiques correspond à des services gratuits ou quasi gratuits. Par exemple, les frais d’inscription versés par un étudiant à son université sont loin de couvrir le coût d’une année universitaire. Pour tenir compte de la production non marchande dans le calcul du PIB, on l’évalue à partir de la somme des coûts de production. Dans votre exemple initial, l’achat d’un camion par une mairie ne sera, puisqu’il s’agit d’un investissement, comptabilisé dans les coûts de production des services qu’à travers son coût comptable : l’amortissement. Pour l’entreprise ayant produit ce camion, cette vente vient effectivement augmenter sa valeur ajoutée, calculée comme la différence entre le chiffre d’affaires et les consommations intermédiaires. Il n’y a donc pas de double comptage.
            Meilleures salutations,
            L’Equipe de Lafinancepourtous.com

            1. Merci pour votre réponse. C’est tout à fait clair pour le camionpuisque c’est un investissement. Mais je réitère ma question pour les dépenses courantes : nourriture achetée à Sodexo pour nourrir les fonctionnaires, ou pour reprendre votre exemple de l’université : les consommations courantes nécessaires à la « fourniture » du service universitaire : les craies pour écrire au tableau qui seraient achetées à un fabriquant français de craies, etc…

          2. Bonjour,
            Dans le cas que vous citez de biens détruits ou transformés au cours du processus de production, ils sont effectivement comptabilisés dans le chiffre d’affaires de l’entreprise les fournissant aux administrations publiques. Ensuite, puisque la richesse produite par les activités non marchandes est évaluée à partir des coûts de production, on retrouvera également ici les sommes déboursées par les administrations publiques pour acquérir ces biens et services. En l’absence d’un prix de vente reflétant une valeur de marché (le service est gratuit ou quasi-gratuit), il s’agit de la seule manière permettant de valoriser la production non marchande.
            Meilleures salutations,
            L’Equipe de Lafinancepourtous.com

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