Le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz entraînent une flambée des prix du pétrole et des carburants, qui perdure depuis le début du conflit fin février 2026.
En conséquence, les compagnies aériennes ont déjà augmenté les prix des billets mis en vente aujourd’hui, avec des suppléments de 10 € à plusieurs centaines d’euros, selon la distance du vol et la classe de voyage. Il en est de même pour les forfaits voyages commercialisés depuis la hausse du coût des carburants.
Mais que se passe-t-il pour les voyages réservés et réglés plusieurs mois avant le départ ?
Billets d’avion seuls sans autre prestation : pas d’augmentation du prix du billet en principe
Pour les achats de vols secs, c’est-à-dire de billets d’avion vendus seuls sans autre prestation de voyage, auprès d’une compagnie aérienne ou d’une plateforme en ligne, le prix du billet d’avion ne peut pas être réévalué. Aucune modification n’est possible après l’émission du billet, même en cas de hausse des prix des carburants.
Une compagnie aérienne peut-elle instaurer la modulation de ses tarifs, même après l’achat ?
La compagnie aérienne à bas coûts espagnole Volotea a annoncé en mars pratiquer la flexibilité de ses tarifs, avec une possibilité de modification du prix des billets d’avion après leur paiement. Les conditions générales de vente intègreraient dorénavant une clause d’« engagement de voyage équitable » qui permet d’ajuster le prix du billet après l’achat, à la hausse comme à la baisse, en fonction de l’évolution du prix du kérozène relevé 7 jours avant le départ.
Ainsi, depuis le 16 mars 2026, la compagnie aérienne Volotea peut appliquer un supplément maximum de 14 € par passager et par vol, sur chaque billet déjà acheté.
En contrepartie, les passagers ont la possibilité de modifier ou d’annuler leur vol sans frais jusqu’à quatre heures avant le départ.
La question de la légalité de cette pratique est posée. Dans une déclaration sur France 2, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a déclaré : « La question se pose, j’ai demandé aux services de la DGAC (direction générale de l’aviation civile) de travailler sur cette question très rapidement. (…) La compagnie aérienne dit maintenant qu’au moment de la vente du billet, elle ajoute un paragraphe qui dit qu’elle peut se permettre de réclamer un supplément. Aujourd’hui, il faut le vérifier, mais pas au niveau national, cela se passe au niveau européen ».
Voyages à forfait : une surtaxe est applicable si une clause de révision le prévoit
Pour les voyages à forfait (vol et hébergement, séjour tout inclus par exemple), le voyagiste peut réviser le prix du forfait à la hausse, à la condition qu’une clause de révision du prix soit prévue dans le contrat de voyage signé. Sinon, la modification du prix n’est pas applicable.
La clause de révision doit indiquer de la méthode de calcul de cette révision. Et la majoration du prix du voyage doit respecter les conditions fixées par la directive européenne sur les voyages à forfait.
Les motifs d’augmentation du coût du voyage à forfait
L’augmentation du coût du voyage à forfait est possible uniquement dans 3 cas :
- hausse des prix des carburants,
- hausse des taxes ou redevances (taxes d’aéroport par exemple),
- hausse des taux de change concernant le voyage.
Les modalités d’augmentation du coût du voyage à forfait
La hausse du prix du forfait doit être notifiée par le tour-opérateur au plus tard 20 jours avant la date de départ, de façon claire et compréhensible.
Si la hausse de prix est supérieure à 8 % du coût total du voyage à forfait, le voyageur a le droit de résilier la réservation gratuitement, contre remboursement de l’intégralité des sommes versées.
Lorsque l’augmentation tarifaire est inférieure à 8 %, le voyageur ne peut pas s’opposer au paiement du complément de prix demandé. Ou il peut choisir d’annuler son voyage, selon les conditions prescrites par le contrat, et en réglant les frais d’annulation déterminés lors de l’achat du voyage.
Quels recours pour les passagers en cas d’annulation de vols ?
Face à l’augmentation du prix du kérozène, certaines compagnies aériennes ont choisi d’annuler plusieurs vols, considérés comme non rentables.
En cas d’annulation de leur vol, les passagers ont le choix entre demander l’attribution de places sur un autre vol ou demander le remboursement du billet annulé, s’ils renoncent à leur voyage.
La compagnie aérienne n’a pas d’indemnisation à verser si les passagers ont été informé de l’annulation du vol deux semaines avant le voyage. Ou si l’annulation a lieu dans un délai inférieur, lorsqu’une place est proposée à bord d’un autre vol à une heure de départ et d’arrivée comparable à l’horaire initialement prévu.
Quels recours pour les voyageurs en cas de faillite de la compagnie aérienne ?
Si la compagnie aérienne auprès de laquelle les billets d’avion ont été achetés fait faillite, les droits des voyageurs dépendent du type de voyage souscrit.
En cas d’achat de billet seuls (vols secs), et si le paiement n’a pas encore été débité du compte bancaire, il est possible de faire opposition au paiement auprès de sa banque.
Si les billets d’avion ont été réglés par carte bancaire, une demande de remboursement peut être faite auprès de la banque ou de l’établissement émetteur de la carte (réseau Visa ou Mastercard), avec la procédure de chargeback (rétrofacturation).
À défaut, les passagers ont la possibilité de déclarer leur créance auprès du liquidateur de la compagnie aérienne. Mais ils ne sont pas créanciers prioritaires et ont peu de chance d’obtenir le remboursement des billets d’avion.
Dans le cas où le vol fait partie d’un voyage à forfait (vol + hébergement par exemple), l’agence de voyages, ou le tour-operateur, est tenue de proposer le remboursement du vol ou de réserver un autre vol. Ou de prendre en charge le réacheminement du voyageur si la faillite intervient en cours de voyage.