Qu’est-ce que l’argent ?
L’argent (symbole Ag) est un métal précieux connu pour son éclat, mais ce sont ses propriétés physiques qui retiennent aujourd’hui l’attention.
C’est l’un des meilleurs conducteurs de chaleur et d’électricité, et il possède une excellente réflectivité. Bien qu’il puisse se trouver à l’état natif, l’essentiel de l’argent extrait dans le monde n’est en réalité qu’un sous-produit. En effet, plus des deux tiers de la production mondiale proviennent de mines dont le métal principal est le plomb, le zinc, le cuivre ou l’or. Cette caractéristique est fondamentale, car elle signifie que l’offre d’argent est peu sensible à son propre prix et dépend avant tout de la dynamique d’investissement dans d’autres métaux.
Dans quelles industries est utilisé l’argent ?
Si l’orfèvrerie, la bijouterie et l’investissement (lingots, pièces) restent des usages importants, la demande industrielle est devenue le principal moteur du marché.
En 2024, elle a atteint un niveau record de 680,5 millions d’onces, soit environ 20 000 tonnes, tirée par des secteurs de pointe.
L’argent est indispensable dans l’électronique pour ses qualités de conducteur (contacts, soudures, puces) et son usage est central dans l’électrification des économies.
Le secteur photovoltaïque en est un grand consommateur : l’argent est un composant clé des pâtes conductrices qui recouvrent les cellules solaires. Bien que les fabricants cherchent à en réduire la quantité par panneau (« thrifting »), l’explosion mondiale des capacités installées maintient la demande à des niveaux très élevés.
D’autres applications, comme la catalyse chimique, la miroiterie ou ses propriétés antiseptiques, complètent ce tableau industriel.
Où extrait et raffiné l’argent ?
La production minière d’argent est géographiquement concentrée. Le Mexique est le premier producteur mondial, suivi de loin par la Chine et le Pérou. Le raffinage est quant à lui souvent adossé aux grandes fonderies de plomb-zinc et de cuivre en Asie, en Amérique et en Europe. Une fois raffiné, l’argent de qualité investissement est standardisé par des labels comme le « Good Delivery » de la London Bullion Market Association (LBMA), qui sert de référence au marché mondial.
Cette structure de production, combinée à une demande industrielle explosive, a créé de fortes tensions sur les prix. Après avoir franchi le seuil de 26 dollars l’once (1 once = 28 grammes) en 2020, le cours de l’argent a continué sa progression pour atteindre des sommets inédits en 12 ans, dépassant les 120 dollars en février 2026. Cette dynamique reflète un marché en déficit structurel depuis plusieurs années.
Quels sont les enjeux économiques et géopolitiques de l’argent ?
Le principal enjeu économique de l’argent réside dans le décalage entre une offre rigide et une demande dynamique. Comme sa production est majoritairement un sous-produit, une forte hausse des prix ne se traduit pas mécaniquement par une augmentation rapide de l’extraction. Les compagnies minières ne vont pas ouvrir une mine de zinc juste pour en extraire un peu plus d’argent. Ce phénomène a engendré un déficit structurel sur le marché : entre 2021 et 2024, le manque cumulé est estimé à plus de 18 000 tonnes.
Sur le plan politique, l’importance croissante de l’argent dans des chaînes de valeur stratégiques (énergie, électronique) renforce les préoccupations liées à la sécurité des approvisionnements. La question de l’approvisionnement responsable, encadré par les guides de l’OCDE pour les minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque, devient également centrale, poussant les acteurs de la filière, via des organisations comme la LBMA, à renforcer la traçabilité.
Quels sont les enjeux environnementaux ?
L’extraction de l’argent n’est pas sans conséquences environnementales.
Le premier défi est la gestion des résidus miniers (« tailings »), ces millions de tonnes de roches broyées et traitées chimiquement qui doivent être stockées dans des parcs sécurisés pour éviter les ruptures de digues et la contamination des sols et des eaux. Pour répondre à ce risque, une norme mondiale (Global Industry Standard on Tailings Management) a été établie, visant le « zéro dommage ». Par ailleurs, le processus de séparation de l’argent du minerai, la lixiviation, peut recourir au cyanure, une substance hautement toxique dont l’usage est encadré par un code de conduite international strict.
Face à ces enjeux, le recyclage apparaît comme un levier de durabilité essentiel. Poussé par la hausse des prix, il a atteint en 2024 son plus haut niveau en 12 ans, représentant environ 18 % de l’offre totale. L’amélioration des filières de collecte et de traitement des déchets industriels et électroniques est donc une priorité pour alléger la pression sur l’extraction minière.
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