Marché des fleurs : tout n’est pas rose !

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Bien qu’elles soient accessibles toute l’année et que certaines espèces fleurissent en décalé, le printemps est le temps des fleurs : muguet du 1er mai, cerisiers épanouis au Japon et en France, pâquerettes, jonquilles, roses et pivoines par exemple mettant des couleurs dans les prés et les bois, au grand dam des allergiques. Mais la fleur est aussi une industrie. Tour d’horizon du marché.

En 2025, le marché des fleurs en France n’est pas anecdotique : il emploie plus de 20 000 personnes et génère plus de 1,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Mais ce marché est en fait mondial, puisque la majorité des fleurs coupées qui finissent dans nos vases viennent de l’étranger (Kenya, Équateur, Colombie, Éthiopie…) et dans neuf cas sur dix, elles ont transité par les Pays-Bas, plaque tournante du business de l’horticulture, qui représente 60 % du marché mondial. La rose représente presque un quart du segment en valeur. 

Pays d'importation de fleurs en Europe

Système de vente au cadran à la bourse d’Aalsmeer – les enchères inversées

La bourse d’Aalsmeer, près d’Amsterdam, est connue comme le « Wall Street de la fleur ».

Pour faciliter la vente de fleurs, les Hollandais ont mis en place un système efficace d’enchères inversées. Concrètement, les lots de fleurs sont affichés sur les écrans électroniques présents dans la salle de bourse et appelés le « cadran », avec toutes les informations nécessaires pour connaitre la provenance, le producteur, la qualité, la quantité disponible, etc.

Les enchères sont dégressives : on part d’un prix élevé et le prix de vente proposé baisse rapidement sur le cadran, le premier acheteur (ou broker) se manifestant emportant alors la vente.

Le marché des fleurs est très saisonnier : certaines dates-clés comme la Saint Valentin, la fête des mères, la Toussaint et Noël constituent des pics d’activité.

Économie des fleurs : importation versus production locale

Les préoccupations écologiques pourraient avoir un impact progressivement croissant sur ce marché, et encourager des achats plus locaux.

En France, la profession horticole, avec l’appui du ministère de l’agriculture, tente d’amener les consommateurs à privilégier des fournisseurs nationaux, dont la surface cultivée déclinait progressivement, à travers :

  • La création d’un label « fleurs de France », lorsque plus de 50 % des composants d’un bouquet a poussé sur le territoire national.
  • Des mesures nationales pour soutenir la filière horticole depuis 2016 avec des déclinaisons régionales et des relais, notamment dans le Val de Loire, l’Auvergne et la Provence  (ex : contrat de filière).
  • des campagnes de communication autour de la priorité aux circuits courts et aux respects des saisons.

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Cependant, le bon sens du circuit court ne doit pas empêcher de prendre un peu de hauteur.

Selon une étude universitaire anglaise (université de Cranfield) et de manière contre-intuitive, une rose du Kenya émet six fois moins de CO2 – voyage en avion compris – qu’une rose des Pays-Bas élevée sous une serre chauffée au gaz naturel. Ce rapport diminue car de plus en plus de serres se couvrent de panneaux solaires et utilisent la géothermie afin de réduire la facture énergétique.

Modèle du commerce de fleurs : de plus en plus via Internet

Le nombre de fleuristes a considérablement diminué ces dernières années : de 15 000 boutiques en 2013, elles ne sont plus que 13 000 en 2020 et 5400 en 2025.

Le nombre de franchise est assez faible (autour de 4-5%) : la grande majorité des boutique est donc indépendante, et de petite taille (deux employés ou moins). Le secteur qui se développe le plus vite est celui de la vente par Internet, qui regroupe les anciens réseaux d’envoi de fleurs (ex : Interflora ou Florajet) et des « pure players » (ex : Aquarelle).

Le premier krach boursier est dû à la tulipe

Venue de Turquie aux Pays-Bas à la toute fin du XVIe siècle, la tulipe est appréciée par tous les habitants de l’Europe. Elle fascine tant, que les plants les plus précieux sont volés et payés à prix d’or.

Elle fait l’objet de catalogues illustrés présentant ses variétés et leurs prix. À partir des années 1630, un vrai marché se met en place. La hausse des prix est tirée par la demande et la spéculation, un bulbe pouvant atteindre le prix d’une maison, voire plus. On en vient à acheter non plus des bulbes existants mais des bulbes à venir (naissance d’une bulle spéculative liée à des transactions à terme), en pariant ainsi sur les productions futures de tulipes.

Et le 6 février 1637 tout s’écroule : les prix s’effondrent brutalement. La tulipomanie ne sera plus jamais ce qu’elle était.

La raison de ce krach pourrait être l’épisode de peste à Haarlem, principal centre des échanges.

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