L’Investissement Socialement Responsable (ISR) peut prendre 3 formes principales
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les fonds socialement responsables ou de développement durable : ils intègrent des critères sociaux et environnementaux d’évaluation d’une entreprise cotée qui sont croisés avec des critères financiers pour sélectionner, dans un portefeuille, les entreprises les plus performantes du point de vue du développement durable.
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les fonds d’exclusion (également dénommés « placements éthiques ») : plus répandus dans les pays anglo-saxons, ils excluent, pour des raisons morales ou religieuses, certains secteurs comme l’armement, le jeu, le tabac…voire des activités considérées par leurs détenteurs comme dangereuses pour l’environnement : OGM, nucléaire.
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l’engagement actionnarial ou activisme actionnarial : il consiste pour les investisseurs à exiger des entreprises une politique de responsabilité sociale plus forte, soit en les interpellant directement, soit par l’exercice des droits de vote en assemblées générales (AG). Cette pratique reste plus répandue aux États-Unis qu’en Europe, où elle se développe néanmoins progressivement.
Ces différentes approches sont souvent regroupées sous le terme générique de placements éthiques, mais cette catégorie recouvre des réalités plus larges : les fonds de partage, qui donnent une part des bénéfices à des associations caritatives ou des ONG, et les produits financiers solidaires, destinés à financer des projets d’économie solidaire, en font également partie.
Le développement de l’ISR
En France, le label ISR est la pierre angulaire du système.
Créé en 2016 par le ministère de l’Économie et des Finances, le label ISR permet aux épargnants d’identifier les fonds qui intègrent réellement des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leur gestion. Concrètement, un fonds ne peut porter ce label qu’après un audit réalisé par un organisme certificateur indépendant (Afnor Certification, Deloitte ou EY France), selon un processus strict renouvelé tous les trois ans. C’est ce label qui donne à l’ISR sa lisibilité pour le grand public, en distinguant les fonds véritablement engagés de ceux qui se contentent d’une communication trompeuse.
Pendant plusieurs années, le label a cependant fait l’objet de critiques sévères. Son référentiel, inchangé depuis sa création, laissait trop de latitude aux sociétés de gestion : aucune exclusion sectorielle obligatoire, aucun cadre méthodologique commun, et un seuil de sélectivité jugé insuffisant. Résultat, des fonds exposés à des entreprises pétrolières ou charbonnières pouvaient continuer à afficher le label, alimentant les soupçons d’écoblanchiment (en anglais greenwashing).
C’est pour répondre à ces critiques qu’une réforme en profondeur est entrée en vigueur en mars 2024.
Les changements sont importants : les fonds ISR excluent désormais automatiquement les entreprises qui exploitent du charbon ou des hydrocarbures non conventionnels, ainsi que celles qui lancent de nouveaux projets d’exploration, d’exploitation ou de raffinage d’hydrocarbures.
Le taux de sélectivité, c’est-à-dire la part des moins bonnes valeurs ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) qu’un fonds doit écarter de son univers d’investissement a été relevé de 20 à 30 %. Et à partir de 2026, 15 % des portefeuilles labellisés devront être investis dans des secteurs à fort enjeu climatique, avec des plans de transition alignés sur les Accords de Paris. Un seuil appelé à progresser année après année.
Ce cadre français s’inscrit désormais dans un environnement réglementaire européen plus large. Le règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation), applicable depuis 2021, oblige les gestionnaires de fonds à classer leurs produits selon leur niveau d’ambition : les fonds dits « article 8 » promeuvent des caractéristiques environnementales ou sociales, tandis que les fonds « article 9 » ont pour objectif explicite l’investissement durable. Plus contraignants, ces derniers restent encore minoritaires dans les encours totaux.
L’ISR imprègne progressivement l’ensemble de la gestion financière. Des critères ayant trait à la gouvernance d’entreprise ou à la gestion du risque environnemental, sont aujourd’hui couramment utilisés par la communauté financière. Dans certains pays existent des dispositifs législatifs qui n’obligent pas les investisseurs à faire de l’ISR mais favorisent sa visibilité et son développement.
En France, l’article 173 de la loi sur la transition énergétique du 17 août 2015 oblige les investisseurs institutionnels à publier avec transparence leur intégration des critères ESG.
L’ISR en chiffres
Au 31 décembre 2024 (selon les chiffres de l’AFG), l’Investissement Responsable – au sens de la règlementation européenne dite SFDR – représente en France 2 701 milliards d’euros, en hausse de 15,2 % par rapport à 2023.
En parallèle, les encours dits « responsables » au sens des sociétés de gestion françaises atteignent 1 322 milliards d’euros selon l’AFG, dont 815 milliards dans des fonds portant un label. L’essentiel des encours SFDR reste concentré dans la catégorie article 8, fonds qui promeuvent des caractéristiques ESG tandis que les fonds article 9, dont l’objectif est l’investissement durable, représentent une part encore minoritaire.
Malgré cette progression des encours, l’ISR peine à se faire connaître du grand public : selon une étude du Forum pour l’Investissement Responsable (FIR) publiée en septembre 2024, seuls 18 % des Français déclarent connaître l’investissement responsable, et moins de 3 % sont capables de citer spontanément le label ISR.
Je m’intéresse beaucoup à ces nouvelles problématiques d’investissement socialement responsable, et en cherchant des fonds dans lesquels il pourrait être possible d’investir, j’ai comparé les performances annuelles de ces fonds et pour certains d’entre eux je me suis rendue compte qu’ils n’avaient rien à envier au fonds « traditionnels ». Certains fonds arrivent en effet à une performance d’un peu plus de 10% par an, soit une excellente performance pour des fonds d’investissement dans des actions notamment. Je pense donc que l’investissement socialement responsable est l’avenir, d’autant plus que la législation française (Article 173 de la loi de Transition énergétique pour la croissance verte) récente facilite de plus en cette démarche de clarification de mesure des critères ESG dans les fonds dits ISR. En effet, comme le cite cet article, beaucoup de gouvernements obligent désormais la plupart des sociétés de gestion à publier des reporting extra-financier qui permettent de voir plus clair dans les investissements de ces fonds et pourquoi ils se disent ISR. Lorsque j’ai fait mes recherches, je suis d’ailleurs tombée sur un site qui comme Novethic essayait de recenser la plupart des fonds ISR existant, et dans lesquels des épargnants particuliers pouvaient investir. Ce site est Novafi, portail de la nouvelle finance, voici le lien de leur « comparateur de fonds ISR » : http://novafi.fr/fonds/
Je pense donc qu’il ne faut plus attendre avant d’investir de façon socialement responsable, surtout lorsque l’on pense à l’objectif de la COP 21 qui est de ne pas dépasser les 2°C d’augmentation de la température. Toutes les initiatives sont bonnes à prendre, merci donc pour cet article !