Données sur les salaires et inégalités

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En France, les emplois salariés représentent 90 % des emplois totaux selon l’Insee. Calculer la moyenne des salaires masque souvent les inégalités qui lui sont sous-jacentes.

Salaires : une moyenne trompeuse

Le revenu salarial moyen en France est, en 2015 selon l’INSEE (publication 2019), de 20 540 euros par an, soit 1 711 euros mensuels. Le revenu salarial correspond à la somme de tous les salaires perçus par un individu au cours d’une année donnée, nets de toutes cotisations sociales. Il convient de préciser que nous ne raisonnons pas en équivalent temps plein (EQTP), ce qui veut dire que le temps partiel est intégré dans cette moyenne et qu’il la diminue significativement.

Ce chiffre moyen ne prend pas en compte les écarts qui peuvent exister entre les salariés. Un chiffre médian, lui, peut le faire.

Le revenu salarial médian est de 18 370 euros par an, soit 1 531 euros par mois, ce qui signifie que 50 % des salariés gagnent moins de 1 531 euros par mois et 50 % gagnent davantage.

Si le revenu salarial médian est à ce point inférieur au revenu salarial moyen (180 euros par mois), c’est d’une part, parce que les salariés très riches tirent fortement la moyenne vers le haut et d’autre part, parce qu’une grande partie de la population qui gagne peu tire la médiane vers le bas.

Si la médiane nous informe que de grandes inégalités salariales existent entre Français, elle ne nous dit pas avec quels facteurs sont corrélées ces inégalités.

Des inégalités de salaire nombreuses

Les inégalités de salaire traversent un certain nombre de catégories sociales : le sexe, l’âge, la profession, le type d’emploi et le secteur sont autant de facteurs corrélés à de nettes différences de salaire.

Les différences salariales liées au sexe

Les différences salariales liées au sexe

Les revenus salariaux féminins sont inférieurs de 24 % à ceux des hommes (qui sont supérieurs de 31 % à ceux des femmes).

Les inégalités de salaire résultent du cumul de plusieurs inégalités.

Il y a trois facteurs en tout :

D’abord, les différences de temps de travail : les femmes sont quatre fois plus souvent en temps partiel que les hommes. Quand on calcule en équivalent temps plein (EQTP), ce qui revient à pondérer la différence de temps de travail des emplois partiels et à faire comme si le salaire horaire obtenu était multiplié par des heures correspondant au temps complet, alors l’inégalité salariale entre hommes et femmes se réduit et passe de 24 % à 17,5%. Ce chiffre diminue faiblement mais régulièrement depuis quelques années (il était à 20,1 % en 2009 et de 19,5 % en 2011 selon l’INSEE).

Deuxième facteur, les différences de statut d’emploi : il y a plus d’hommes cadres que de femmes, de qualification et de secteur d’activité (il y a plus d’emplois féminins dans les secteurs relativement moins bien rémunérés à qualification équivalente, comme l’éducation).

Enfin un troisième facteur correspond à la moindre rémunération des femmes pour un même poste occupé. A secteur d’activité, âge, catégorie socioprofessionnelle et condition d’emploi égaux, les femmes gagnent toujours 9 % de moins que les hommes.

Les différences salariales liées à l’âge

Différences salariales liées à l’âge

Les statistiques confirment les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes. Il ne faut pas perdre de vue que les moins de 25 ans sont encore pour une bonne partie d’entre eux en cours d’études. Leur emploi est alors massivement un travail d’appoint à temps partiel. Pour le reste, la principale raison expliquant ces différences réside dans l’expérience professionnelle qui s’acquiert avec l’âge.

L’on note néanmoins qu’à partir de 54 ans, le revenu salarial moyen stagne, voire baisse légèrement. Le « pic » d’une carrière se fait donc en moyenne au début de la cinquantaine.

Les différences salariales liées aux catégories socioprofessionnelles

Différences salariales liées aux catégories socioprofessionnelles

Ces différences de revenu s’expliquent doublement : les écarts de qualification et de niveau d’étude d’une part ; le plus grand nombre de temps partiels pour les employés d’autre part.

Les différences de revenu salarial liées à la qualité de l’emploi (temps plein ou temps partiel)

Différences de revenu salarial liées à la qualité de l’emploi

La différence de rémunération est radicale entre ces deux types d’emploi. Cet écart déteint sur d’autres catégories, puisque les femmes, les jeunes, les salariés du secteur privé et les employés sont les plus nombreux à avoir des emplois en temps partiel.

L’inégalité de revenu salarial corrélée au niveau de diplôme

Inégalité de revenu salarial corrélée au niveau de diplôme

Le niveau de salaire est proportionnel au niveau de diplôme.

Il convient toutefois de noter que cette différence s’accentue dans les extrêmes : la différence de revenu salarial entre un « Bac +2 » et un diplôme supérieur  est en moyenne de 953 euros par mois, ce qui est largement supérieur à la différence entre un diplôme de CAP ou BEP  et un « Bac + 2 » (qui est de 615 euros en moyenne).

L’inégalité de revenu salarial entre secteur public et secteur privé

Inégalité de revenu salarial entre secteur public et secteur privé

Cet écart de 186 euros de revenu salarial moyen en faveur des salariés du secteur public s’explique par la conjugaison de deux éléments :

  • Une plus grande stabilité et une durée moyenne supérieure des emplois dans la fonction publique.
  • La population des cadres dans la fonction publique (la catégorie A) représente près du tiers des effectifs, alors qu’elle ne concerne qu’un salarié sur six dans le secteur privé.

 

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