Hautes rémunérations en France

Comment les hautes rémunérations ont-elles évolué ?

Jusqu’à présent, peu d’études se sont intéressées à l’évolution des hautes rémunérations au cours de ces dix dernières années ou davantage. Néanmoins, deux principales peuvent être citées :

L’une des raisons : la rareté des données ou la difficulté de leur retraitement.

Pour étudier l’évolution des hauts revenus, il faut tout d’abord s’intéresser à l’évolution du revenu moyen, voire à celle de l’ensemble des catégories de revenus. En effet, il s’agit dans ce cas de raisonner non pas en terme absolu mais en terme relatif.

Pour se faire, la plupart des études s’appuient sur une répartition en déciles voire, en centiles des revenus. En les classant par ordre croissant puis en les regroupant dans des échantillons de taille égale, on peut obtenir l’évolution du premier décile, soit des 10 % des revenus les plus faibles, des suivants et enfin des 10 % des revenus les plus élevés. En centiles, on obtient l’évolution des 0,01 % des revenus les plus faibles jusqu’à celle des 0,01 % des revenus les plus élevés.

Le revenu moyen des 0,01 % des ménages les plus riches a augmenté de 63,7 % entre 1998 et 2006 contre 12,4 % pour 90 % des ménages français

Evolution du revenu réel moyen de différents fractiles de revenus

Force est de constater que le revenu moyen du premier groupe P0-90 (soit les neufs premiers déciles) a presque stagné entre 1998 et 2006 contrairement au dernier centile (P99-100) qui lui a progressé de 26,9 %. Cette évolution est d’autant plus remarquable pour les 0,01 % des ménages les plus riches (P99,99-100). Leur revenu réel a en moyenne progressé de près de 63,7 % sur la même période.

La même analyse est reproduite concernant l’évolution du salaire réel moyen. Là encore, de fortes disparités apparaissent entre les différentes classes : le salaire réel moyen des 0,01 % des ménages les plus riches a progressé de 68,9 % entre 1998 et 2006 contre 0,9 % pour 90 % des ménages français.

Le capital (dividendes, intérêts, rentes…) représente 53 % du revenu des 0,01 % des ménages les plus riches contre moins de 5 % pour 90 % des ménages français

En France, les hautes rémunérations sont principalement composées par des sources de revenus tirées du capital (dividendes, intérêts, rentes, stock- options, etc.). Selon Camille Landais, cette dimension explique en partie la forte progression du revenu réel moyen des 0,01 % les plus riches étant donné la croissance des revenus du capital (30,7 %) comparée à celle des salaires (5,3 %) sur la période d’étude considérée (1998 - 2005).

Composition du revenu de différentes classes

D’autre part, la forte progression du revenu moyen des 0,01 % des ménages français les plus riches s’explique également par l’évolution de la part du salaire dans le revenu moyen. En 1996, le salaire représentait 20 % du revenu total des 0,01 % des ménages les plus riches contre presque 30 % dix ans plus tard. A ce titre, Camille Landais précise que les données relatives au salaire en France n’intègrent pas les stock-options. Aussi, on peut légitiment penser qu’une fois inclus, la part du salaire dans le revenu total serait d’autant plus conséquente voire équivalente à celle observée dans les pays anglo-saxons : 50 % selon l’auteur.

Créé le 17 mai 2013 - Dernière mise à jour le 17 mai 2013
© IEFP – la finance pour tous
 
0 commentaire(s)  
Votre commentaire sera publié dès sa validation par l’équipe de lafinancepourtous.com.
 
institut pour l'éducation financière du public

lettre d’information MENSUELLE - ABONNEZ-VOUS !