Une situation économique peu favorable
La note de l’Insee, intitulée « Vigilance orange sur la croissance », publiée le 10 septembre dernier, décrypte avec précision les grandes tendances économiques en cours. Selon l’Institut, la croissance française est évaluée à 0,4 % du PIB au lieu de 0,7 % selon les projections précédentes.
Cette nouvelle prévision démontre un ralentissement net de l’accroissement de la richesse dans le pays, y compris par rapport à la croissance de 2025 qui était alors située autour de 0,9 %. « En France, l’activité a fait du surplace au deuxième trimestre 2026 après avoir reculé à l’hiver. », – 0,2 % au premier trimestre 0 % au printemps, souligne l’Insee.
Pour le troisième trimestre, l’Insee prévoit 0,1 % de croissance, et 0,2 % pour le dernier trimestre de l’année 2026. Rien de très miraculeux en somme.
La France fait par ailleurs moins bien que ses partenaires européens : « à rebours de ses voisins » déclare Dorian Roucher, responsable du département de la conjoncture. Dans un contexte international équivalent, l’Allemagne aurait une croissance de 1 %, l’Espagne de 2,6 % et l’Italie de 0,9 %.
Comment expliquer la situation économique de la France ?
Plusieurs facteurs peuvent être mobilisés :
- L’impact de la crise climatique à l’été 2026, qui aurait coûté 0,1 point de croissance annuelle principalement en raison de la baisse de la production agricole,
- La stagnation du marché du BTP, pourvoyeur traditionnel de croissance dans l’Hexagone,
- La dégradation du marché de l’emploi : hausse du chômage, salaires peu dynamiques,
- Le poids du déficit public, qui dépasse 5 % du PIB.
Une hausse de l’inflation
Selon l’Insee, l’inflation, qui a atteint 2,4 % en août, continuerait d’augmenter pour se situer à 2,9 % en fin d’année. En conséquence, le pouvoir d’achat des ménages reculerait de 0,4 % sur l’année.
Quant à la consommation, elle ralentirait (+0,3 % sur l’année) dans la mouvance des années précédentes. Cette tendance baissière s’expliquerait par le retour de l’inflation (renchérissement de l’énergie, de certains biens de consommation…) et une baisse de l’emploi salarié, qui affecterait une large partie de la population.
Un retour du chômage
Le chômage français poursuit sa remontée depuis 2023 et attendrait 8,6 % à fin 2026. Ce qui exclut, a priori, tout retour au plein-emploi dans les mois à venir.
À titre de comparaison, l’Espagne verrait son taux de chômage reculer (moins de 10 % contre plus de 13 % au premier trimestre 2022) grâce à une envolée des créations d’emplois. En Allemagne, le taux devrait se stabiliser (4 %) et pour l’Italie, il se rapprocherait des 5 %.