Besoin en fonds de roulement : définition et intérêts

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Le besoin en fonds de roulement (BFR) désigne la somme dont a besoin une entreprise pour financer son exploitation. Il s’agit donc d’un indicateur financier important dans la gestion des entreprises. Comment le calcule-t-on ? Comment l’interprète-t-on ? Réponses.

Définition du besoin en fonds de roulement

Toute entreprise fait face à un décalage entre le moment où elle débourse les fonds nécessaires à son activité et le moment où elle reçoit les recettes liées à la vente de ses biens ou services. Ce décalage entre les flux de trésorerie liés aux décaissements (les dépenses de l’entreprise) et ceux liés aux encaissements (ses recettes) est ce que l’on appelle le besoin en fonds de roulement (BFR). En d’autres termes, c’est la somme d’argent nécessaire à l’entreprise pour financer ses opérations courantes, à savoir son cycle d’exploitation.

Prenons le cas, par exemple, d’un boulanger qui produit et commercialise du pain. Ce boulanger doit payer ses fournisseurs, de farine par exemple, immédiatement. Il aura donc décaissé de la trésorerie avant même de pouvoir commercialiser son pain. S’il ne dispose d’aucune ressource préalable, il ne pourra pas mettre en œuvre son activité. Celle-ci est consommatrice de trésorerie : on dit que le boulanger a un besoin en fonds de roulement.

Prenons l’exemple, à l’opposé, d’une entreprise de construction qui signe un contrat avec un acompte important à la commande. Avant même d’avoir démarré son chantier, l’entreprise bénéficiera d’un excédent de trésorerie. On parle dans ce cas d’un besoin en fonds de roulement négatif ou d’une capacité en fonds de roulement.

Il ne faut pas confondre le besoin en fonds de roulement avec le fonds de roulement. 

Tandis que le besoin en fonds de roulement fait référence au financement du cycle d’exploitation d’une entreprise (à court terme), le fonds de roulement représente, quant à lui, les sommes nécessaires pour le financement des activités de l’entreprise à moyen et long terme.

Calcul du besoin de fonds de roulement

Le calcul du besoin en fonds de roulement s’effectue à partir des données du bilan comptable. De façon simplifiée, il est égal à la différence entre l’actif circulant, c’est-à-dire les actifs non immobilisés, et le passif circulant, à savoir l’ensemble des dettes à court terme de l’entreprise (dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales, etc.).

BFR = Actif Circulant Passif Circulant

De manière plus détaillée, il est donné par la relation suivante :

BFR = Stocks + Créances clients Dettes fournisseurs et sociales

En effet, l’entreprise doit financer ses stocks et le crédit qu’elle accorde à ses clients nets du crédit octroyé par ses fournisseurs.

Prenons l’exemple d’une entreprise qui possède à un moment donné de son cycle d’exploitation des actifs circulants et des passifs circulants comme suit :

 

Actif circulant

280

Stocks

200

Créances Clients

80

Passif circulant

90

Dettes Fournisseurs

50

Dettes Sociales

40

BFR

190

 

BFR=200+80−(50+40)=190

Cette entreprise présente alors un besoin en fonds de roulement positif de 190.

Le besoin en fonds de roulement est exprimé en valeur nominale, c’est-à-dire en euros. Afin de prendre en compte les différences de taille entre entreprises, il peut également être rapporté à l’activité de l’entreprise. Ce ratio est alors exprimé en jours de chiffre d’affaires :

BFR (en jours de CA) = (BFR/360) X Chiffre d’affaires

Par exemple, un BFR égal à 20 % du chiffre d’affaires, signifie que l’entreprise utilise 20 % de son chiffre d’affaires pour financer ses opérations courantes, soit 71 jours de chiffre d’affaires.

Interprétation du signe du besoin de fonds de roulement

Le besoin en fonds de roulement peut être :

  • positif : ce qui indique que l’entreprise fait face à un besoin de financement à court terme, les emplois étant supérieurs aux ressources.
  • nul : dans ce cas, l’activité de l’entreprise s’autofinance, elle n’a nul besoin de financement mais ne génère pas non plus d’excèdent de trésorerie.
  • négatif : lorsque l’activité génère un surplus de trésorerie, l’entreprise engendre alors une capacité de financement. Généralement les entreprises ont un BFR positif mais il peut arriver que celui-ci soit négatif. C’est le cas notamment pour la grande distribution (qui reçoit les paiements de ses clients avant de payer ses fournisseurs).

Le besoin en fonds de roulement est propre à chaque secteur d’activité et est propre à chaque entreprise au sein des secteurs. Ainsi, c’est son analyse dynamique qui est pertinente. Elle peut notamment amener l’entreprise à entreprendre des actions en amont pour éviter toute difficulté. Ces actions peuvent porter sur les variables suivantes :

  • délai de rotation des stocks,
  • délai de paiement fournisseurs,
  • délai de règlement clients,
  • niveau de l’activité

Intérêts de l’indicateur de besoin en fonds de roulement

Le besoin en fonds de roulement est un indicateur important qui permet de juger de la santé financière de l’entreprise et qui apporte une information précieuse pour la gestion de la trésorerie. Paramètre important de la compétitivité des entreprises, le besoin de fonds de roulement mesure le degré d’autonomie financière à court terme de l’entreprise pour financer son cycle d’exploitation.

Lorsqu’une entreprise présente un besoin en fonds de roulement positif important, cela signifie qu’elle manque de trésorerie, ce qui peut s’avérer coûteux. A contrario, lorsqu’une entreprise a un besoin en fonds de roulement négatif, l’excédent de trésorerie rémunéré contribue à la réduction de son coût de production ou peut lui permettre d’investir.

Une entreprise en forte croissance peut voir son besoin de fonds de roulement augmenter rapidement. Elle devra alors s’assurer de pouvoir se procurer la trésorerie nécessaire à la poursuite de son développement.

Une entreprise en perte de vitesse peut voir son besoin de fonds de roulement paradoxalement augmenter dans un premier temps car les délais de règlement clients peuvent s’allonger et le niveau des stocks peut augmenter en lien avec la baisse de la demande. Il faudra donc veiller à ce que l’évolution du BFR s’aligne sur celle de l’activité de l’entreprise.

L’évolution du besoin en fonds de roulement est scrutée de près par les entreprises. Pour l’optimiser, elles peuvent mettre en œuvre un certain nombre d’actions.

Le besoin en fonds de roulement apporte également une information sur les rapports de force existant entre l’entreprise, ses clients et ses fournisseurs. Il révèle le positionnement stratégique de l’entreprise.

Évolution des besoins en fonds de roulement pendant la crise du COVID-19

Comme les autres acteurs économiques, les entreprises ont subi divers bouleversements depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19.

L’un d’eux est la détérioration (c’est-à-dire l’augmentation) de leur besoin en fonds de roulement. La réduction de l’activité économique et la baisse de la demande ont, en effet, contribué à réduire le revenu des entreprises, augmenter le niveau des stocks ainsi que les délais de règlements.

Selon une étude de l’assureur-crédit Euler Hermes, le besoin en fonds de roulement des entreprises, mesuré en jours de chiffre d’affaires, a ainsi augmenté, à l’échelle mondiale, de 5 jours en 2020 et a atteint 74 jours en moyenne. L’étude note, de plus, une augmentation de 3 jours de chiffre d’affaires pour le BFR des entreprises françaises, qui était de 69 jours en moyenne en 2020.

Pour expliquer cette évolution à l’échelle mondiale en 2020, l’étude pointe deux facteurs importants dans ce processus :

  • une augmentation de 2 jours du délai moyen de paiement des clients ;
  • une augmentation de 3 jours du nombre moyen de jours pendant laquelle une entreprise stocke sa marchandise avant de la vendre.

Cette détérioration du BFR n’a pas affecté les secteurs d’activité de manière homogène. Ce sont les secteurs des transports, de l’automobile, du textile et de la distribution non-alimentaire qui sont les plus à risque indique l’assureur. Les entreprises de ces secteurs sont exposées à des risques de liquidité pouvant compromettre leur développement et leur croissance.

L’augmentation du besoin en fonds de roulement liée aux crises économiques peut mettre en péril la situation financière des entreprises. Celles-ci doivent, en effet, trouver des sources de financement dans un contexte économique défavorable et peuvent être amenées à réduire leurs investissements.

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