14 avril 2021 : mort de Bernard Madoff, « l’escroc du siècle »

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À l’origine de la plus grande escroquerie financière du XXe siècle, l’homme d’affaires américain Bernard Madoff est mort mercredi 14 avril. Retour sur les pratiques frauduleuses qui l’ont rendu tristement célèbre, connues notamment sous le nom de pyramide de Ponzi.

Pyramide de Ponzi

Ancien gestionnaire de fortune, Bernard Madoff, connu pour être « l’escroc du siècle », pour reprendre le titre d’un roman de Paul-Loup Sulitzer consacré au personnage, est mort mercredi 14 avril. Si le montant de l’escroquerie mise sur pied par Madoff n’est pas connu avec précision, celle-ci pourrait porter sur près de 65 milliards de dollars, soit près de 0,5 % du produit intérieur brut (PIB) américain. Arrêté en 2008, Madoff a été condamné, l’année suivante, à la peine maximale pour ce type de fraude, soit 150 années de prison. Il est donc mort en prison.

En tant que telle, l’escroquerie mise sur pied par Madoff n’a rien de nouveau. Connue sous le nom de « système pyramidal », on la retrouve au début du XXe siècle en France avec les fraudes commises par Henri Rochette et surtout dans les années 1920 à Boston avec les pratiques de Charles Ponzi. Ce dernier donnera d’ailleurs son nom à ce type de fraude, le plus souvent désigné sous l’appellation « pyramide de Ponzi ».

En matière financière, le principe de la pyramide de Ponzi est relativement simple : les intérêts élevés promis aux investisseurs sont directement prélevés sur les souscriptions de nouveaux participants. La supercherie éclate, généralement, lorsque le gestionnaire des fonds ne parvient plus à attirer de nouveaux investisseurs et donc à rémunérer les clients de la première heure.

Ascension et chute du système Madoff

Selon ses dires, Madoff débute sa fraude au début des années 1990. À travers son fonds d’investissement, Bernard L. Madoff Investment Securities LLC, il ne travaille directement qu’avec une poignée de clients, composés de banques, de gestionnaires de fortune ou encore de richissimes particuliers. Au plus fort de son activité, ce fonds aurait géré jusqu’à 17 milliards de dollars et versé des rémunérations dépassant 15 % par an.

La pyramide de Ponzi mise en place par Madoff s’effondre fin 2008. En conséquence de la crise des subprimes, le fonds d’investissement fait face à des demandes de retrait colossales. Alors qu’il ne dispose que de 1 milliard de dollars en banque, ses clients lui réclament près de 7 milliards de dollars. Madoff est alors rapidement arrêté.

Affaire Madoff : des victimes célèbres

Parmi les clients floués par le fonds d’investissement géré par Madoff, se trouvent, directement ou indirectement, de nombreuses personnalités issues d’horizons variés : l’acteur de cinéma John Malkovich, Liliane Bettencourt, Steven Spielberg… ainsi que des établissements bancaires comme BNP Paribas, HSBC ou encore Santander.

Outre son ampleur, la fraude de Madoff interpelle par sa durée. Sans le déclenchement d’une crise en 2008, le fonds d’investissement aurait sans doute pu perpétuer ses activités. Deux facteurs entrent en jeu pour rendre compte de cette longévité. Madoff était, tout d’abord, un financier connu des milieux de Wall Street et respecté. Entre 1990 et 1993, on le retrouve même à la tête du Nasdaq, l’une des deux principales bourses new-yorkaises. Cette connaissance des milieux financiers lui permet également de dissimuler sa fraude aux yeux de tous. Ainsi, lorsque le gendarme de la bourse américain, la SEC, contrôle les livres de comptes en 2006, il n’y trouve rien à redire. Deuxième facteur explicatif : Madoff conservait une activité, légale et lucrative, portant sur la négociation de titres financiers non cotés, ce qui lui a permis de ne pas dépendre uniquement de son fonds d’investissement.

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