Un principe de solidarité et d’utilité sociale

la finance pour tous

L’économie sociale et solidaire est un ensemble hétérogène au croisement de deux concepts :

  • l’économie sociale, étroitement liée à la naissance et au développement du mouvement coopératif et mutualiste ;

  • l’économie solidaire, plus récente, qui se caractérise par le recherche de nouveaux modes  de régulation visant à corriger les  conséquences négatives  de nos façons de produire sur l’environnement (pollutions, inégalités sociales…).

L’originalité de l’ESS est donc de se définir comme « un secteur porteur de valeurs fortes« , fondé sur  des principes d’utilité sociale, de solidarité et d’altruisme, s’opposant ainsi au modèle économique traditionnel, basé sur la seule recherche du profit et de la rentabilité.

Ceci étant, cette recherche de solidarité et de modes de gestion plus participatifs est une préoccupation ancienne que l’on retrouve par exemple dans la doctrine sociale de l’Eglise ou dans les projets des économistes utopistes du 19ème siècle. Ce qui est plus nouveau est que ce souci d’une « autre façon d’entreprendre » constitue  désormais un véritable moteur de développement économique et de créations d’emplois.

Une économie qui compte

Les chiffres clés de l’économie sociale et solidaire :

  • 10 % du PIB                 

  • 10,3 % de l’emploi  (plus de 2,3 millions de salariés)                              

  • 222 900 établissements employeurs

  • 60 milliards d’euros de rémunérations brutes versées

Une économie qui a du sens

L’économie sociale et solidaire a des valeurs qui la distinguent des entreprises classiques  :

  • la liberté d’adhésion: chaque personne (individuelle ou personne morale) a la possibilité d’adhérer ou non au sein d’une organisation de l’économie sociale et solidaire.

  • La gestion est collective, participative et démocratique: les dirigeants sont élus et les décisions sont prises selon le principe coopératif: une personne égale une voix, que ce soit en assemblée générale ou en conseil d’administration. L’élection des dirigeants leur confère une forte légitimité.

  • La lucrativité est absente ou limitée : la majorité des excédents doit être réinvestie dans le projet social et sociétal de l’entreprise. En pratique, les fonds propres constitués sont impartageables.

  • Les décisions  sont prises selon des  principes de solidarité , de responsabilité, et toujours dans le cadre d’une démarche de développement durable.

Banques mutualistes et coopératives

Dans le monde de la banque, les termes « mutualiste » et « coopérative » sont devenus synonymes. Autrement dit, les banques mutualistes fonctionnent comme les banques coopératives, avec un capital détenu sous forme de parts sociales (et non d’actions).

Le client d’une banque mutualiste se voit proposer des parts sociales (on peut les lui imposer dans certains établissements) grâce auxquelles il pourra participer aux décisions et orientations stratégiques de sa banque en votant lors des assemblées générales des caisses locales.

Les parts sociales de caisses locales fonctionnent selon le principe « un homme, une voix », le plus petit sociétaire ayant autant de pouvoir que le plus gros (alors que dans une société anonyme, le poids de l’actionnaire est fonction du nombre d’actions qu’il détient). Les caisses locales sont elles-mêmes sociétaires des caisses régionales. S’agissant par exemple du Crédit Agricole ou du groupe Banques Populaires Caisses d’Epargne (BPCE), ce sont les caisses locales qui détiennent tout ou partie de l’organe central, que celui-ci soit coté (cas de Crédit Agricole SA) ou non (BPCE).

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