Le niveau de vie des retraités

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Aujourd’hui supérieur de 6 % à celui des actifs, le niveau de vie des retraités devrait refluer à partir de 2020. A l’horizon 2040, il ne représentera plus que 95,2 % du niveau de vie des actifs. Les veuves et les divorcées sont les plus atteintes par ce phénomène. Retour sur les anticipations du COR.

Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a pour mission de décrire les évolutions et les perspectives à moyen et long terme des régimes de retraite obligatoires et d’apprécier les conditions requises pour assurer la viabilité financière à terme de ces régimes. Mais la loi lui confie également la tâche de suivre l’ensemble des indicateurs concernant la situation des retraités.

A ce titre, il se penche sur la question du niveau de vie des Français retraités. 

Ses travaux montrent que celui-ci varie selon la situation familiale des intéressés et que la tendance est à l’appauvrissement relatif des retraités.

Une tendance à l’appauvrissement relatif des retraités

Taux de remplacement en baisse et niveau de vie qui commence à baisser par rapport aux actifs.

Taux de remplacement en baisse 

Les experts du COR notent que, pour le cas type d’un couple avec deux enfants dans lequel chaque conjoint suit une carrière de salarié non cadre, les revenus baissent lors du passage à la retraite. Toutefois, si le taux de remplacement du salaire net de fin de carrière par rapport à la pension de retraite s’inscrit en baisse sur longue période (80,5 % pour un salarié non cadre né en 1940 mais seulement 67,3 % pour celui qui est né en 1980), le niveau de vie à la retraite, en l’absence d’enfants à charge, est supérieur en euros constants au niveau de vie atteint vers l’âge de 45 ans alors que les enfants font encore partie du foyer.

Baisse de la pension moyenne 

Le COR précise que la principale raison qui explique la dégradation programmée du niveau de vie relatif des retraités tient à la baisse de la pension nette moyenne, qui va chuter par rapport au revenu net moyen du fait de l’indexation des pensions sur l’inflation, alors que les salaires – eux –  croissent plus vite que les prix. Ainsi, dans le scenario médian du COR, la pension nette moyenne représenterait moins de 56,5 % des revenus d’activité nets en 2040, alors que ce rapport s’établissait à 66,1 % en 2015.

Quant au sentiment d’aisance financière, les experts du COR relèvent qu’il s’améliore entre l’âge de 45 ans et le début de la retraite et qu’en moyenne en 2011, les retraités se déclarent aussi souvent à l’aise et moins souvent en difficulté financière que les autres ménages. Cependant, ce sentiment d’amélioration de l’aisance financière lors du passage à la retraite était plus marqué pour les générations parties à la retraite dans les années 1980 que pour celles parties récemment.

Baisse du niveau de vie des retraités par rapport aux actifs 

Dans son rapport annuel 2017, le COR mentionne le fait que le niveau de vie moyen des retraités n’a cessé de croître  depuis 1996 pour atteindre 106 % de celui des actifs en 2014. Toutefois, la tendance sera à l’inversion dès 2020 et le niveau de vie moyen des retraités ne devrait plus représenter que 95,2 % de celui des actifs en 2040.

Le niveau de vie des retraités varie selon leur situation familiale

Du fait de l’arrivée à la retraite des premières générations issues du baby-boom d’après-guerre – dont le taux de divorce est plus élevé que celui des générations précédentes – la proportion de retraités vivant seuls suite à un divorce a doublé entre 1996 et 2013, passant de 4,8 % à 9,6 %.

Inégalités Hommes/Femmes

Par rapport au niveau de vie des retraités en couple, celui des femmes divorcées est inférieur de 24 % et celui des hommes divorcés de 17 %. De même, le taux de pauvreté des femmes divorcées atteint 19,6 % et celui des hommes divorcés 13,4 %, alors qu’il n’est que de 6 % pour les couples retraités.

Par ailleurs, si en raison de l’allongement de l’espérance de vie, la proportion de veuves et de veufs tend à diminuer, le niveau de vie moyen de ceux-ci est inférieur à celui des retraités en couple malgré les pensions de réversion, notamment parce que veuves et veufs appartiennent principalement à d’anciennes générations moins aisées que les suivantes.

Les retraites par capitalisation, source supplémentaire d’inégalités

Pour combler la perte du pouvoir d’achat des retraités, des systèmes de retraites supplémentaires par capitalisation (art.83, art. 39) ont vu le jour. Elles sont souscrites par les entreprises mais sans aucune obligation ce qui pourrait faire apparaitre à terme des inégalités plus fortes parmi futurs retraités. En effet, ces outils d’épargne bénéficient aujourd’hui majoritairement aux salariés des grandes entreprises qui sont 34 % à avoir souscrit à ces dispositifs contre 10 % pour les entreprises entre 10 et 49 salariés.

 

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