Les placements des Français

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Les Français sont plutôt « fourmis » en ce sens qu’ils épargnent plus que les habitants des autres pays développés. Nous faisons un tour d’horizons des principaux placements des ménages Français.

L’immobilier, poids lourd des placements des Français

L’investissement immobilier occupe une place majeure dans les investissements des Français. Entre 2001 et 2008, le taux d’épargne en logement, c’est-à-dire le rapport entre l’investissement en logement des ménages et leur revenu disponible brut, n’a cessé d’augmenter. En 2007 et en 2008, les ménages accordaient plus de 10 % de leur revenu disponible à l’acquisition d’un logement. Depuis le taux d’investissement en logement a reculé jusqu’en 2015 puis a légèrement augmenté depuis%.

La part du revenu disponible consacrée à l’épargne financière est toujours inférieure au taux d’épargne en logement.

Taux d'épargne des ménages en France

Pendant les 30 glorieuses, les Français épargnaient une large partie de leur revenu disponible.
En 1978, plus de 22 % du revenu disponible sont consacrés à l’épargne.
Après le second choc pétrolier de 1979, le taux d’épargne chute brutalement.
En 1987, il atteint son niveau le plus faible : 11,1 %. Cela s’explique par l’inflation très forte : les Français préfèrent emprunter pour acquérir des biens durables. Le krach boursier de 1987 concourt aussi à cette situation. En effet, c’est surtout le taux d’épargne financière qui chute à cette période. Le taux d’investissement en logement a seulement ralenti.

Il faut attendre 1991 et la crise économique pour que les Français reprennent le chemin de l’épargne.

Depuis 1995, le taux d’épargne se stabilise et oscille aux alentours de 15 et 16 %.

Les placements financiers

Les placements financiers des ménages français sont eux aussi importants. Au quatrième trimestre 2018, l’encours  total de l’épargne financière s’élève à 5 001 milliards d’euros, soit 2 fois le PIB de la France !

Encours et flux de placements financiers des ménages en 2018

 

Encours au T4 2018

En % du total

Flux nets annuels

Principaux placements financiers

5 001,7

100

113,7

Produits de taux

3 253,9

65

87,4

Numéraire et dépôts à vue

560,7

11,2

38,4

Dépôts bancaires rémunérés

998,3

19,9

29

OPC monétaire

6,9

0,1

-1,3

Assurance-vie en euros

1 570,1

31,4

23,9

Créances détenues directement

46

0,9

-4,7

Créances détenues indirectement

71,9

1,6

-11,7

Produits de fonds propres

1653,4

33,1

17

Actions cotées

245,9

5

-1,4

Actions non-cotées

969,9

19,4

15,8

Assurance-vie en UC

343,1

6,9

17

OPC

94,5

1,9

-15,8

Autre

94,4

1,9

9,3

En milliards d’euros / source : Banque de France

Les flux nets représentent la différence entre les nouveaux apports et les retraits réalisés au cours de l’année. Les Français sont des épargnants très prudents : ils consacrent près de 90 % de leur flux d’épargne aux actifs non risqués. Les placements en assurance-vie en euros  sont de loin les plus recherchés (38 % des flux d’épargne en 2018).

Encore relativement peu de placements en actions

Les placements en actions cotées restent le parent pauvre. Ils ne représentent que 5 % des encours d’épargne financière des Français en 2018. Selon l’institut de sondage TNS Sofres, le taux de détention d’actions continue de baisser. Il se situait en mars 2015 à 6,6 % de la population française de 15 ans et plus, contre 7,3 % en mars 2014, 8 % en mars 2013 et 13 % en 2009.

On peut donc estimer le nombre de Français détenant des actions en 2015 en direct à environ 3,3 millions.

Parallèlement, sur la même période, le taux de détention de FCP et de SICAV est passé de 9 % à 5,8 % et celui des obligations de 4,4 % à 1,7 %.

Au total, le taux de détention de valeurs mobilières (actions, obligations, placements collectifs) est passé de 18,2 % à 10,9 % entre 2009 et 2015.

Si près de 93 % des ménages possèdent au moins un livret A,  à l’inverse les placements directs en actions des ménages français restent faibles. Mais la détention indirecte d’actions, via des fonds collectifs investis en actions, a tendance à augmenter, notamment au travers des contrats d’assurance-vie en unités de compte, de l’épargne salariale et de l’épargne retraite.

Assurance vie, le placement financier privilégié

Ces dernières années, le placement financier qui attire le plus est l’assurance vie. Il l’emporte, y compris sur les dépôts et les livrets. Cette évolution reflète non seulement un moindre intérêt pour les placements monétaires, moins rémunérateurs du fait de la baisse des taux d’intérêt, mais aussi l’effet de mesures d’incitations fiscales relatives à l’assurance-vie.

Au quatrième trimestre 2018, les ménages détenaient environ 1 913 milliards d’euros en assurance-vie (en euros ou en unités de compte), soit un peu plus de 38 % du total de leur encours d’épargne financière.

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