Fiscalité n’est pas raison

la finance pour tous

Le comportement d’épargne des Français est loin d’être optimal. Les Français affectent une part beaucoup trop faible de leur épargne financière aux actions. Du coup, l’épargne est moins bien rémunérée. Et les entreprises françaises doivent se tourner davantage vers des investisseurs étrangers.

Deux raisons majeures à cela

  • La première : les produits sans risque (livrets, obligations, assurance-vie en euro) bénéficient d’avantages fiscaux importants et finalement plus incitatifs. La seconde : la plus grande partie des épargnants ne sont pas concernés par d’éventuels avantages fiscaux sur les actions.

    Résultat, selon une étude du Ministère de l’Economie publiée en décembre 2005) (Influence de la fiscalité sur les comportements d’épargne. DGTPE –Diagnostics Prévisions et Analyses Economiques), les épargnants peu enclins à prendre des risques avec leur épargne « sont incités à détenir moins d’actions, et deux fois trop de liquidités par rapport à un portefeuille optimal ». Et les épargnants prêts à prendre des risques « sont conduits sous l’influence de la fiscalité à saturer leur PEA jusqu’au plafond de 132 000 €. Au-delà, la fiscalité devient relativement dissuasive et les conduit à détenir deux fois moins d’actions et à se reporter sur des contrats d’assurance vie en unité de comptes relativement peu diversifiés en actions, en cherchant à profiter des abattements dont bénéficient ces contrats ».

    Depuis 2005, la situation n’a pas foncièrement évolué et les Français délaissent toujours les actions relativement aux autres placements. En effet, entre 2005 et 2016, le numéraire et les dépôts des ménages ont augmenté d’environ 50 %, tout comme les actions et titres d’OPC qu’ils détiennent.

  • L’étude du Ministère de l’Economie souligne une autre cause : les épargnants et les distributeurs de produits d’épargne sont trop focalisés sur le seul argument fiscal : « Les ménages, comme les institutions commercialisant les produits d’épargne, se focalisent sur les avantages fiscaux de ces produits, leurs caractéristiques en termes de rendement, de risque et de frais de gestion passant au second plan ». Avec pour conséquence de risquer de perdre plus sur le rendement de l’épargne que ce qu’on gagne en avantage fiscal. Voire même de prendre un produit dont l’avantage fiscal ne correspond pas à sa situation personnelle.

Conclusion

N’ayez pas l’œil rivé sur la seule dimension fiscale de votre placement. Demandez à votre banquier, votre assureur ou votre conseiller une information complète sur toutes les dimensions de vos placements.

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