Au moment de choisir sa formule d’épargne, comment tenir compte de la fiscalité ?

la finance pour tous

Etre attentif à la fiscalité de ses placements ne signifie pas faire passer la fiscalité au premier plan dans ses choix patrimoniaux. Le cheminement doit être inverse. Il est essentiel de sélectionner tout d’abord une orientation (immobilier, investissement dans le non-coté…) avant de l’appréhender éventuellement dans un cadre fiscal avantageux.

Faire ses calculs

Avant de s’engager dans un investissement attrayant sur le plan fiscal, s’assurer que l’opération est réellement rentable, c’est-à-dire que le gain effectué grâce au régime fiscal n’est pas inférieur aux frais engendrés par une telle opération ni au différentiel de rendement entre celui offert par le produit sélectionné et celui habituellement fourni sur la classe d’actifs concernée. 

Choisir entre PFU ou PFL et intégration dans le revenu imposable

Pour la plupart des revenus et plus-values mobiliers, le contribuable est par défaut imposé au prélèvement forfaitaire unique (PFU) mais il peut opter pour l’intégration de ces revenus dans le montant de son revenu imposable. Il doit donc comparer son taux marginal d’imposition sur le revenu et le taux applicable en cas de prélèvement libératoire.

Les règles du « jeu » changent régulièrement. Elles avaient changé en 2013, elles ont à nouveau changé en 2017 à compter du 1er janvier 2018… Pour tout connaître de la fiscalité des placements, consultez notre dossier impôts.

L’assurance vie continue d’avoir un régime particulier.

Pour  les retraits correspondant à des primes postérieures au 27/09/2017, le choix est entre le PFU et l’imposition au barème. Mais pour les retraits correspondant aux primes versées antérieurement, le choix est entre le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) et l’imposition au barème.

Ne pas confondre optimisation fiscale et défiscalisation

L’optimisation fiscale consiste à organiser son patrimoine et à sélectionner les modes de détention les plus favorables. Si vous achetez des actions par exemple, vous pouvez effectuer vos opérations sur un compte-titres « ordinaire », et vos plus-values seront globalement fortement taxées. A l’inverse, si vous gérez vos actions au sein d’un PEA la fiscalité peut s’avérer très avantageuse puisqu’elle sera réduite aux prélèvements sociaux (17,2 %). Le PEA, tout comme l’assurance vie, figure au nombre des enveloppes fiscales offrant un cadre avantageux en matière d’imposition des gains en contrepartie d’une durée de placement de moyen-long terme.

Les opérations de défiscalisation correspondent à l’achat d’un produit dans le but de bénéficier d’un avantage fiscal qui impacte directement votre impôt sur le revenu. Il s’agit d’investissements qui donnent droit à une réduction de votre montant imposable sur une ou plusieurs années ou d’une déduction directement sur vos impôts. Et c’est souvent pour ce type de produits que le bât blesse : encore trop d’épargnants s’intéressent davantage à la réduction de leur note fiscale qu’au support d’investissement en lui-même. On a même vu des contribuables opter pour ces « niches fiscales » alors qu’ils ne payaient pas d’impôts sur le revenu !

Les principaux supports pour optimiser sa fiscalité

Livrets

Certains livrets d’épargne bénéficient d’une fiscalité très attractive. Effectivement, les intérêts perçus sont totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux mais les dépôts sont en général plafonnés. Il s’agit des livrets réglementés par l’État. Un épargnant ne peut détenir deux livrets identiques (par exemple, deux Livrets A) mais il peut utilement posséder deux livrets différents (Livret A et Livret de développement durable solidaire par exemple). Il pourra ainsi bénéficier d’une exonération d’impôts plus importante.

L’épargne salariale

Les investissements réalisés sur les plans d’épargne salariale (PEE, PERCO) bénéficient d’une fiscalité avantageuse (seuls les prélèvements sociaux s’appliquent aux gains et plus-values) et ceux d’autant plus qu’ils trouvent leur source dans la participation ou l’intéressement, qui ne sont pas imposés s’ils sont placés sur un PEE ou un PERCO.

L’épargne retraite

L’épargne retraite est encouragée. Elle bénéficie depuis plusieurs années d’un avantage fiscal à l’entrée puisque les versements peuvent être déduits du revenu imposable (mais réintégrés à la sortie, sachant que le taux d’imposition en retraite est général inférieur à celui de la vie active).

Certains investissements immobiliers 

Chaque ministre du logement, ou presque, a donné son nom à un dispositif fiscal immobilier, qui mettent du temps à s’éteindre. Sont ainsi en vigueur plusieurs dispositifs « fermés » qui s’ajoutent aux dispositifs « ouverts » (dont on peut bénéficier en investissant aujourd’hui) que sont les « loi Pinel », dispositif Denormandie ou Cosse. Ces produits donnent droit à une réduction de votre montant imposable, dans la limite de plafonds.

Mais attention, les plafonds sont régulièrement réduits et le rendement est souvent inférieur à celui offert par les autres investissements immobiliers. Il est donc essentiel de faire au préalable une simulation pour s’assurer que votre situation patrimoniale vous permet de bénéficier réellement de l’avantage fiscal sans que cela soit au détriment de vos revenus finaux.

Prises de participation dans des sociétés non-cotées

Si vous souhaitez, dans une optique de diversification, prendre des participations dans des sociétés non cotées ou des parts de FIP ou FCPI, vous aurez droit à une réduction d’impôt correspondant à 18 % de votre investissement plafonné à 12 000 euros pour un célibataire et à 24 000 euros pour un couple marié ou pacsé. L’économie d’impôt qui résulte de cette réduction est indépendante de votre taux marginal d’imposition : son montant vient directement en déduction de celui de l’impôt à payer.

Si la réduction à laquelle vous pouvez prétendre est supérieure au montant de votre impôt, la différence est définitivement perdue (elle ne peut pas être reportée sur l’impôt des années suivantes).

De surcroît, ce type de produit est extrêmement risqué et ne doit constituer qu’une part minime de votre patrimoine. Aussi s’adresse-t-il à des ménages plutôt aisés.

Règle d’or

Ne jamais privilégier la défiscalisation. En revanche, en fonction de vos choix d’investissement et de votre situation patrimoniale, vous pouvez opter pour tel ou tel support et pour tel ou tel produit.

    2 commentaires sur “Au moment de choisir sa formule d’épargne, comment tenir compte de la fiscalité ?”
    1. Bonjour et merci de votre lecture attentive,

      Effectivement, cet article méritait une mise à jour, c’est chose faite,

      Cordialement, l’équipe de lafinancepourtous.com

2 commentaires

Commenter