La Banque de France au cœur de l’Eurosystème

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 La Banque de France en est un acteur majeur : son rôle est de mettre en œuvre, en France, la politique monétaire décidée par la BCE ainsi que de produire une partie de billets en euro et de veiller à la qualité des moyens de paiement. 

Mise en œuvre en France la politique monétaire décidée par la BCE

En tant que Banque centrale, la Banque de France mène sur le territoire national les actions de politique monétaire décidées par la Banque Centrale européenne (BCE) dont la mission est d’assurer le pouvoir d’achat de l’euro en maintenant le taux d’inflation à un niveau inférieur à, mais proche de 2 %.

A ce titre, la Banque de France agit, comme toutes les autres banques centrales nationales des pays membres de la zone euro, dans le cadre de procédures mises en place de façon uniformisée au sein de l’Eurosystème.

La politique monétaire de l’Eurosystème pilotée par la BCE vise à réguler la liquidité bancaire et à fixer les taux d’intérêt à court terme de la zone euro. Pour ce faire la BCE utilise deux instruments :

  • les opérations « d’open market«  qui permettent, via des prêts accordés sur appels d’offre pour diverses échéances (une journée, une semaine ou plusieurs mois), de refinancer les banques en manque de liquidités. La Banque de France est chargée, pour le compte de la BCE, d’accorder ces concours et de recevoir les garanties apportées en contrepartie par les banques françaises, après en avoir vérifié l’éligibilité.
  • les facilités permanentes qui visent à apporter aux banques des liquidités ou au contraire à leur en retirer, en complément des opérations d’open market dont les montants sont limités par la procédure d’appel d’offre. Ces facilités permanentes, qui prennent la forme de prêts ou d’emprunt rémunérés à 24 heures, sont accordées par la Banque de France aux banques françaises aux conditions de taux décidées par la BCE pour toute la zone euro.

Fabrication et contrôle de la qualité des billets en euro

La Banque de France, comme seulement quelques autres banques centrales nationales de l’Eurosystème (Grèce, Italie, Belgique et Irlande), exerce une fonction d’institut d’émission pour le compte de l’Eurosystème.

Elle produit en effet une partie des billets les plus couramment utilisés dans la zone euro, ceux de 5 €, 10 € et 20 €. Elle dispose pour cela en Auvergne d’un véritable centre industriel employant près de 1250 salariés. Il se compose d’une papeterie à Vic-le-Comte et d’une imprimerie de billets de banques à Chamalières.

Cette dernière couvre environ 20 % des commandes de billets annuelles de la BCE, ce qui fait de la Banque de France le premier imprimeur public européen.

Pour assurer la qualité de la monnaie fiduciaire sur tout le territoire national, ses caisses trient et remettent en circulation plusieurs milliards de billets par an. Ces billets sont expédiés par les banques qui les récupèrent via les dépôts effectués par les particuliers, les commerçants ou les entreprises. 

cette occasion, l’authenticité des billets est vérifiée et ceux qui sont faux ou détériorés sont détruits et remplacés par des billets neufs. La Banque de France assure également le tri et la remise en circulation des monnaies divisionnaires (pièces).

Evaluation de la situation économique et financière de la France

La Banque de France réalise des études et analyses qui lui permettent d’établir son propre diagnostic sur l’économie française.

Les données collectées par les succursales sur les évolutions et les perspectives d’activité des entreprises permettent à la Banque de France de réaliser et de publier des prévisions sur la croissance du PIB à horizon d’un trimestre.

Ses services d’étude effectuent également des prévisions d’activité et d’inflation pour la France à l’horizon de deux ans dans le cadre des travaux du Comité de Politique Monétaire de l’Eurosystème. Ces travaux participent aux prévisions pour l’ensemble de la zone euro.

La Banque de France est également en charge de l’établissement des statistiques relatives à la Balance des paiements (flux d’entrées et de sorties de capitaux) et de la position extérieure (stocks d’avoirs et de dettes) de la France.

La Balance des paiements constitue un élément majeur du diagnostic économique et financier qui est utilisé pour l’élaboration d’agrégats nationaux (PIB, revenu national) ou internationaux (balance des paiements de la zone euro). Les statistiques de balance des paiements sont utilisées par la Commission européenne dans le cadre d’un exercice de détection précoce des déséquilibres macroéconomiques au sein de l’Union européenne.

Les services de recherche en économie de la Banque de France conduisent par ailleurs des études destinées à fournir à ses instances dirigeantes les éléments et informations utiles à la préparation des décisions de politique monétaire de la BCE ainsi que pour la préparation des réunions internationales auxquelles ils participent (G20, G7, BRI, FMI).

Ces études, dont un nombre significatif est publié dans des revues académiques, contribuent également à nourrir le débat national de politique économique et le diagnostic en matière de stabilité financière.

    4 commentaires sur “La Banque de France au cœur de l’Eurosystème”
    1. bonjour, je lis ci-dessus sur votre site :
      « les opérations d’open market permettent à la BdF, via des prêts accordés sur appels d’offre pour diverses échéances, de refinancer les banques en manque de liquidités.
      Les facilités permanentes visent à apporter aux banques des liquidités en complément des opérations d’open market dont les montants sont limités par la procédure d’appel d’offre »
      Qu’est ce-qui fait qu’une banque se trouve en manque de liquidités ? Son compte d’exploitation est en principe bénéficiaire et les crédits qu’elle accorde sont de la création monétaire « ex nihilo » ? donc pourquoi a-t-elle besoin de liquidité ? (au fait, liquidité = monnaie = argent ?)
      merci

      1. Bonjour,
        Quel que soit le niveau de leur performance comptable à long terme, les banques ont régulièrement besoin de se refinancer auprès d’autres établissements. Ainsi, il relève du fonctionnement normal du marché interbancaire que les banques qui disposent de « trop » de liquidités les prêtent à celles qui n’en ont pas assez pour assurer leurs opérations. Imaginez par exemple qu’une banque n’a eu pour seule activité que d’accorder un crédit de 1000 euros à un client. Si ce dernier souhaite retirer les fonds de son compte courant, alors la banque à l’origine du crédit n’aura pas d’autre choix que de se refinancer auprès d’autres acteurs.
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

        1. merci de votre réponse mais J’ai toujours du mal à comprendre… je dois avoir besoin d’une sérieuse formation financière… 🙂
          Le compte de résultat et le bilan d’une banque sont en « monnaie commerciale » ?
          Quel est l’impact sur le compte de résultat ou le bilan d’un refinancement de 1000 en monnaie centrale ?
          Merci

          1. Bonjour,
            Votre confusion semble provenir du fait qu’il n’y a pas deux monnaies différentes : un euro est un euro, qu’il soit dans votre poche ou sur le compte de votre établissement bancaire. L’appellation « monnaie de banque centrale » peut être trompeuse parfois. Pour vous simplifier les choses, vous pouvez tout simplement raisonner en « base monétaire », son équivalent, à savoir l’ensemble des pièces et billets en circulation dans une économie et des avoirs monétaires que détiennent les banques auprès de la Banque centrale.
            Ainsi, les états financiers (compte de résultat et bilan) des établissements bancaires de la zone euro sont bien établis en euro. Un refinancement a plusieurs conséquences sur ces états financiers : tout d’abord, il représente un coût pour la banque, qui comptabilisera donc cela en charges dans son compte de résultat. Ensuite, le prêt que la banque contracte pour se refinancer figurera au passif de son bilan.
            Meilleures salutations,
            L’Equipe de Lafinancepourtous.co

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