Croissance

la finance pour tous

La croissance économique mesure l’augmentation de la richesse produite pendant une période donnée. La richesse produite est mesurée par le PIB.

Le taux de croissance correspond au taux de variation entre le produit intérieur brut (PIB) au début de la période et le PIB à la fin de la période considérée. La croissance est donc exprimée en pourcentage.

Si la croissance d’un pays est de 1,2 % sur l’année N, cela signifie que le PIB du pays a enregistré une augmentation de 1,2 % entre la fin de l’année N-1 et la fin de l’année N.

Croissance en valeur et en volume

L’augmentation du PIB peut être due soit à une augmentation de la quantité produite, soit à une augmentation des prix.

La croissance nominale, aussi dite “en valeur”, prend en compte l’augmentation des prix, c’est-à-dire l’inflation.

La croissance réelle, aussi dite “en volume”, ne prend en compte que l’augmentation des quantités produites. Elle est corrigée de l’inflation. C’est l’indicateur le plus utilisé.

Croissance annuelle et croissance trimestrielle

Croissance annuelle

La croissance annuelle est mesurée par le taux de croissance entre le PIB d’une année et le PIB de l’année suivante. C’est le chiffre le plus diffusé.

Taux de croissance annuel du pib en volume

Le taux de croissance annuel de la France a été négatif à quatre reprises depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : 

  • en 1975 suite au premier choc pétrolier, 
  • en 1993 lors de la crise du système monétaire européen, 
  • en 2009 en raison de la crise financière et
  • en 2020 du fait de la pandémie de Covid-19.

Croissance trimestrielle

La croissance trimestrielle mesure l’évolution du niveau de la production entre deux trimestres. Cela permet d’avoir une vision plus fine de l’activité économique.

Évolution trimestrielle croissance

Le taux de croissance annuel pour 2025 dépendra de la performance du dernier trimestre, mais la dynamique est positive. Cela signifie que la France a créé des richesses de manière croissante sur les trois premiers trimestres de 2025 avec respectivement 0,1 %, 0,3 % et 0,5 %. Cette accélération au troisième trimestre présume d’une croissance plus solide que celle de 2024.

La croissance trimestrielle permet de déterminer si un pays est en récession, définie par un recul du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs.

Pour obtenir le taux de croissance annuel, il ne faut pas additionner les taux de croissance trimestriels mais calculer l’évolution du PIB entre l’année N et l’année N-1.

L’acquis de croissance

L’acquis de croissance correspond au taux de croissance du PIB qui serait obtenu sur une année donnée si le niveau du PIB réel du dernier trimestre calculé était simplement maintenu au cours des trimestres suivants.

En d’autres termes, l’acquis de croissance se calcule en prenant les montants trimestriels déjà publiés et en considérant que la croissance sera ensuite nulle sur les trimestres qui manquent pour compléter l’année civile.

Acquis de croissance en 2025

Plaçons-nous en juin 2025.

Le PIB réel français a atteint, au cours du premier trimestre de l’année, 655,22 milliards d’euros. L’acquis de croissance se calcule en supposant que le PIB restera à ce niveau pendant les trois trimestres suivants. Le PIB en volume s’élèverait alors à 2 620,88 milliards d’euros (655,22*4) et l’acquis de croissance à 0,3 %. Le PIB réel était, en effet, de 2 613,84 milliards d’euros en 2024.

L’acquis de croissance est souvent utilisé pour donner un premier aperçu de la croissance annuelle minimale du PIB à laquelle on peut raisonnablement s’attendre compte tenu des chiffres déjà publiés. Pour que cette croissance annuelle minimale ne soit pas atteinte il faudrait en effet que l’économie enregistre des baisses d’activité ou connaisse une récession, ce qui heureusement ne se produit que très rarement.

À lire aussi sur notre site

En vidéo

RécessionEn vidéoUne récession se distingue d’un simple ralentissement de l’économie qui correspond à une diminution du...

La croissance est le principal objectif économique

Tous les pays cherchent la croissance. Mais pourquoi est-ce si important ? Notamment pour créer des emplois (plus de production signifie plus d’embauches) et pour rembourser les dettes, privées ou publiques !

Par exemple, un accroissement de la richesse se traduit par une augmentation des recettes fiscales : TVA, impôt sur les sociétés, mais aussi impôt sur le revenu car le niveau des revenus distribués est aussi en hausse. L’amélioration des recettes fiscales permet ensuite à l’État de rembourser sa dette et/ou de dégager des marges de manœuvre pour investir.

D’une façon plus générale, la croissance mesure l’augmentation de la production d’un pays, donc la hausse de sa consommation et donc du pouvoir d’achat de la population (quoique la consommation puisse être légèrement différente de la production du fait du commerce international). À long terme, c’est la croissance qui détermine l’évolution du niveau de vie d’un pays, dans la mesure où les fruits de cette croissance sont répartis de façon équitable.

Quelles sont les conséquences d’une croissance nulle ?

Une croissance nulle signifie que le niveau de richesses créées est équivalent à celui de l’année précédente. Si, comme c’est le cas en France, la population augmente d’une année sur l’autre, cela signifie que le PIB par habitant décroît. En effet, plus que la croissance d’un pays, ce qui compte le plus pour évaluer l’évolution du niveau de vie est la croissance par habitant, c’est-à-dire rapportée à l’évolution de la population.

Une absence de croissance a des conséquences négatives sur les finances publiques : les recettes fiscales n’augmentent pas, l’État a donc plus de difficultés à réduire son déficit public et à rembourser sa dette publique, sauf à réduire drastiquement les dépenses publiques.

De même, cela a des conséquences négatives sur le chômage, sur la capacité des emprunteurs à rembourser leurs crédits, etc.

En effet, une hausse de la production entraîne une hausse de la consommation de matières premières, de l’émission de gaz à effet de serre et la génération de déchets. De plus, comme les énergies fossiles sont disponibles en quantité limitée, la croissance serait, dans tous les cas, destinée à s’arrêter à plus ou moins brève échéance.

Ces critiques envers la recherche d’une croissance toujours plus élevée ne sont pas infondées. Cependant, de nombreux économistes indiquent que l’évolution technologique permet de produire plus tout en limitant l’impact environnemental. On peut aussi constater que, au cours de l’histoire, le progrès technologique a permis d’évoluer du bois au charbon puis du charbon au pétrole et, peut-être demain, à une autre source d’énergie.

Enfin, l’économie se tertiarise, et ce dans pratiquement tous les pays. Cela signifie que la production se déplace de l’agriculture et l’industrie vers les services. Aujourd’hui, environ les trois quarts du PIB français sont représentés par les services, dont la plupart ne sont pas ou peu polluants (éducation, santé, aide à la personne, culture, sécurité, conseil…).

Si la production et la consommation de service augmentent, alors le PIB augmente aussi (ce qui signifie de la croissance économique), sans qu’il n’y ait pour autant d’impact écologique significatif.

    24 commentaires sur “Croissance”
    1. Bonjour,
      Je rejoins l’ensemble des commentaires qui font remarquer que le traitement du sujet de la croissance infinie dans un monde fini est mal traité dans l’article, par ailleurs très intéressant sur les autres points. A commencer par les scientifiques et économistes du Rapport Meadows (1972) aujourd’hui il est clairement établi que l’idée d’une croissance infinie n’a pas de bases scientifiques, comme si l’économie pouvait s’affranchir de son impact concret sur notre planète sur les plans environnementaux et sociaux. A notre époque, faire l’impasse sur ce point crucial dans un article de vulgarisation sur le concept de croissance relève de l’irresponsabilité, ou – au choix – de l’obscurantisme délibéré. Je suis d’ailleurs surprise de voir que vous vous présentez comme une association d’intérêt général. Pour l’intérêt général, peut-être pourriez-vous revoir votre positionnement sur ce sujet. Je recommande à ce propos le très bon documentaire sur Arte : « Pour une autre économie », disponible en replay.
      J’espère que ce commentaire ne sera pas censuré.
      Cordialement.

      1. Bonjour,
        La controverse sur la croissance infinie vs la croissance finie fait couler beaucoup d’encre, et est à l’origine de beaucoup de tensions dans le débat économique, à la fois dans la profession et chez le grand public. Nous ne sommes pas spécialiste de ces questions, mais voici ce que l’on peut en dire :
        • Pour aborder ce genre de question, il est nécessaire de définir explicitement ce qu’on l’on appelle « croissance ». En général, les économistes sous entendent « croissance du PIB réel », autrement dit croissance des richesses produites (matérielles et immatérielles), en valeur monétaire constante, par an. Et bien entendu, le choix de cette définition fait déjà l’objet de débat, ne serait-ce que parce que le PIB fait l’objet d’un certain nombre de limites.
        • La croissance du PIB réel peut-elle être infinie ? En théorie, puisqu’il s’agit d’une augmentation en valeur, rien ne l’interdit en essence. Les partisans de la croissance finie voient un mur infranchissable à la croissance du PIB. Le mur est résumé par l’argument : « augmentation du PIB veut dire augmentation des ressources physiques consommées ». Or, il semble clair que les ressources physiques sont limitées. Reste à savoir deux choses : 1. Sommes-nous loin d’atteindre la limite de la consommation de ressources ? 2. Le lien causal entre croissance et consommation de ressources est-il universel ?
        • Sur le premier point, la réponse est bien moins simple qu’il n’y parait. Bien entendu, d’intuition beaucoup auraient envie de répondre « évidemment qu’on a atteint les limites, regardez l’état de notre environnement, des réserves de pétrole, des mines françaises… ». Mais cela serait, il semble, raisonner à « ressources constantes », c’est-à-dire à ignorer le fait que de nouvelles ressources sont rendues exploitables sans cesse. Le pétrole n’est véritablement devenu une source de production qu’il y a quelques siècles. De même pour l’uranium ou les terres rares. Qui nous dit que dans deux cents ans, nous n’utiliserons pas autre chose comme source de la production qui nous semble aujourd’hui sans intérêt ? La croissance est un processus complexe, qui peut s’appuyer sur de très nombreuses choses, et peut compter sur la capacité d’innovation et d’adaptation de l’être humain…
        • Sur le second point, plus crucial, la réponse n’est pas triviale non plus. Pendant les deux cents dernières années, le gros de la croissance a effectivement été extensif : plus de production avec plus de ressources. C’est un levier très puissant pour une croissance rapide, mais qui effectivement peut atteindre ses limites, comme d’ailleurs l’a souligné le rapport Meadows. Cependant, depuis quelques décennies, le régime de croissance devient de plus en plus intensif dans certains pays : on produit pareil, voire plus, avec moins. Un certain nombre de travaux pointent vers un découplage absolu entre croissance et impact environnemental / consommation de ressources (même en considérant les effets d’externalisation). Exemples : https://thebreakthrough.org/issues/energy/absolute-decoupling-of-economic-growth-and-emissions-in-32-countries / https://ecsdev.org/ojs/index.php/ejsd/article/view/1583/1542. Pour l’instant il n’y a pas de consensus bien établi, mais si ces travaux sont confirmés dans le futur, alors on peut envisager une « croissance infinie ». Le PIB prend en compte la production matérielle certes, mais également la production immatérielle (de services, d’idées…). Cette dernière, bien que basée en partie sur du matériel, peut-être très économe en ressources physiques. Autrement dit, peut-être que la production matérielle a vocation à se stabiliser voire à s’affaisser, mais peut-être pas la production immatérielle.

        Nous ne souhaitons certainement pas donner un avis définitif à cette controverse. Cette réponse avait plutôt pour objectif de montrer que la thèse de la croissance finie n’est pas nécessairement évidente, et qu’on peut trouver des contre-arguments sérieux, à ce qui nous semble. Peut-être écrirons nous un paragraphe à ce sujet dans une mise à jour de l’article !

        Et bien sûr, nous ne censurons pas les commentaires tant qu’ils ne sont pas offensants, nous lisons toujours avec grand intérêt les remarques souvent pertinentes des lecteurs, nous vous remercions donc de votre intérêt pour nos travaux.
        Meilleures salutations,
        L’équipe de Lafinancepourtous

    2. On a reproché à Mme Le Pen de ne pas savoir combien valait , en € courants , 1 point de % du PIB . Comment le calcule -t- on ? Merci .

      1. Bonjour,

        Pour calculer la valeur d’un point de pourcentage du PIB en euros courants, il faut multiplier la valeur du PIB par 0,01 (soit 1 %) pour une année donnée. Pour l’année 2022, le PIB est de 2 639,1 milliards d’euros courants, ce qui signifie qu’un point de pourcentage du PIB vaut : 2 639,1 x 0,01 = 26,391 milliards d’euros courants.

        Meilleures salutations,

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

24 commentaires

Commenter