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DÉCRYPTAGES

Microcrédit personnel ou professionnel

Le microcrédit est accordé à des personnes exclues du crédit bancaire (personnes à faibles revenus, allocataires de minima sociaux, chômeurs) dont les capacités de remboursement sont jugées malgré tout suffisantes. Ces personnes doivent par ailleurs bénéficier d’un accompagnement social auprès d’un réseau qualifié. Il peut être personnel ou professionnel.

Vous êtes exclu du crédit bancaire, avez de faibles revenus, êtes un allocataire de minima sociaux (comme le RSA ou la prime d'activité), vous êtes chômeur mais vous désirez emprunter de l’argent pour créer votre entreprise ou faciliter votre accès à l’emploi ? Alors le microcrédit est un outil qui vous intéressera.

Sa fonction est double : vous aurez la possibilité d’emprunter, en étant en plus accompagné par une association pour mener à bien votre projet.

L’objet du microcrédit

Il y a deux types de microcrédit en France qui correspondent à deux types d’objectifs différents : le microcrédit personnel et le microcrédit professionnel.

Selon le baromètre de la microfinance, pendant l'année 2014 en France, 14 774 microcrédits personnels et 37 751 microcrédits professionnels ont été distribués.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le microcrédit

 

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Le microcrédit personnel

L’objet de ce crédit a beau être « personnel », il doit souvent avoir un lien avec la réinsertion professionnelle et se distingue nettement du crédit à la consommation. Vous ne pouvez pas demander de microcrédit pour vous acheter une nouvelle télévision par exemple ! En moyenne en 2014, selon la Caisse des dépôts et consignations, 74% des microcrédits personnels accordés avaient un lien avec l’emploi et la mobilité (par exemple acheter une voiture pour pouvoir se rendre à son travail). Mais vous pouvez aussi emprunter pour obtenir une formation, des soins, voire un logement.

D'après les chiffres de 2014 de l'observatoire de l'inclusion bancaire, les principaux bénéficiaires de microcrédits personnels sont les bénéficiaires de mini sociaux ou sans emploi (53,5 %) et les salariés (44,7 %).

Ce crédit est donc utile pour surmonter les dépenses consécutives à des accidents de la vie (divorce, santé, obsèques, licenciement…), et s’adresse essentiellement à des personnes ne pouvant accéder au crédit bancaire.

Le microcrédit professionnel

Ce microcrédit permet de financer la création (dans 57% des cas), le rachat ou la consolidation d’une entreprise artisanale ou commerciale. En 2014, selon la Banque de France, les microcrédits professionnels ont été consentis pour 27 % d'entre eux dans le secteur des services, 27 % aussi pour le commerce et la réparation, 12 % pour la restauration et l'hôtellerie, et 9% dans le domaine de la construction.

En France, l'ADIE (association pour le Droit à l’Initiative Economique) s'occupe quasi-exclusivement (plus de 84% de son activité) de ce genre de microcrédit. Mais il existe également d’autres acteurs qui en proposent, comme France Active ou France Initiative par exemple.

Mais l’objet du microcrédit, assez large en soi, n’en constitue pas la seule particularité. Ce qui est spécial ici, c’est d’abord les montants, les taux et les garanties du prêt.

Montants, taux et garanties du microcrédit

Les montants sont faibles, les taux varient selon les établissements et les garanties sont parfois importantes.

Les montants et les taux du microcrédit

Les microcrédits personnels ont des montants compris entre 300 euros et 5 000 euros. Ils ont un taux d’intérêt fixé par le prêteur, la durée varie de 6 mois à 36 mois, soit trois ans maximum. Si le taux d'intérêt dépend de la viabilité du projet, les associations y adjoignent parfois un prêt d'honneur, sans intérêt, comme complément de ce microcrédit.

D'après l'Observatoire de l'inclusion bancaire, le montant moyen de microcrédit personnel en France est de 2 266 euros en 2014 ; quasiment trois quarts des prêts sont compris entre 1000 et 3000 euros, remboursés dans 85% des cas avec une échéance de 36 mois.

Concernant exclusivement les microcrédits professionnels, 177 539 programmes étaient proposés pour un montant total de 1051 millions d’euros en 2014. Le montant maximal est de l'ordre de 25 000 euros, mais certaines associations ont leur propre limite. Avec l'ADIE, ces prêts ne dépassent pas 10 000 euros, avec parfois un complément en prêt d'honneur allant jusqu'à 3 000 euros. Le taux moyen des prêts est assez variable en fonction des acteurs. Il convient toutefois de préciser qu'ils peuvent être assez importants, aux alentours de 7%, en raison du faible montant du prêt et du risque de défaut.

Les garanties du microcrédit

Ces crédits peuvent bénéficier de la garantie apportée par l’Etat dans le cadre du Fonds de Cohésion Sociale. Cela veut dire que si le bénéficiaire du micro-crédit ne rembourse pas, ce Fonds devra payer pour lui une proportion parfois importante de la valeur du prêt. Avoir une telle garantie est fondamental pour bâtir un projet de long terme.

Le Fonds de Cohésion Sociale (FCS) a été doté par l’Etat de 73 millions d’euros sur 5 ans (2005 – 2009) et a bénéficié depuis de dotations annuelles ultérieures. Il est donc public et sa gestion a été confiée à la Caisse des Dépôts.

Le FCS apporte garantit jusqu’à 50 % des encours de microcrédit professionnel. Le montant (jusqu'à 30 000 euros) et la durée des prêts sont fonction des projets présentés. Les créateurs doivent être accompagnés dans leur projet par des réseaux d’aide à la création d’entreprise (France Active, ADIE, France Initiative Réseau, gestionnaire de plusieurs fonds de garantie d’Etat et territoriaux).

Le FCS garantit également jusqu’à 50 % des encours de microcrédit personnel.
L’emprunteur est tenu d’être accompagné par un réseau associatif ou social, dès l’instruction du dossier et tout au long du prêt (Centres Communaux d’Action Sociale, Caisses d’Allocations Familiales, ANPE, Secours Catholique, associations d’insertion…).

En 2014, le FCS a apporté des garanties dont le total s'élève à 11,96 millions d'euros, dispersées dans 17 600 projets différents. Comme l'indique le rapport d'activité du Fonds de Cohésion social, l'effet de levier a été évalué à 117 millions d'euros de prêts bancaires ou assimilés.

A qui s’adresser 

Il y a plusieurs types d’acteurs à qui l’on peut s’adresser : les réseaux accompagnants, les banques agréées, l’ADIE et, enfin, les plateformes de financement comme Babyloan

Les réseaux accompagnants

En partenariat avec la Caisse des dépôts et consignations, ces réseaux associatifs font un travail essentiellement fondé sur l’accompagnement des bénéficiaires du microcrédit. Sont référencés entre autres : France Active, France Initiative, Restaurants du cœur et le Secours Catholique. Allez les voir pour expliquer votre projet, c’est en grande partie par leur intermédiaire que seront contactées les banques agréées. Certaines de ces associations vont loin dans l’accompagnement, en proposant des formations, des aides personnalisées, des suivis réguliers.

Ils n’ont cependant pas de licence bancaire. Les banques agréées l'ont et peuvent prêter plus facilement.

Les banques agréées

Ces établissements, agréés par le Fonds de Cohésion Sociale, étudient le dossier transmis par le réseau accompagnant. Ils viennent donc très souvent après que les associations ont examiné la demande de prêt. Ces banques prennent ensuite la décision d’octroi ou de refus du crédit demandé selon la situation personnelle du demandeur. En cas d’octroi, ils font signer le contrat de prêt au bénéficiaire, et le suivent jusqu’au remboursement.

Si elles sont en mesure de vous accorder directement un microcrédit, les banques viennent donc en général après le travail des réseaux accompagnants.

L’ADIE

L’Association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE) est une catégorie à part du fait de son caractère mixte. Fondée en 1989 pour aider les personnes en difficulté comme les chômeurs ou les allocataires du RSA à créer leur propre emploi, elle conjugue la qualité de prêteur et d’accompagnateur. Elle possède la licence bancaire et peut donc octroyer des microcrédits, mais son intérêt majeur par rapport aux banques classiques est l’accompagnement personnalisé qu’elle propose, comme France Active peut le faire. Un tel mélange des genres explique le taux de réinsertion de 84 % qu’elle parvient à réaliser depuis sa création.

Internet et son financement en plateformes

La loi portant la réforme du crédit à la consommation, adoptée le 21 juin 2010, visait à développer le financement des organismes de microcrédit par les particuliers, alors qu’auparavant les ressources bancaires constituaient, pour l’essentiel, les moyens de financement de ces associations.

Babyloan, plateforme internet spécialisée dans le crédit entre particuliers a créé un volet « France » et s’est associée à l’Adie. Concrètement, cela signifie que les particuliers ont la possibilité de financer des projets français de microcrédit alors qu’auparavant ils ne pouvaient financer que des projets à l’étranger (surtout dans les pays du Sud).

Où se renseigner ?

Plusieurs organismes en France proposent du micro-crédit personnel ou professionnel. Voici quelques liens utiles.

Créé le 03 mars 2009 - Dernière mise à jour le 11 octobre 2016
© IEFP – la finance pour tous
 
1 commentaire(s)  
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ETSMICHELHOLDING , publié le 28/06/2013 12:09

J'ai rencontré vos articles sur le portail de la micro-finance et j'en suis chaque fois édifié et voudrais manifester ma fidélité et mes encouragements en m'abonnant à la revue Finance pour tous.

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