La Règle d’or des finances publiques

Déficit primaire

Un déficit primaire correspond à un solde négatif du budget des administrations publiques non compris les intérêts versés sur la dette et les revenus d'actifs financiers reçus. Dans le cas inverse on parle d’excédent budgétaire primaire.

Le solde primaire constitue un indicateur important de la situation budgétaire d’un pays et des risques d’évolution non contrôlée de l’endettement public.

Le solde primaire dépend de l’évolution des recettes (impôts et prélèvements) et des dépenses décidées par les pouvoirs publics. Le montant des intérêts dépend pour sa part des taux d’intérêt sur la dette passée et du montant de celle-ci. Le taux d’endettement augmente lorsque la somme du déficit primaire et des intérêts versés est supérieure au montant la croissance du PIB.

Tant que le taux d’intérêt moyen sur la dette publique (calculé en rapportant les intérêts versés au montant de la dette) est inférieur au taux de croissance en valeur (croissance en volume + augmentation des prix) un déficit primaire reste compatible avec le maintien du niveau d’endettement public. Inversement, si le taux d’intérêt est supérieur à la croissance, il faut un excédent primaire pour maintenir au même niveau le taux d’endettement public. La situation peut devenir incontrôlable comme dans le cas de la Grèce si un taux d’endettement très élevé s’accompagne d’une situation de croissance faible ou négative et de taux d’intérêt d’autant plus élevés qu’ils incluent une prime de risque croissante.

En ce qui concerne la France la situation est la suivante

En 2011, le PIB sera d’environ 2000 Milliards d’€. Le taux d’endettement public approchera 90%. Le taux d’intérêt sur la dette publique à peu près équivalent à celui de la croissance (3,5 %). Il faudrait un déficit primaire minime ou nul pour stabiliser le taux d’endettement. Or, il sera d’environ 2,5% pour un déficit total d’environ 5 %.

En 2012, avec la stagnation prévue de la croissance en volume et une hausse éventuelle des taux d’intérêt sur la partie de la dette à renouveler, les difficultés risquent de s’accroitre encore : il faudrait dégager un excédent primaire d’environ 2% pour stabiliser la dette. Mais la réalisation de cet objectif risque d’entrainer une baisse de la production ce qui entrainera un déficit public supplémentaire et ainsi de suite.

Créé le 02 janvier 2012 - Dernière mise à jour le 01 janvier 2012
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