La dette publique

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La dette publique correspond à l’ensemble des engagements financiers pris sous forme d’emprunts par l’État, les collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement. 

La dette publique évolue constamment au rythme des remboursements d’emprunts effectués par l’État et les administrations publiques et des nouveaux emprunts qu’ils contractent pour financer leurs déficits.

Si le déficit est un flux, la dette est un stock

Les ressources sont constituées par les impôts, les taxes, et autres recettes non fiscales (par les dividendes des entreprises dont l’État est actionnaire).

Les dépenses intègrent non seulement les dépenses courantes de fonctionnement (salaires, achats de fournitures et de services…), les opérations de redistributions (aides, bourses, minimas sociaux…) mais aussi les investissements (travaux d’équipement, acquisitions immobilières et mobilières des collectivités locales…) et les dépenses en capital (charges de la dette des différentes administrations publiques par exemple).

Répartition de la dette par administrations publiques

À la fin du troisième trimestre 2021, la dette publique s’établit à 2 834,3 milliards d’euros. Comme le montre le graphique ci-dessus, 79 % de la dette publique provient de l’État. Si l’on ajoute les autres organismes d’administration centrale, le total de l’État représente 81 %.
Les organismes de Sécurité sociale et les administrations publiques locales (collectivités territoriales) représentent respectivement 11 % et 8 % de la dette publique. L’État seul accumule 2 231,5 milliards d’euros de dette à cette date.
Rappelons que les critères européens exigent que la dette publique des pays membres ne dépasse pas la norme de 60 % du PIB (alors qu’elle est de 116 % du PIB en France).

La crise du Covid-19 a entraîné un fort accroissement de l’endettement public en France.

Pour rembourser la part de sa dette arrivant à échéance, L’État emprunte de l’argent sur les marchés financiers notamment par le biais d’obligations du Trésor (OAT) pour financer son déficit. L’argent nécessaire pour couvrir ces besoins est appelé besoin de financement. En 2022, le besoin de financement de l’État est anticipé à 302,5 milliards d’euros (pour financer le déficit et refinancer la dette arrivée à maturité). C’est l’Agence France Trésor (AFT) qui gère la dette de l’État.

Mesurer l’endettement public

Pour mesurer la dette publique, on la rapporte au produit intérieur brut (PIB). Ainsi, on peut comparer la dette publique à la taille de l’économie.

Depuis quinze ans, la dette publique s’est largement accrue. Elle était de 60 % du PIB au début des années 2000, a dépassé le seuil des 100 % du PIB en 2017 et atteint désormais 116 % du PIB.

Dette au sens de Maastricht des administrations publiques

Qui détient la dette publique ? 

À la différence des entreprises ou des ménages, les collectivités publiques ne financent pas leur dette principalement en faisant appel à du crédit bancaire mais en émettant des titres financiers (surtout des obligations) sur les marchés financiers.

Une forme d’endettement spécifique

Contrairement aux particuliers, les organismes publics, lorsqu’ils s’endettent, ne remboursent à chaque échéance que les intérêts, car ils émettent des obligations.

S’il émet une OAT à 10 ans, l’État remboursera les intérêts (par exemple 0,5 % du montant de l’obligation émise) chaque année ou chaque semestre pendant 10 ans, mais remboursera le capital en une seule fois, à l’échéance. Pour cela il se réendettera. En période d’intérêts très faibles, il semble facile de s’endetter, puisque cela ne coûte rien et parfois même rapporte (intérêts négatifs). Mais à l’échéance il faudra se réendetter pour le même montant et si les taux d’intérêt ont monté fortement, cela pourra devenir difficile pour l’Etat et son budget de faire face à la charge de la dette (coût des emprunts). 

Pour financer la dette publique, l’État émet des titres de créances négociables sur les marchés financiers sur une durée plus ou moins longue. Plus précisément, deux types de titres sont émis par l’État : les Bons du Trésor à taux fixe et à intérêt précompté (BTF) et les Obligations Assimilables du Trésor (OAT). Les OAT constituent la forme privilégiée du financement à long terme de l’État (échéances pouvant dépasser dix ans). Créés en 1985, les Bons du Trésor à intérêts annuels (BTAN) ne sont plus proposés et ne circulent plus sur le marché depuis 2017.

Les non-résidents français sont les principaux détenteurs de la dette publique française.

Qui détient la dette de l'état

Selon les chiffres publiés par l’Agence France Trésor (AFT), parmi les détenteurs de la dette publique, on trouve 48,8 % de non-résidents (septembre 2021) tous titres de créances négociables confondus émis par l’État. Une proportion en hausse sensible depuis la fin du XXe siècle (en 1993, seul un tiers de la dette publique française était détenu par des non-résidents), mais en baisse par rapport à 2009 (67 %).
Pour l’essentiel il s’agit d’investisseurs institutionnels (fonds de pensions et fonds d’assurance notamment), mais aussi de fonds d’investissements souverains, de banques, voire de fonds spéculatifs.

La situation française ne diffère pas fondamentalement de celle des autres pays européens. En 2020, environ 45 % de la dette publique allemande était détenue par des non-résidents, une proportion similaire à celle de l’Espagne. À Malte, seulement 18 % de la dette publique était, en 2020, détenue par des non-résidents, contre 82 % à Chypre (la proportion la plus élevée en Europe).

Les particuliers, détenteurs indirects de la dette publique française

Ce sont d’ailleurs également des banques et des investisseurs institutionnels que l’on retrouve parmi les principaux détenteurs résidents de la dette publique française.

L’État français emprunte donc environ un tiers de sa dette auprès des banques et des sociétés financières nationales. 16 % de la dette publique est détenue par des compagnies d’assurance, qui « achètent » des titres de dette française pour les placements d’assurance-vie. Les particuliers sont donc indirectement détenteurs d’une partie significative de la dette publique française. Les banques françaises en détiennent environ 6 %.

    116 commentaires sur “La dette publique”
    1. Bonjour et merci pour votre travail.
      J’ai plusieurs questions :
      1) Lorsque les taux ont été négatifs, pourquoi nos dirigeants n’ont ils pas renégocié l’ensemble de la dette publique? ainsi l’Etat aurait gagné beaucoup d’argent…non?
      2) Vous indiquez : L’Etat fait « rouler » sa dette : On s’aperçoit ici que la partie « capital » de la dette augmente beaucoup, alors que la charge (intérêts) reste autour de 30 à 40 Milliards grace à des taux plus bas, voire négatifs. Pourquoi ne pas afficher, dans le budget de l’état (dans dépenses et dans recettes) cette partie « remboursement du capital »? Effectivement, il s’agit du même montant, mais cela permettrait de mieux visualiser l’endettement de l’Etat dans son budget.
      Vous affirmez, un peu rapidement je trouve, que l’Etat ne rembourse que les intérêts… or, en fait, rien n’indique que l’Etat emprunte en 2021auprès du même créancier, pour rembourser une obligation contractée en 2020… Donc il y a bien remboursement du capital, (certes avec un autre emprunt).
      3) Est-ce bien le traité de Lisbonne qui assure l’anonymat des créanciers de l’Etat ? et l’interdiction aux banques centrales de prêter directement aux Etats?
      4) Pouvez vous m’indiquer, sur 2020 ou 2021 quel a été le montant des remboursements : du capital et des intérêts de la dette publique ?
      5) Il me semble que l’Etat emprunte à taux variables, quelle serait l’augmentation de la charge si les taux augmentent cette année (de 1point (%?) par exemple)

      Voilà, beaucoup de questions, mais le sujet me semble important, et lié aussi à l’avenir des pays et des services publiques… Merci par avance pour vos éclairages…

      1. Bonjour,
        Vous avez raison d’écrire que le sujet est important : nous tâcherons donc de vous répondre aussi précisément que possible.
        1) lorsque l’Etat emprunte sur les marchés financiers, il le fait généralement en émettant des obligations. De nombreuses conditions contractuelles entourent l’émission de tels titres (taux d’intérêt, date de remboursement, etc.), et l’Etat ne peut pas les modifier de manière unilatérale. De plus, il est fréquent que l’Etat s’interdisse explicitement de procéder à tout remboursement anticipé d’une obligation (cf. par exemple l’article 4 de l’arrêté du 12 janvier 2018 relatif à la création d’obligations assimilables du Trésor 0,00 % 25 février 2021 en euros : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000036499533).
        2) en comptabilité, un remboursement d’emprunt ne constitue pas une « dépense ». Il n’apparaît donc pas au budget (ou au compte de résultat pour une entreprise).
        3) nous ne connaissons pas suffisamment bien le traité de Lisbonne pour vous répondre précisément, mais le lien que vous évoquez entre celui-ci et l’anonymat des créanciers de l’Etat nous semble incorrect. En effet, cet anonymat nous semble davantage lié aux modalités de financement de l’Etat via les marchés financiers : l’Etat lève des fonds sur les marchés financiers en émettant des obligations. Ces dernières constituent des titres au porteur, ce qui rend l’identification de leurs propriétaires plus difficiles. Par ailleurs, l’interdiction du prêt direct à un Etat par la Banque centrale européenne (BCE) est aujourd’hui inscrite dans l’article 123 du Traité de fonctionnement de l’Union européenne. Il faut toutefois souligner que cette pratique n’était pas autorisée en France avant même la création de l’Union européenne.
        4) en 2020, selon l’AFT, la charge budgétaire nette a atteint 35,8 milliards d’euros (source et données pour les années antérieures : https://www.aft.gouv.fr/index.php/fr/principaux-chiffres-budget-etat). Dans le même temps, le montant des emprunts à moyen et long terme était de 289,5 milliards d’euros (https://www.aft.gouv.fr/fr/publications/communiques-presse/20201209-programme-indicatif-financement-2021).
        5) l’Etat français emprunte majoritairement à taux fixe. L’augmentation des taux aura donc un impact progressif sur la charge d’intérêts à payer. Nous détaillons cette question dans l’article disponible à l’adresse suivante : https://www.lafinancepourtous.com/outils/questions-reponses/augmentation-du-taux-d-emprunt-de-la-france/
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

      1. Bonjour,
        Cet indicateur met en relation la dette extérieure d’un pays (soit les engagements de ce pays vis-à-vis du reste du monde) et ses recettes fiscales. Il permet, notamment dans les économies en développement, d’étudier la capacité de remboursement de la dette extérieure d’un pays.
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de lafinancepourtous.com

    2. je suis tunisienne j habite en Grèce mon fils a été operé en 2018 en france a coeur ouvert a l hopital de marseille Latimone .j ai pas pu payer les dépenses de l opération c est plus que 100k euros est ce que j ai toujours cette dette en France et est ce que je dois les payer ?

      1. Bonjour,
        Nous ne pouvons vous renseigner sur cette question. Le mieux est sans doute de contacter directement l’administration de l’hôpital concerné.
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    3. Bonsoir,
      Je ne sais pas si vous allez pouvoir répondre à ma question qui porte sur L’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM), elle vise quoi?
      – Le rééchelonnement de la dette publique des payx pauvres très endettés (PPTE) ou,
      – Le rééchelonnement de la dette publique des PPTE vis-à-vis des bailleurs de fonds bilatéraux ou,
      – L’annulation de l’encours de la dette publique des PPTE vis-à-vis des bailleurs de fonds bilatéraux ou,
      – L’annulation de l’encours de la dette publique des PPTE vis-à-vis des institutions internationales ou,
      – Mettre en place un groupe de travail dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de soutenabilité de la dette publiques des PPTE.
      Pour ma part, j’ai mis que c’était l’annulation de l’encours de la dette publique des PPTE vis-à-vis des institutions internationales. Etes-vous d’accord?
      Merci d’avance.

          1. Bonjour,

            Et merci pour votre commentaire !

            Meilleures salutations,
            L’Equipe de Lafinancepourtous.com

      1. ces comptes c’est de l’embrouille !le but est de pomper du fric pour l’état et les pouvoirs !
        il faut y croire ! si vous y croyez , vous banquez ! faites le !
        vous n’y croyez pas ? faites autrement !
        mes impots c’est 80 90 % de mon budget , pour rien !
        je dépense chaque mois 150€ chez leclerc et ça suffit + essence !
        Tant que le peuple ne comprend rien aux chiffres , c’est gagné !

    4. A la lecture de l’article, je me pose une question sur le service de la dette publique. A savoir : si le service de la dette publique est d’autant plus élevé que les taux d’intérêt sont élevés, ou faibles, ou le stock de dette publique est faible, ou le taux de change est volatile ? Je me pose également une question sur la notion du solde public structurel. Dans mon cours, je recherche à quoi correspond cette notion et je ne sais pas si elle correspond au solde annuel corrigé des variations conjoncturelles, saisonnières, des intérêts de la dette publique, ou structurelles ?

      1. Bonjour,
        Le service de la dette publique désigne l’ensemble des sommes déboursées par l’Etat au cours d’une année pour honorer sa dette. Il dépend donc directement du niveau des taux d’intérêt. Plus les taux sont élevés et plus s’endetter est coûteux. Pour la définition du solde structurel, nous vous renvoyons à notre article consacré au déficit structurel et disponible à l’adresse suivante : https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/economie-francaise/comptes-publics/le-deficit-public/deficit-structurel/
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    5. Article intéressant, les questions/réponses le sont encore plus. Ne serait-ce pas là un braquage à ciel ouvert que l’on est en train de vivre ? Sa dimension internationale fait froid dans le dos. Bon été 2022.

    6. Bonjour, en complément de l’évaluation de la dette en % du PIB, est-ce qu’il ne serait pas judicieux de la comparer également au montant des actifs de l’Etat ? Merci pour votre réponse !

      1. Bonjour,
        C’est effectivement une possibilité. Selon les données de l’INSEE (disponibles à l’adresse suivante : https://www.insee.fr/fr/statistiques/5430978), l’actif total des administrations publiques atteignait, en 2020, 3946 milliards d’euros. L’ensemble des passifs financiers était, quant à lui, de 3754 milliards d’euros.
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

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