La dette publique

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La dette publique correspond à l’ensemble des engagements financiers pris sous forme d’emprunts par l’Etat, les collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement. 

La dette publique évolue constamment au rythme des remboursements d’emprunts effectués par l’Etat et les administrations publiques et des nouveaux emprunts qu’ils contractent pour financer leurs déficits.

Si le déficit est un flux, la dette est un stock

Les ressources sont constituées par les impôts, les taxes, et autres recettes non fiscales (par les dividendes des entreprises dont l’État est actionnaire).

Les dépenses intègrent non seulement les dépenses courantes de fonctionnement (salaires, achats de fournitures et de services…),  les opérations de redistributions (aides, bourses, minimas sociaux…) mais aussi les investissements (travaux d’équipement, acquisitions immobilières et mobilières des collectivités locales…) et les dépenses en capital (charges de la dette des différentes administrations publiques par exemple).

Répartition de la dette par administrations publiques

À la fin du quatrième trimestre 2018, la dette publique s’établit à  2 315 milliards d’euros. Comme le montre le graphique ci-dessus,  80 % de la dette publique provient de l’État. Les administrations publiques locales (collectivités territoriales) et les organismes de Sécurité sociale représentent respectivement 8,9 % et 8,8 % de la dette publique. L’État seul accumule 1 842 milliards d’euros de dette à cette date.
Rappelons que les critères européens exigent que la dette publique des pays membres ne dépasse pas la norme de 60 % du PIB (alors qu’elle est de 98 % du PIB en France).

Pour rembourser la part de sa dette arrivant à échéance, L’État emprunte de l’argent sur les marchés financiers notamment par le biais d’obligations du Trésor (OAT) pour financer son déficit. L’argent nécessaire pour couvrir ces besoins est appelé le besoin de financement. En 2019, le besoin de financement de l’État est anticipé à 130 milliards d’euros (pour financer le déficit et refinancer la dette arrivée à maturité). C’est l’Agence France Trésor (AFT) qui gère la dette de l’Etat.

Mesurer l’endettement public

Pour mesurer la dette publique, on la rapporte au produit intérieur brut (PIB). Ainsi, on peut comparer la dette publique à la taille de l’économie.

Dette au sens de Maastricht des administrations publiques

Qui détient la dette publique ? 

À la différence des entreprises ou des ménages, les collectivités publiques ne financent pas leur dette principalement en faisant appel à du crédit bancaire mais en émettant des titres financiers (surtout des obligations) sur les marchés financiers.  Pour financer la dette publique, l’État émet des titres de créances négociables sur les marchés financiers sur une durée plus ou moins longue. Cela va des Bons du Trésor à taux fixe (BTF) aux Bons du Trésor à intérêt annuels (BTAN) en passant par les Obligations Assimilables du Trésor (OAT) qui constituent la forme privilégiée du financement à long terme de l’État (échéances pouvant dépasser dix ans).

Les non-résidents sont les principaux détenteurs de la dette publique française

Détention de la dette de l'état Français

Selon les chiffres publiés par l’Agence France Trésor (AFT), parmi les détenteurs de la dette publique, on trouve 54 % de non-résidents (juillet 2018) tous titres de créances négociables confondus (BTF, BTAN, OAT) émis par l’État. Une proportion en hausse sensible depuis la fin du XXème siècle (en 1993, seul un tiers de la dette publique française était détenu par des non-résidents), mais en baisse par rapport à 2009 (67 %).
Pour l’essentiel il s’agit d’investisseurs institutionnels (fonds de pensions et fonds d’assurance notamment), mais aussi de fonds d’investissements souverains, de banques, voire de fonds spéculatifs. La situation française ne diffère pas fondamentalement de celle des autres pays européens. En 2016, presque la moitié de la dette publique allemande était détenue par des non-résidents, une proportion similaire à celle de l’Espagne. A Malte, seulement 10 % de la dette publique était (en 2016) détenue par des non-résidents, contre 80 % à Chypre (la proportion la plus élevée en Europe).

Les particuliers, détenteurs indirects de la dette publique française

Ce sont d’ailleurs également des banques et des investisseurs institutionnels que l’on retrouve parmi les principaux détenteurs résidents de la dette publique française.
L’État français emprunte donc environ un tiers de sa dette aux banques et sociétés financières nationales. 18 % de la dette publique est détenue par des compagnies d’assurance, qui « achètent » des titres de dette française pour les placements d’assurance vie. Les particuliers sont donc indirectement détenteurs d’une partie significative de la dette publique française. Les banques françaises en détiennent environ 7 %.

    32 commentaires sur “La dette publique”
    1. Bonjour,
      Depuis quand exprime-t-on la dette en la rapportant au PIB ? Cette manière de mesurer la dette fait-elle consensus dans le milieu académique et des alternatives sont-elles proposées ?
      Avant d’utiliser le ratio dette/PIB, utilisait-on d’autres moyens d’exprimer la dette, comme par exemple en monnaie courante ou, comme les communes, en capacité de désendettement exprimée en années ?
      Désolé de vous assomer de questions mais j’ai le plus grand mal à trouver des réponses…

      1. Bonjour,
        Nous ne savons pas précisément quand est apparu le ratio dette publique PIB. Cependant, comme le PIB a été inventé et s’est progressivement répandu à partir des années 1930-1940, l’utilisation de ce ratio est postérieur à cette période. Ce ratio est un des plus fréquemment utilisé par les économistes, cependant il n’est pas le seul à être pertinent et l’on peut également comparer la dette aux recettes (en combien d’années la dette peut être remboursée si toutes les recettes sont allouées à son remboursement) ou regarder le taux d’intérêt de la dette.

        Meilleures salutations
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    2. La dette s’accroit de manière assez spectaculaire à partir de 2009 soit suite à la crise financière de 2008 (votre graphique est très explicite à ce sujet). Pour quelles raisons ?

      1. Bonjour,

        La crise de 2008 a conduit à une baisse des recettes fiscales (moindres rentrées d’impôts du fait de la faiblesse de la croissance) et à une hausse des dépenses (plus d’aides sociales versées du fait de la hausse du chômage), donc à un creusement du déficit public. Ce déficit augmente mécaniquement la dette publique.
        Meilleures salutations
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

      2. Merci pour votre réponse concise et claire. Peut-on estimer la proportion de cet accroissement de la dette depuis 2009 lié aux conséquence de la crise financière de 2008 ? Cela permettrait de distinguer de ce qui est de la responsabilité directe de l’Etat au niveau des dépenses de ce qui tire son origine de la dite crise…

      1. Bonjour,

        Il nous semble difficile et peu judicieux d’interdire la dette publique. En effet, bien utilisée, elle permet de financer des investissements durables et utiles. De plus, avec des taux d’intérêts actuellement négatifs, financer des investissements publics par la dette peut se révéler être une bonne idée.

        Meilleures salutations
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

      2. A mon avis non, un bon ménage essaie de ne pas trop s’endetter à vie! L’Etat dépense plus que de raison – c’est un mauvais gestionnaire de notre argent. Un Etat endetté est un Etat qui n’est plus libre de sa politique; plutôt que de payer le service de la dette ( 2ième poste de dépense) on pourrait résoudre tous les pb des hopitaux, des écoles, des ponts qui s’écroulent,..etc. On voit bien que notre Président est coincé, c’est pour cela qu’il veut mettre en question la règle des 3% de déficit.

    3. Bonjour, existe-t-il une dette publique nette et une dette publique brute ainsi qu’existe-t-il une dette publique explicite et une dette publique implicite ?

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