Deux grandes traditions économiques, la pensée néo-classique et la pensée keynésienne, apportent des réponses complémentaires à cette question fondamentale. Dans les deux cas, l’intérêt est un prix qui rémunère une renonciation, un sacrifice du prêteur.
L’intérêt comme prix du temps
L’explication la plus simple de l’origine de l’intérêt nous vient de la théorie néo-classique. Dans cette tradition, le taux d’intérêt est avant tout le prix du temps, ou prix du report de consommation. L’idée est relativement intuitive : un individu préfère, en général, consommer aujourd’hui plutôt que demain. Recevoir 100 euros immédiatement a plus de valeur que recevoir ces mêmes 100 euros dans un an, car la satisfaction associée à une consommation immédiate est jugée supérieure à celle d’une consommation différée. C’est ce que les économistes appellent la préférence pour le présent.
Dans cette perspective, prêter de l’argent revient à renoncer temporairement à consommer. Pour qu’un agent accepte ce sacrifice, il faut le rémunérer : l’intérêt reflète précisément cette compensation. Il reflète l’arbitrage entre consommation présente et consommation future. Plus les agents sont « impatients », plus le taux d’intérêt exigé pour les convaincre d’épargner doit être élevé.
À l’équilibre, le taux d’intérêt sur le marché des fonds prêtables est celui qui égalise l’épargne (l’offre de fonds de ceux qui acceptent de reporter leur consommation) et l’investissement (la demande de fonds des entreprises souhaitant financer des projets productifs).
L’intérêt comme prix de la liquidité
La tradition keynésienne propose une lecture différente, qui ne contredit pas la première mais la complète. Pour John Maynard Keynes, l’acte d’épargner et l’acte de prêter sont deux décisions distinctes. Un agent peut très bien renoncer à consommer aujourd’hui sans pour autant prêter son argent : il peut choisir de le conserver sous forme liquide, c’est-à-dire immédiatement disponible, par exemple sur un compte courant ou sous forme d’encaisses monétaires.
Or, la liquidité a une valeur en soi. Détenir de la monnaie, c’est conserver une capacité d’action immédiate face à l’incertitude : imprévus, opportunités d’achat, besoins soudains… À l’inverse, prêter son argent revient à s’en déposséder pour une durée donnée et à ne plus pouvoir profiter du pouvoir extraordinaire de la monnaie. Dans cette optique, l’intérêt est la rémunération exigée par le prêteur pour renoncer à sa liquidité.
À l’équilibre, le taux d’intérêt sur le marché monétaire est celui qui égalise l’offre de monnaie et la demande de monnaie.
bonjour,
les particuliers sont endettées à hauteur de 1500 milliards d’euros
les entreprises sont endettées à hauteur de 1300 milliards
l’état est endetté à hauteur de 3000 milliards
quel est le montant par an des intérêts payés et que représente se montant par rapport à la masse salariale ?
sources :
https://www.banque-france.fr/statistiques/credit/credit/credits-par-taille-dentreprises#:~:text=Les%20encours%20de%20cr%C3%A9dit%20sont,de%20march%C3%A9%20devenus%20plus%20couteux.
https://www.banque-france.fr/statistiques/credit/credit/credits-aux-particuliers
https://www.economie.gouv.fr/cedef/dette-publique
Bonjour,
Selon les données publiées par l’INSEE, l’Etat a versé 53,2 milliards d’euros d’intérêts en 2022. Nous ignorons toutefois si une statistique similaire existe pour les ménages et les entreprises.
Meilleures salutations,
L’Equipe de Lafinancepourtous.com