Effets attendus d’une politique de l’offre

la finance pour tous

Les produits français sont réputés peu compétitifs en raison des charges excessives pesant sur nos entreprises nationales et d’un niveau de gamme trop faible. En allégeant ces charges, il serait, selon les défenseurs d’une politique de l’offre, possible d’augmenter tout à la fois les profits et les investissements des entreprises, ce qui stimulerait l’activité économique. Explications.

Effets attendus d’une politique de l’offre

    7 commentaires sur “Effets attendus d’une politique de l’offre”
    1. Bonjour,
      je trouve ce schéma très instructif pour comprendre ce qui motive les politiques depuis 15 ans.
      Néanmoins, ce schéma ne permet pas de comprendre ce qui se passe réellement.
      Il faudrait donc lui adjoindre un schéma avec les effets concrets et réels de cette politique de l’offre :
      – Hausse du déficit
      – Effet inexistant sur le chômage
      – Profits sortant de l’économie réelle (rémunération du capital investie dans des titres financiers improductifs)
      – Baisse de la Demande Globale
      – Stagnation du PIB
      – et les entreprises ayant peu de débouchés demandent encore des baisses de « charges » (c’est-à-dire de la consommation future, donc se tirent une balle supplémentaire dans le pied et aggravent la dette publique des Etats)

      Merci d’avance !

      1. Bonjour,
        Merci pour votre commentaire et votre retour.
        En effet, il peut y avoir une réelle différence entre les effets attendus, et les effets réels. Cependant, discuter des effets réels est beaucoup plus délicat, pour deux raisons :
        • Mesurer les effets concrets n’est pas si évident. Quand vous expliquez qu’il n’y a pas d’effet sur le chômage par exemple, cela suppose que vous êtes en mesure d’obtenir un contrefactuel avec lequel on peut comparer notre situation. Il ne suffit pas de regarder le chômage après par rapport à avant. Or, cet exercice n’est pas simple à réaliser. De même, affirmer que de l’argent est investi dans des titres financiers (sur le marché secondaire en majorité) et conclure que cela n’a aucun effet sur la production est un peu rapide. Car la dynamique des marchés secondaires est logiquement nécessaire pour que la dynamique sur les marchés primaires apparaisse.
        • Surtout, vous semblez faire la supposition que la France mène une politique de l’offre depuis plusieurs années voire dizaines d’années. Cette position n’a rien d’évident. Les dépenses publiques françaises sont les deuxièmes plus élevées de l’UE. Les prélèvements obligatoires sur les entreprises, une fois pris en compte les différentes aides et subventions, sont au deuxième rang, mais mondial (derrière la Suède). Ce sont des exemples, bien sûr, un peu « cherry pickés », mais tout cela pour dire qu’il y a matière à débat.
        Nous espérons que ces quelques éléments pourront contribuer à la discussion.
        Meilleures salutations,
        L’équipe de Lafinancepourtous

    2. Dans le raisonnement schématisé ci-dessus, manque la question du financement de la mesure. Or la façon de financer peut entraîner des conséquences inverses de celles du schéma, c’est là qu’est le véritable dilemme de politique économique.

    3. Bonjour,

      L’achat de robot est un investissement de productivité, dont on attend peu d’effets sur l’emploi, par définition. Sauf bien sûr pour les producteurs de robots. Néanmoins, cela permet à l’entreprise de demeurer compétitive, voire d’être davantage compétitive. Si au final, elle gagne ainsi des parts de marché, cela peut être favorable à l’emploi car elle devra réaliser des investissements de capacité ou augmenter son taux d’utilisation de ses équipements (ce qui peut nécessiter d’embaucher).

      Par ailleurs, les entreprises qui exportent ont généralement besoin de faire appel à des sous-traitants pour produire leurs biens. Ainsi, gagner des parts de marché à l’export permet aussi d’accroître l’activité de PME qui dépendent des commandes des plus grosses entreprises.
      De même, le gain de compétitivité concerne aussi les entreprises qui n’exportent pas mais qui subissent sur le territoire national la concurrence d’entreprises étrangères. Réduire les coûts de production des entreprises françaises a donc un impact plus large sur la compétitivité des entreprises que pour les seules exportatrices.
      Une politique de la demande spécifiquement nationale n’aurait que peu de chances de réussir à créer des emplois car le problème des entreprises françaises est principalement un défaut de compétitivité prix. Si on stimule la consommation en France, on a toutes les chances de favoriser les importations, c’est-à-dire les produits fabriqués à l’étranger. On créerait bien des emplois, mais pas en France, ou très peu dans les secteurs protégés de la concurrence internationale.
      L’idéal est de renforcer la compétitivité des entreprises et de bénéficier d’une relance de la consommation provenant de l’étranger (cf. Plan Juncker). Une fois la compétitivité restaurée, on peut ensuite envisager de stimuler la consommation intérieure via des hausses de salaires par exemple. On peut ainsi espérer enclencher un cercle vertueux.

      Enfin, une politique cherchant à renforcer la compétitivité d’une économie vise les entreprises d’une certaine taille. Le boulanger traditionnel ne verra pas ses ventes augmenter, sauf dans un second temps si les emplois créés lui apportent une clientèle nouvelle.

      Meilleures salutations.

      L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    4. Graphique intéressant, mais je pense qu’il est erroné.
      En fait, je pense qu’une hausse des investissements productifs des entreprises ne fera pas réduire le chômage. L’achat d’un robot a toujours tendance à réduire l’emploi qu’à l’augmenter.

      Ensuite, je pense qu’il faut faire 2 graphiques différents.
      La majorité des entreprises françaises ne fonctionnent que par la consommation à l’intérieur du pays, et pas du tout à l’export.
      Je pense donc qu’il faut faire un graphique pour les entreprises exportatrices, et un autre graphique pour les entreprises de consommation interne au pays.
      Ce qui veut dire que l’on ne peut pas faire qu’une politique de l’offre, mais plutôt une politique de l’offre pour les entreprises exportatrices, et une politique de la demande pour les entreprises qui n’exportent pas.

      J’ai d’ailleurs énormément de mal à voir comment un boulanger peut s’y retrouver avec une politique de l’offre. A preuve du contraire, il ne vend pas à l’export, sauf peut-être pour les frontaliers.

7 commentaires

Commenter