Des marchés différents
Il existe trois grands types de marchés :
- le marché des biens et services où s’échangent toutes sortes de productions,
- le marché du travail où les ménages offrent leur force de travail aux entreprises en échange d’une rémunération,
- le marché des capitaux où circulent la monnaie et différents titres financiers, dont les actions et les obligations
Selon leur degré de concurrence, les marchés fonctionnent différemment. On peut ainsi distinguer quatre formes principales :
- le monopole correspond à une situation où un seul producteur fait face à de nombreux acheteurs. C’est le cas par exemple, d’une compagnie ferroviaire nationale,
- l’oligopole qui se caractérise par la présence de quelques entreprises dominantes face à de nombreux consommateurs à l’image du secteur automobile,
- la concurrence monopolistique est un marché où de nombreux producteurs vendent des produits différenciés comme dans la restauration.
- le marché parfaitement concurrentiel concentre de nombreux producteurs et acheteurs qui échangent des produits identiques.
Pour que les échanges puissent se dérouler correctement, les marchés s’appuient sur des institutions qui imposent des règles juridiques et financières : respect du droit de la propriété, circulation de la monnaie dans le cadre des transactions, conformité avec le cadre sanitaire et technique…
Le modèle de la concurrence pure et parfaite
Pour analyser le fonctionnement idéal d’un marché, les économistes ont élaboré un modèle théorique appelé concurrence pure et parfaite. Ce modèle repose sur cinq conditions strictes :
- l’atomicité du marché suppose que les acheteurs et vendeurs sont si nombreux qu’aucun ne peut influer sur le prix de manière décisive (ont dit que les agents sont preneurs de prix, price-takers en anglais),
- l’homogénéité des produits implique que les biens échangés sont identiques et ne se distinguent que par leur prix,
- la libre entrée et sortie signifie qu’aucune barrière (juridique ou financière) n’empêche les entreprises de rejoindre ou de quitter le marché sur lequel elles se positionnent,
- la mobilité parfaite des facteurs de production permet aux travailleurs et aux capitaux de circuler librement,
- la transparence du marché garantit que tous les acteurs disposent gratuitement de toute l’information disponible sur les prix pratiqués.
Dans la réalité, aucun marché ne remplit parfaitement ces cinq conditions. Ce modèle reste néanmoins utile pour comprendre les mécanismes d’échange sur les marchés les plus concurrentiels.
La formation du prix d’équilibre
Sur un marché concurrentiel, le prix résulte de la confrontation entre l’offre et la demande. La demande représente la quantité qu’un consommateur est prêt à acheter à différents niveaux de prix. Elle suit généralement la loi de la demande : plus le prix augmente, moins les consommateurs achètent. On peut représenter cette relation par une courbe décroissante.
L’offre correspond aux quantités que les producteurs souhaitent vendre selon le prix proposé. Elle obéit à la loi de l’offre : plus le prix est élevé, plus il devient rentable de produire, et donc plus les entreprises offrent de biens sur le marché. Cette relation se traduit par une courbe croissante [illustration].
Le prix d’équilibre se situe à l’intersection des courbes de l’offre et de la demande. À ce prix précis, les quantités offertes égalent les quantités demandées : il n’y a ni surplus ni pénurie. Ce mécanisme d’ajustement automatique par les prix est au cœur du fonctionnement des marchés concurrentiels.
L’équilibre d’un marché n’est jamais figé. Il se modifie lorsque certains éléments de l’offre ou de la demande évoluent. Du côté de l’offre, plusieurs facteurs peuvent provoquer son déplacement : les progrès technologiques qui réduisent les coûts de production, ou les variations du prix des matières premières, par exemple. Lorsque l’offre augmente, la courbe se déplace vers la droite, entraînant une baisse du prix d’équilibre.
La demande peut également se déplacer sous l’effet de plusieurs éléments : l’évolution du revenu des ménages, les changements de goûts des consommateurs, la variation du prix des biens ou les anticipations sur l’avenir. Une hausse de la demande déplace la courbe vers la droite et fait monter le prix d’équilibre.
L’intervention de l’État sur un marché
L’intervention de l’État peut faire varier le prix d’équilibre. Ainsi, une taxe sur les consommateurs entraine le plus souvent une baisse des achats ou l’attente d’un prix encore plus bas. Á l’inverse, une taxe sur les producteurs a pour conséquence une diminution des ventes ou l’augmentation des prix à l’unité afin de couvrir le coût de la taxe. Dans les deux cas, les quantités échangées se réduisent et les prix augmentent.
La maximisation du profit et des gains lors des échanges
Dans un système d’échange ouvert, les producteurs cherchent à maximiser leur profit. Pour cela, ils doivent s’assurer que chaque unité produite rapporte plus qu’elle ne coûte. Le coût marginal, c’est-à-dire le coût de production d’une unité supplémentaire, joue un rôle clé. Tant que le prix de marché dépasse le coût marginal, il est rentable de produire davantage. Cependant, le coût marginal augmente avec la production (par exemple, parce que les unités de productions sont moins efficaces). Le producteur maximise donc son profit en produisant jusqu’au point où le coût marginal égale le prix du marché.
L’échange sur un marché concurrentiel génère des gains pour les deux parties.
Notion de surplus
Le surplus du consommateur mesure la satisfaction qu’il retire de l’achat d’un bien ou d’un service : c’est la différence entre le prix maximum qu’il est prêt à payer et le prix réellement payé. Si un consommateur accepte de dépenser 40 € pour une petite table mais ne la paye en fait que 30 €, son surplus est de 10 €.
Pour le producteur, le surplus représente son gain : l’écart entre le prix auquel il accepte de vendre et le prix de marché. Si un producteur est prêt à vendre 50 € une chaise mais la vend finalement à 35 €, son surplus est de 15 €.
Le surplus total est égal à la somme des surplus du consommateur et du producteur. Cela constitue les gains totaux générés par l’échange entre les agents économiques. Sur un marché en concurrence pure et parfaite, le surplus total est maximisé à l’équilibre. C’est-à-dire qu’aucune autre combinaison de prix et de quantité ne peut générer autant de gains pour l’ensemble des parties.
Cependant, toute intervention qui éloigne le marché de son équilibre (taxe, contrôle des prix…) réduit le surplus total. Une partie des gains potentiels est perdue : c’est ce qu’on appelle une perte sèche. Cette perte se répartit entre consommateurs et producteurs.
En somme, le modèle du marché concurrentiel permet de comprendre la formation des prix et le comportement des agents économiques en fonction de différents scénarios. C’est un modèle introductif utile en économie.
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