Les différents risques sociaux
Les principaux risques sociaux sont :
- la maladie qui entraine des dépenses importantes et une perte de revenus,
- les accidents domestiques, ceux liés au travail ou survenus dans le cadre des transports,
- le vieillissement qui s’accompagne souvent de maladies, d’un éventuel handicap voire d’une perte d’autonomie,
- le chômage qui a pour conséquence une réduction de ses revenus.
Sans mécanismes de protection individuels ou collectifs, ces événements conduisent à une forte dégradation du niveau de vie. L’exposition à ces risques varie selon les caractéristiques sociales, économiques (âge, genre, niveau de la formation initiale, antécédents de santé, niveau socio-économique, nature du métier exercé, le lieu de vie…).
Au-delà de ces facteurs, les comportements individuels influencent également l’exposition aux risques. Certaines personnes sont plus précautionneuses, anticipent mieux les risques existants ou futurs pendant que d’autres sont moins attentives et s’exposent à plus d’aléas.
Les dispositifs individuels et collectifs de gestion des risques
Face aux risques, plusieurs stratégies existent :
La prévention
c’est l’ensemble des mesures destinées à limiter qu’un risque ne se produise. Par exemple, se laver les mains et limiter les contacts pendant une épidémie, respecter les règles de sécurité au travail. La prévention n’élimine pas tous les risques, mais contribue à une meilleure prise en charge des risques,
La solidarité familiale
De manière traditionnelle, la famille assure une fonction d’amortisseur des risques grâce à l’entraide intergénérationnelle : les parents aident souvent leurs enfants (matériellement ou financièrement),
Les mutuelles et les sociétés d’assurance
Ces institutions fonctionnent selon le principe de la mutualisation : elle permet de réduire le coût d’un risque en le répartissant entre plusieurs agents économiques. Chaque assuré verse une prime (ou cotisation) qui sert à indemniser les assurés ayant subi un sinistre. La mise en commun des ressources contribue à tous, le moment venu.
La protection sociale : un système public de solidarité
Si les assurances privées jouent un rôle important, elles ne peuvent pas couvrir tous les besoins. Pourquoi ? Car certaines personnes n’ont pas les moyens de payer une prime d’assurance et de nombreux risques sont trop importants pour être assumés par des entreprises. La recherche de profit limite en partie cette possibilité.
L’État a donc créé un dispositif spécifique : la protection sociale (maladie, famille, retraite, handicap, risques professionnels). C’est un mécanisme de prévoyance collective permettant aux personnes de faire face aux conséquences financières des risques sociaux. Ce qui permet de verser de prestations sociales et familiale, le cas échéant. Ces prestations sont financées par des cotisations sociales.
La protection sociale fonctionne selon deux logiques complémentaires :
- une logique d’assurance qui repose sur la contribution individuelle : seuls ceux qui ont cotisé bénéficient des prestations. C’est le cas des allocations chômage et de la retraite : il faut donc avoir préalablement cotisé pour percevoir une allocation ou une pension,
- une logique d’assistance qui concerne tous les citoyens y compris ceux qui n’ont pas cotisé. Cette partie est financée par l’impôt. Les plus riches payant pour les plus pauvres. C’est le cas du versement du revenu de solidarité active (RSA).
Les bénéfices liés au partage des risques
Ils sont de plusieurs sortes :
- une sécurité pour les entreprises et un « plus » pour l’innovation : avec un matelas de sécurité, il est plus facile de prendre des risques mesurés,
- une meilleure qualité de bien-être pour chacun y compris lorsqu’une personne se retrouve dans une situation délicate (maladie, accident du travail, perte d’emploi…),
- une réduction des inégalités entre tous grâce à la possibilité de disposer de ressources minimales pour vivre,
- un moyen de lutter contre la pauvreté.
Les sociétés qui protègent mieux leurs concitoyens sont des sociétés plus éduquées, en meilleure santé, plus confiante et plus attractive sur un plan social et économique.
Toutefois, il y a aussi des limites à ce modèle. Elles sont financières car la solidarité a un coût d’autant plus grand que l’État est endetté et/ou que la croissance est en berne. Par ailleurs, il y a aussi l’effet de l’aléa moral. Ainsi, lorsqu’une personne bénéficie d’une protection individuelle et collective de qualité, il peut avoir tendance à modifier son comportement en prenant d’avantage de risques et en faisant prendre plus à la collectivité.
Pour limiter l’effet de l’aléa moral, les assureurs et l’État mettent en place des mécanismes dissuasifs (la franchise, le bonus-malus, le reste à charge…). Ce qui permet de responsabiliser les personnes.
En somme, pour faire face aux risques sociaux, il existe deux mécanismes modernes : l’assurance individuelle et la solidarité collective. Ces dispositifs sont cumulatifs. Efficaces, durables mais aussi parfois coûteux, ils sont essentiels à l’équilibre d’une société moderne qui confrontée à l’aléa moral doit répondre au mieux aux défis de la sécurité sociale et du dynamisme économique.
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