Besoin et capacité de financement
Le plus souvent, le besoin de financement des agents économiques se caractérise par une situation financière où les dépenses sont supérieures aux revenus. C’est le cas des entreprises qui doivent investir dans leur production avant de vendre leurs produits, des ménages qui acquièrent un logement, ou encore de l’État qui finance des politiques publiques.
À l’inverse, la capacité de financement désigne le fait qu’un agent économique dispose de revenus supérieurs à ses dépenses. C’est le cas des ménages qui disposent d’une épargne par exemple. Un ménage qui gagne plus qu’il ne dépense peut mettre de côté une partie de ses revenus et la placer. Cette épargne ne reste pas inactive : elle devient une ressource disponible pour financer les projets d’autres agents économiques. C’est le marché des fonds prêtables. Sur ce marché, les prêteurs rencontrent les emprunteurs. Comme sur tout marché, un prix s’établit : il prend la forme d’un taux d’intérêt. Ce taux représente le pourcentage de la somme prêtée que l’emprunteur doit payer au prêteur en plus du remboursement du capital.
Le taux d’intérêt remplit deux fonctions essentielles. Pour le prêteur, il constitue la rémunération du service rendu et la compensation du risque pris, puisque l’emprunteur peut faire faillite et ne pas rembourser. Pour l’emprunteur, il représente le coût du financement. Plus le taux est élevé, moins il est intéressant d’emprunter. Ce taux se fixe à l’équilibre entre l’offre et la demande de fonds prêtables.
Le financement des ménages
Les ménages occupent une position particulière dans le système de financement. L’épargne d’un ménage correspond à la partie de son revenu disponible qui n’est pas consommée.
Pour calculer ce revenu disponible, on additionne les revenus du travail et de la propriété ainsi que les éventuelles prestations sociales, puis on retranche les prélèvements obligatoires comme les cotisations sociales et les impôts directs.
Cependant, individuellement, de nombreux ménages ont besoin de financement, crédit consommation ou crédit immobilier pour leurs dépenses courantes ou l’acquisition d’un bien immobilier dont le remboursement se fait sur plusieurs années.
Les trois modes de financement des entreprises
Les entreprises disposent de plusieurs options pour financer leurs activités :
Le financement interne autofinancement
C’est l’épargne que l’entreprise a accumulée grâce à ses profits. Pour calculer cette capacité d’autofinancement, on part de l’excédent brut d’exploitation (EBE), qui mesure le profit de l’entreprise. On obtient cet excédent en soustrayant au chiffre d’affaires les coûts de production : consommations intermédiaires, rémunérations des salariés et impôts sur la production. De cet excédent, on ôte les intérêts versés aux prêteurs, les dividendes distribués aux actionnaires et les impôts sur les bénéfices pour obtenir l’épargne disponible.
Grâce à l’autofinancement, l’entreprise ne s’endette pas et conserve son indépendance. Cependant, cette source de financement ne suffit pas lorsqu’il s’agit de gros investissements. Les entreprises doivent donc recourir à des financements externes.
Le financement externe indirect
Le financement externe indirect passe par des intermédiaires financiers : les banques principalement. Elles collectent des dépôts et accordent des crédits. Les banques se rémunèrent grâce aux intérêts versés par les emprunteurs. Ce mode de financement joue un rôle crucial pour les petites et moyennes entreprises qui n’ont pas accès aux marchés financiers.
Le financement externe direct
Le financement externe direct concerne surtout les grandes entreprises. Il s’effectue sur les marchés financiers par l’émission et la vente de titres : actions et obligations.
Le financement de l’État et ses conséquences
L’État réalise des dépenses considérables : salaires des fonctionnaires, prestations sociales, investissements dans les infrastructures, financement des services publics, etc. Pour couvrir ces dépenses, il perçoit des recettes : les impôts et les cotisations sociales (entreprises, indépendants, retraités et salariés).
La différence entre recettes et dépenses constitue le solde budgétaire. Lorsque les recettes dépassent les dépenses, le solde est excédentaire. Lorsque les dépenses dépassent les recettes, le solde est déficitaire : l’État a alors des besoins de financement.
Pour financer un déficit budgétaire, l’État emprunte, principalement en émettant des obligations sur les marchés financiers.
Les investisseurs achètent ces titres car ils sont considérés comme des placements sûrs : un État fait rarement faillite et peut toujours lever des impôts pour rembourser ses dettes.
L’augmentation des dépenses publiques, même financée par l’emprunt, peut avoir des effets positifs sur l’économie. C’est le principe de la politique de relance : en dépensant davantage, en période de faible croissance ou de récession, l’État stimule la demande. Les entreprises qui reçoivent des commandes publiques embauchent, les ménages consomment davantage, ce qui relance la production et accélère la croissance économique. Cette politique keynésienne fait du déficit public un outil de régulation et de croissance.
Cependant, cette stratégie peut être risquée : c’est ce qu’on nomme l’effet d’éviction. Lorsque l’État émet massivement des obligations sur les marchés financiers, il détourne une partie de l’épargne disponible vers ses propres besoins. Les investisseurs se détournent alors des actions et obligations des entreprises, qui apparaissent plus risquées. Cette diminution des capitaux disponibles entraîne une hausse des taux d’intérêt, rendant plus coûteux l’emprunt pour les entreprises. Ce qui peut freiner la croissance à moyen terme.
En somme, le financement de l’économie repose sur un équilibre délicat entre les différents agents économiques. Les ménages, grâce à leur épargne, fournissent l’essentiel des ressources financières disponibles. Les entreprises se financent elles-mêmes, utilisent les crédits bancaires ou empruntent sur les marchés financiers selon leurs besoins. Quant à l’État, il utilise le déficit budgétaire comme un outil de pilotage des politiques économiques avec le risque de trop s’endetter, et donc de fragiliser ses marges d’action, à terme.
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