Organisation et gouvernance des entreprises

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Les entreprises sont les acteurs majeurs du processus de production de biens et de services. Derrière cette fonction économique se cache une réalité organisationnelle complexe : une gouvernance singulière, un circuit de prise de décisions spécifique, des relations commerciales diverses, etc.

La diversité des entreprises et leur cycle de vie

En France, en 2022 (Insee), on dénombre environ 5,5 millions d’entreprises actives aux profils très divers.

Les formes d’entreprises

Plusieurs critères permettent de les classer :

  • la taille : de la microentreprise (jusqu’à 10 salariés et un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros) en passant par le PME-PMI (jusqu’à 250 salariés et un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros), les établissements intermédiaires (ETI) (jusqu’à 4999 salariés et un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliards d’euros) et les grands groupes (au-delà de 5000 salariés et un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliards d’euros),
  • le secteur d’activité : le secteur primaire qui concentre les activités d’extraction et d’exploitation des ressources naturelles (l’agriculture, par exemple), le secteur secondaire (l’industrie, le BTP…), le secteur tertiaire marchand et non-marchand (les entreprises de services, le commerce, la santé, l’éducation, les transports, les administrations publiques…),
  • le statut juridique : l’entreprise individuelle qui est la propriété d’une seule personne, les sociétés (à responsabilité limitée, anonymes, par actions simplifiées) sont autant de formes juridiques qui permettent de détenir à plusieurs une même entreprise.

Les entreprises traversent un cycle de vie marqué par plusieurs étapes.

Phase de création

1-Un ou plusieurs entrepreneurs élaborent un projet avec un business plan

2-Choix du statut juridique

3- Recherche de financements

4-Enregistement légal de l’entreprise

Phase de croissance et de développement

1-Développement de produits et services

2-Diversification de l’offre

3-Conquète de nouveaux marchés

4-Recrutement de personnels et recherche de nouveaux financements

5-Choix éventuel d’un nouveau statut (nouveaux actionnaires)

Phase de risques

1-Défaut de paiement (dettes auprès des fournisseurs, des salariés, des prêteurs)

2-Perte de compétitivité

3-Demande insuffisante

4-Rique de liquidation : vente des actifs pour rembourser les créanciers, salariés

Selon la théorie de la destruction créatrice de Joseph Schumpeter, ce processus est permanent : des entreprises disparaissent tandis que d’autres naissent, portées par de nouvelles ruptures d’innovation.

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Les acteurs internes et leurs rôles dans les entreprises

On dénombre quatre acteurs principaux au sein d’une entreprise :

L’entrepreneur

Dans les petites entreprises, l’entrepreneur cumule généralement plusieurs fonctions : créateur, propriétaire et dirigeant. La croissance de l’entreprise entraîne ensuite une spécialisation des rôles,

Les actionnaires

Les actionnaires sont les propriétaires de tout ou partie du capital de l’entreprise au travers de la détention d’actions. Dans les grandes entreprises, les actionnaires sont nombreux et ne dirigent pas eux-mêmes la structure. Ils se réunissent en conseil d’administration pour prendre les décisions stratégiques et désigner les dirigeants,

Les dirigeants

Ils sont des salariés chargés de piloter l’entreprise au quotidien. Le président-directeur général (pdg), nommé par les actionnaires, prend les décisions courantes et veille à la rentabilité de l’entreprise,

Les salariés

Les salariés constituent la majorité des employés. Ils travaillent pour l’entreprise en échange d’un salaire et occupent des postes variés dans différents services : production, ressources humaines, comptabilité, marketing, logistique, etc.

Les structures hiérarchiques et les modes de gouvernance

Les entreprises fonctionnent selon une organisation hiérarchique où chaque personne est subordonnée à un supérieur jusqu’au sommet de la pyramide. Cette hiérarchie établit une chaîne de commandement et définit l’autorité de chacun.

La gouvernance d’entreprise désigne l’ensemble des règles et processus qui définissent comment l’entreprise est dirigée. Deux modèles existent :

  • la gouvernance centralisée concentre l’autorité décisionnelle au sommet de la hiérarchie. Les décisions importantes sont prises par le conseil d’administration ou la direction générale, puis transmises aux échelons inférieurs. L’autonomie des services et des salariés est encadrée. Ce modèle est propre à la société industrielle du XXème siècle, où une séparation nette existe entre les cadres et les employés,
  • la gouvernance décentralisée permet une circulation de l’autorité à différents niveaux hiérarchiques. Les responsabilités sont partagées entre les cadres et les salariés qui bénéficient d’une plus grande autonomie. Les décisions peuvent être prises à des échelons variés et les employés sont représentés dans les instances de gouvernance.

Le choix du mode de gouvernance influence le fonctionnement de l’entreprise. Chaque modèle présente des avantages et des inconvénients selon le contexte et les objectifs de l’entreprise.

L’entreprise comme lieu de relations sociales

Au-delà de sa fonction de production, l’entreprise est aussi un lieu de vie sociale. Chacun peut s’y reconnaître et former avec ses collègues, une communauté d’entraide, d’échange, de partage voire tisser des relations amicales. L’entreprise procure un statut social et une identité professionnelle qui compte au-delà même de l’entreprise. On en parle avec ses amis, en famille, auprès de ses connaissances.

Dans le cadre de l’activité de l’entreprise, les salariés coopèrent pour atteindre des objectifs communs : réaliser des projets de développement, mettre en place des innovations, soutenir des restructurations, etc. Cette coopération peut être plus ou moins favorisée, démocratique ou généralisée. Des mécanismes facilitent le dialogue social, c’est le cas du comité social et économique (CSE) où se réunissent les partenaires sociaux.

Ce qui n’exclue pas le fait que l’entreprise puisse être aussi le lieu de conflits et de tensions entre employeur et salarié à propos du partage de la valeur, des conditions de travail ou du respect des droits. Les syndicats (salariés, patronaux), les représentants du personnel sont des corps intermédiaires qui permettent de répondre à ces conflits.

En somme, les entreprises sont des organisations complexes où se croisent de nombreux acteurs aux rôles distincts, où s’exercent des formes d’autorité et de gouvernance diverses, et où se nouent des relations sociales apaisées ou non.

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