Investir dans des lettres et manuscrits

la finance pour tous

Le marché des lettres et les manuscrits se développe et on assiste de fait à des pratiques commerciales parfois abusives. Les collectionneurs sont bien sûr les premiers intéressés mais de plus en plus d’investisseurs y voient un produit de diversification financière, au même titre que le vin ou les forêts. La prudence reste de mise.

Investir dans des lettres et manuscrits Deux modes d’acquisition

  • Sous réserve d’avoir les connaissances nécessaires et assez d’argent – les biens de ce type pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros -, il est possible d’acquérir par soi-même une partie de la correspondance d’une personne célèbre ou un manuscrit original d’un auteur à succès. Les achats se font auprès de particulier ou de marchands spécialisés dans le cadre d’une vente de gré à gré ou lors d’une vente aux enchères.

  • Pour ceux qui sont moins argentés mais que le domaine passionne, certaines sociétés proposent aujourd’hui d’acquérir ces œuvres en indivision. Vous devenez ainsi acquéreur de parts représentant un pourcentage de l’oeuvre.

Les manuscrits et les lettres peuvent être achetés lors de vente aux enchères ou à des marchands spécialisés.

Valorisation des manuscrits

Il n’y a pas de côte officielle sur ce type d’oeuvre. La valeur dépend de l’auteur, de l’état de conservation, et de l’intérêt historique qu’on lui prête. Il faut être prudent et n’acheter que des objets expertisés. 

L’affaire Aristophil

La société Aristophil achetait des manuscrits (aux enchères ou directement auprès de particuliers), pour un certain prix, créait ensuite des lots virtuels qu’elle revendait à des prix 10 à 20 fois supérieurs aux œuvres achetées sur le marché.

Elle promettait à ses clients des rendements élevés et un produit liquide en laissant croire qu’elle pourrait racheter les parts ainsi créées à tout moment. Cela s’apparente à une pyramide de Ponzi puisque les nouveaux entrants dans le schéma ont permis de payer les intérêts perçus par les premiers investisseurs.

Résultat : quelques années plus tard, liquidation de la société, nombreuses mises en examen et préjudice chiffré à au moins 700 millions d’euros. La société a été mise en liquidation en 2015, et une première vente aux enchères s’est tenue en décembre 2017. 18 000 investisseurs ont été lésés.

Les frais à prévoir

Lors d’une vente aux enchères, des frais sont supportés par le vendeur et l’acheteur :

  • pour le vendeur, ils sont de l’ordre de 15  à 20 % du prix en fonction de l’importance de l’objet et prennent en compte les frais de catalogue, de photographie, d’assurance, d’expertise.

  • Pour l’acheteur, ils sont de l’ordre de 20 à 25 % du prix d’adjudication.

Par ailleurs, il est prudent de souscrire une assurance pour couvrir le vol, incendie ou les dégâts des eaux. Il peut s’agir d’une assurance spécifique ou d’un simple avenant sur le contrat d’assurance habitation selon les assureurs.

Pour l’achat de part, l’offre, actuellement très réduite, propose des packages dans lesquels sont inclus les frais d’assurance ou de conservation.

La fiscalité

L’imposition des plus-values éventuelles en cas de revente s’effectue au taux de 19 % (auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux). Le montant de la plus value est réduit d’un abattement de 5 % par année de détention au delà de la deuxième année : la plus-value est donc totalement exonérée au bout de 22 ans de détention, sous réserve de justifier de la date et du prix d’achat ou que le bien est détenu depuis plus de 22 ans.

 Les manuscrits et les lettres sont considérés comme des objets de collection, voire comme des objets d’antiquités s’ils ont plus de 100 ans. Dans les deux cas, ils n’entrent pas dans le calcul de l’ISF (Article 885 I du Code Général des Impôts).

 

Placements atypiques : l’AMF doit donner son autorisation à la commercialisation

En application de la loi Sapin 2, l’Autorité des marchés financiers dispose de nouvelles compétences lui permettant d’effectuer un contrôle renforcé et avant commercialisation des offres de placements. Depuis mai 2017, la société ou l’intermédiaire qui propose des investissements dans les diamants, le vin, les forêts… doit demander une autorisation préalable à l’AMF. Après instruction du dossier, l’AMF délivre ou non un numéro d’enregistrement. Toute société qui commercialisera ces produits sans avoir reçu ce numéro d’enregistrement agira dans l’illégalité.

 

    4 commentaires sur “Investir dans des lettres et manuscrits”
    1. comme vous le dites, pour les moins argentés, il existe aussi la possibilité d’acheter sans indivision (une société offre ce service). cela permet d’etre le seul propriétaire de son achat…au cas ou….on souhaiterait la récupérer.

4 commentaires

Commenter