PRATIQUE

L'assurance emprunteur du prêt immobilier

Les garanties décès, incapacité, invalidité…

Les garanties couvrent le décès et l’invalidité absolue et définitive, qui permettent un remboursement total du capital, et l’invalidité permanente totale ou partielle, ou l’incapacité temporaire totale de travail, qui permettent une prise en charge totale ou partielle des mensualités durant le temps d’incapacité ou d’invalidité.

Les garanties proposées

  • Décès : en cas de décès de l’emprunteur, le conjoint ou tout autre héritier n’aura pas à rembourser la somme restante due.
  • Incapacité temporaire de travail : le fait, pour une personne blessée ou un malade, d’interrompre momentanément ses activités professionnelles.
  • Perte totale et irréversible d’autonomie : personne dans l’incapacité de se livrer à une occupation pouvant lui procurer un gain et nécessitant l’assistance d’une tierce personne.
  • Invalidité : état d’incapacité, partielle ou totale, définitive dans lequel se trouve une personne suite à un accident ou une maladie. Elle est mesurée en pourcentage. Une incapacité totale de 100% implique l’aide d’une tierce personne. Invalidité permanente et totale : diminution du potentiel physique ou psychique d’une personne dont l’état est stabilisé et entraînant l’incapacité d’avoir une activité rémunérée de façon permanente.

Les contrats d’assurance emprunteur comportent des limites d’âge. Le plus souvent, il faut être âgé de moins de 65 ans ou 70 ans à la souscription du contrat. Et les garanties cessent au-delà de certaines limites d’âge, fixées au contrat : entre 70 et 85 ans pour la garantie décès, l’âge de la retraite ou 65 ans pour les garanties incapacité de travail-invalidité…

Le devoir d’information et de conseil de l’assureur

Pour informer l’emprunteur des conditions de prise en charge de ces garanties, la banque doit remettre à ce dernier la fiche standardisée d’information et une notice d’information. Mais cela ne suffit pas. Le banquier qui présente le contrat d’assurance, ou l’assureur, a aussi un devoir d’information et de conseil vis-à-vis de l’emprunteur. Il est tenu de le renseigner sur l’adéquation des garanties du contrat d’assurance par rapport à sa situation personnelle.

Un consommateur, qui exerce la profession de voyageur – représentant - placier, conclut un prêt avec sa banque. Pour garantir ce crédit, il adhère au contrat d’assurance de groupe proposé par sa banque. Celui-ci couvre le risque d’incapacité de travail. Suite à une maladie, le consommateur interrompt l’exercice de son activité professionnelle. Il demande la mise en jeu de son assurance emprunteur pour régler les mensualités du prêt. L’assureur refuse car l’état de santé de l’emprunteur, s’il exclut la poursuite de son activité, demeure compatible avec un emploi strictement sédentaire. L’emprunteur reproche à la banque de ne pas l’avoir suffisamment informé au moment de l’adhésion au contrat. Il porte l’affaire devant les tribunaux. Selon la Cour de cassation, le banquier doit éclairer l’emprunteur sur l’adéquation des risques couverts par le contrat à sa situation personnelle, même si le contrat est clair et précis ( Cass civ 1 – 22/01/2009).

La répartition de la couverture d’assurance entre co-emprunteurs

Lorsque le prêt immobilier est souscrit à deux, en couple le plus souvent, il est opportun de réfléchir sur la répartition des garanties de l’assurance : c’est ce qu’on appelle la « quotité assurée ».

La quotité assurée est généralement exprimée en pourcentage :

  • soit chacun pour la totalité du capital (x fois 100%). Ainsi, en cas de décès de l'un des co-emprunteurs, l'assureur réglera la totalité du capital restant dû,
  • soit chacun pour une partie du capital. Exemple : si chacun est assuré à hauteur de 50 %, en cas de décès de l'un d'eux, l'assureur paiera la moitié de ce qui reste dû.

Pour choisir, il faut donc envisager la charge restante pour chaque conjoint dans le cas où il reste seul pour rembourser le crédit en cours, au regard du niveau de ressources de chacun.

Le questionnaire de santé (de déclaration initiale des risques)

Pour établir les conditions de l’assurance emprunteur (exclusions éventuelles de garanties, garanties avec surprime…), il vous faut remplir un questionnaire sur votre état de santé, uniquement destiné à la compagnie d’assurance (et non à la banque). Vous bénéficiez de la confidentialité des données relatives à votre santé. En principe, deux enveloppes vous seront remises pour retourner le questionnaire renseigné au médecin-conseil de l’assureur et au service compétent de l’établissement de crédit. Ce questionnaire doit être rempli de façon exacte et honnête.

Les réponses à ce questionnaire permettent d’évaluer les risques liés à l’état de santé déclarée, les antécédents médicaux, les accidents, les risques liées à la profession, à la pratique de sports… Dans certains cas, l’assureur peut demander des examens supplémentaires avant d’accorder, ou non, les garanties. En cas de risques importants, l’assureur peut appliquer une exclusion de garantie et/ou une surprime.

Si vous présentez un risque aggravé de santé, vous pouvez bénéficier de la Convention AERAS.

Evitez toute fausse déclaration ou toute omission volontaire lorsque vous remplissez le questionnaire de santé. En cas de fausse déclaration intentionnelle de votre part, l’assureur est en droit d’annuler le contrat ( article .113-8 du code des assurances) tout en conservant le montant des primes versées. Et vos remboursements ne seront pas pris en charge par l'assurance, avec toutes les graves conséquences financières que cela peut provoquer.

L’aggravation des risques assurés

En principe, l’assureur ne peut pas résilier le contrat d’assurance emprunteur pour cause d’aggravation du risque, sauf en cas d’aggravation du risque causé par un changement de comportement volontaire de l’assuré ( article L113-12-2 du Code des assurances). Trois conditions cumulatives doivent être réunies :

  • l’assuré pratique régulièrement une nouvelle activité sportive présentant un risque particulier pour sa santé ou sa sécurité (liste des activités prochainement fixée par arrêté),
  • l’appréciation du risque lors de la souscription du contrat aurait été différente si l’assuré pratiquait déjà cette activité dangereuse,
  • l’assuré n’a pas déclaré à l’assureur cette nouvelle activité sportive, qui aggrave les risques.
Créé le 16 mars 2012 - Dernière mise à jour le 17 février 2017
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8 commentaire(s)  
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L’équipe de l’IEFP, publié le 02/12/2016 11:30

Bonjour,

Dans un premier temps, nous vous conseillons de prendre l'attache de l'assureur car vos parents ont eu des impayés, la nature du décès de votre père n'est pas mentionnée et nous ne connaissons pas le contenu du contrat d'assurance. Dans un second temps, en fonction de ce que l'assureur répondra, vous pourrez agir en connaissance de cause. Si un contentieux apparaissait, vous pourriez alors saisir le médiateur ou engager si cela est nécessaire une procédure judiciaire via un avocat.

Meilleures salutations.

L'Equipe de Lafinancepourtous.com

Greg3523 , publié le 02/12/2016 08:54

Bonjour,

Mes parents ont pris un crédit immobilier qui comprend une assurance décès ou il y a marqué pour une durée de 198 mois qui a été contracté au début des années 2000. Au vu de problème financier, il n'ont pu honorer leur engagement et rembourser mois par mois, et donc mis en place un dossier de surendettement. Mon père est décédé le 12 Novembre de cet année, il sont assuré à 100%.

Je vous demande donc si pour vous ma mère va devoir rembourser l'intégralité du reste du prêt ou c'est l'assurance du prêt qui va couvrir le remboursement en totalité ou partiellement.

Merci

L’équipe de l’IEFP, publié le 16/09/2016 16:02

Bonjour,

Il conviendrait de prendre l'attache de votre banque pour en savoir plus sur ce point.

Meilleures salutations.

L'Equipe de Lafinancepourtous.com

seul , publié le 15/09/2016 23:09

Bonjour, et est ce normal qu' avec une prise en charge de l'assurance, pour une itt, les prélèvements mensuel du credit immobilier continue pour ensuite me faire rembourser par la banque, 2 mois apres, et ce depuis deux ans ??

L’équipe de l’IEFP, publié le 26/10/2015 15:02

Bonjour,

Il faut regarder qui était assuré et pour combien. Généralement les personnes qui empruntent à deux s’assurent à 50/50 pour la garantie décès. Si c’est le cas, il vous restera la moitié du crédit à votre charge.
Meilleures salutations.

L'Equipe de Lafinancepourtous.com

nicky , publié le 25/10/2015 10:18

Bonjour
j'ai pris un crédit avec mon conjoint qui était co-emprunteuravec un report la
première traite sera prélevé en janvier. mon mari est subitement décédé le 16 octobre nous avions l'assurance décès. J'aimerai savoir si je vais payer la totalité de l'emprunt

L’équipe de l’IEFP, publié le 10/02/2014 18:10

Bonjour,

Si chacun des co-emprunteur est assurés à 100 %, votre assurance prendra en charge à hauteur de ce taux chacun des titulaires selon les conditions stipulées dans votre contrat (invalidité, incapacité, décès...).

Meilleures salutations.

L'Equipe de Lafinancepourtous.com

SHIMA , publié le 10/02/2014 17:39

Question :
Pour un credit à 2 co-emprunteurs assuré chacun à 100 %,
que se passe-t-il si chacun des emprunteurs se trouve en arrêt maladie simultanémént ?
L'assurance prend en charge 1 fois la mensualité de remboursement en choisissant l'un des co-titulaires ou rembourse-t-elle chacun des co-titulaires de l'intégralité de la mensualité ?
La banque dit : " puisque vous êtes chacun assuré à 100%, chacun des co-titulaires perçoit la mensualité intégrale"
Qu'en est-il exactement ?

 
institut pour l'éducation financière du public

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