Inflation

L'inflation est une situation de hausse généralisée et durable des prix des biens et des services. Cette situation correspond à une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie. En clair, avec la même somme d’argent, on peut acheter moins de choses qu’auparavant.

En France, elle est mesurée mensuellement par l'Insee à travers l'Indice des Prix à la Consommation (IPC) et l'Indice des Prix à la Consommation Harmonisé ( IPCH   Définition Mesure de l'évolution des prix effectuée mensuellement par EUROSTAT pour chacun des  pays membres de l'Union européenne selon une méthodologie qui permet de comparer les niveaux d'inflation de ces pays.
). Ce dernier indice, ainsi que ceux produits par les différents organismes statistiques des pays membres de l'Union européenne, est utilisé par Eurostat (un organisme européen en charge de la production de statistiques européennes harmonisées) pour calculer l'inflation en zone euro et dans l'Union européenne.

L'IPC et l'IPCH sont des indicateurs de variation mensuelle d'un panier de différents produits et services représentatifs de la consommation finale des ménages.

Inflation

L'inflation a des causes multiples

Il existe principalement quatre facteurs à l'origine de l'inflation :

L'inflation par les coûts

Lorsque les prix des matières premières s'accroissent, cela pèse sur les coûts de production des entreprises.Il en va de même si en raison de la faiblesse du chômage, ces dernières doivent augmenter les salaires pour pouvoir attirer de nouveaux employés. En réaction, et pour conserver leurs marges bénéficiaires, les entreprises sont incitées à augmenter leurs prix, ce qui provoque un premier saut inflationniste. Toutefois, si les salaires sont indexés sur l'inflation, la hausse des prix est répercutée automatiquement sur le niveau des salaires, qui s'accroissent à leur tour. Il s'en suit une nouvelle hausse des prix et un cercle vicieux inflationniste se met en place. C'est ce processus qui était à l'œuvre dans les économies occidentales au milieu des années 1970 après le premier choc pétrolier et qui a conduit à l'apparition de taux d'inflation annuelle élevés, supérieurs à 10 %.

L'inflation par la demande

Lorsque la demande de produits ou de services s'accroît mais que l'offre de produits et services n'arrive pas à s'adapter à ce surcroît de demande, les prix sont poussés à la hausse. Les entreprises mettent en œuvre des programmes d'investissement pour accroître leur production et embauchent de nouveaux salariés, ce qui stimule davantage l'activité économique et la demande globale des ménages. Tant que les quantités produites ne parviennent pas à satisfaire la demande globale, le processus de hausse des prix se poursuit. Cette situation est typique d'une économie qui sort d'une phase prolongée de faible croissance ou même d'une récession.). Dans un contexte de sortie de conjoncture morose ou déprimée, les entreprises ne réagissent pas immédiatement à une hausse de la demande pour leurs produits car elles cherchent à écouler leurs stocks et préfèrent avoir la confirmation du caractère durable de la reprise avant d'investir.

L'inflation importée

Lorsque le taux de change d'une monnaie se déprécie par rapport au dollar et/ou aux autres principales devises de facturation du commerce mondial (essentiellement la Livre Sterling, le Yen et l'Euro), le coût des produits importés augmente. Ce renchérissement des importations se répercute dans tous les secteurs de l'économie et touche les ménages autant que les entreprises. Ce phénomène peut aussi avoir pour origine une forte hausse des cours des produits énergétiques et agricoles sur les marchés mondiaux.

L'inflation par excès de création monétaire

Certains économistes appelés "monétaristes" affirment que l'inflation est toujours et partout  un phénomène monétaire. Ils considèrent en effet que l'inflation apparaît parce que le stock de monnaie circulant dans l'économie est trop important par rapport à la quantité de biens et services offerts. C'est donc un excès de création monétaire par les banques commerciales ou par le financement du déficit public par la banque centrale (ce que l'on dénomme souvent par l'expression "faire fonctionner la planche à billets") qui est à l'origine de l'inflation. Dans ce contexte, celle-ci est alimentée par un excès de demande et par la dépréciation du taux de change.

La stagflation, une situation économique a priori aberrante

La stagflation, contraction des mots "stagnation" et "inflation", désigne une situation combinant à la fois une faible croissance économique et une inflation élevée.

La théorie économique a longtemps considéré que cette situation ne pouvait pas se produire en raison de la relation qu'elle supposait inverse entre croissance et inflation : en phase de ralentissement conjoncturel, la politique économique visait à stimuler l'activité via le déficit budgétaire alors que la politique monétaire assouplissait les conditions du crédit. La croissance redémarrait en même temps que les prix progressaient. A l'inverse, si l'inflation était jugée trop forte, la politique économique devenait restrictive et la politique monétaire restreignait les conditions du crédit. L'activité ralentissait alors et la hausse des prix était contenue.

L’expression de « stagflation » a été créée dans les années 1970 pour caractériser une situation économique inédite, lorsque les prix du pétrole et des autres matières premières montant en flèche, ont entrainé à la fois une accélération de l’inflation et un fort ralentissement de la croissance dans les pays industrialisés.

Ce n'est qu'à partir du milieu des années 1980 que la stagflation a pris fin avec la mise en place de politiques de désindexation des salaires qui ont permis de faire reculer les taux d'inflation dans les pays occidentaux.

Une inflation modérée est bonne pour l'économie

Une hausse régulière mais modérée du niveau général des prix est l'objectif principal des politiques monétaires conduites par les grandes banques centrales.A ce titre, une progression de l'inflation de l'ordre de 2 % par an est considérée par la BCE   Définition La Banque Centrale Européenne définit et met en œuvre la politique monétaire de la zone euro. Sa mission principale est d’assurer la stabilité des prix dans la zone euro. Elle est l’unique instance pouvant autoriser l’émission de billets de banque dans la zone euro puisqu’elle détient et gère les réserves de changes des pays de la zone euro.
 comme une cible optimale.

A un niveau modéré d'inflation sont en effet associés plusieurs avantages :

  • Cela permet aux entreprises d'ancrer leurs anticipations de hausses des prix à moyen et long terme. Le caractère prévisible de ces dernières est favorable à la prise de décision d'investir car il réduit l'incertitude sur les revenus futurs engendrés par l'investissement.
  • Cela incite par ailleurs les ménages à placer leur excédents de liquidités plutôt que de les thésauriser ou de les conserver sur leurs comptes bancaires. A défaut, l'érosion monétaire réduirait le pouvoir d'achat de leur épargne. Une inflation modérée contribue donc à assurer l'équilibre entre le niveau d'épargne et le niveau de l'investissement sans lequel les taux d'intérêt s'orienteraient à la hausse, limitant ainsi les projets d'investissements des entreprises.
  • Cela permet également de conserver les taux d'intérêt à des niveaux peu élevés, puisque la banque centrale qui fixe les taux d'intérêt directeurs n'a pas besoin de restreindre les conditions de crédit pour atteindre son objectif de politique monétaire. Ceci est favorable à la croissance économique car les ménages et les entreprises peuvent emprunter à des conditions financières incitatives, tant en termes nominaux (le niveau des taux d'intérêt) que réels (le niveau des taux d'intérêt diminué de l'inflation).

Une inflation trop forte est toutefois nocive

Si l'inflation progresse trop fortement, cela peut avoir des répercussions dommageables pour l'économie tout entière :

  • Cela entraîne une dégradation de la compétitivité prix des produits fabriqués dans le pays par rapport aux produits fabriqués à l'étranger. En effet, si les prix des produits domestiques deviennent plus élevés que les mêmes produits fabriqués à l'étranger pour  une qualité comparable, la demande étrangère risque de diminuer (baisse des exportations) alors que la demande interne pour les produits étrangers risque d'augmenter (hausse des importations). Il en résulte une baisse de l'activité pour les entreprises domestiques qui est susceptible d'entraîner des réductions d'effectifs et donc une progression du chômage.
  • Cela renforce l'incertitude quant au niveau futur des prix. Aussi, les entreprises adoptent des comportements prudents en matière d'investissement car la rentabilité de ceux-ci est difficile à anticiper. Une trop forte inflation risque donc de réduire les investissements productifs et donc le potentiel de croissance.
  • Cela pénalise les ménages si leurs salaires ne sont pas indexés sur la hausse des prix. Il subissent alors une perte de pouvoir d'achat   Définition Le pouvoir d’achat est la quantité de biens et de services que l’on peut acheter avec ses revenus. Son évolution est liée à celle des revenus d’une part et à celle des prix d’autre part.
    Si la hausse des revenus est supérieure à celle des prix, le pouvoir d’achat augmente. Dans le cas contraire, si l’augmentation des prix est supérieure à celle des revenus, le pouvoir d’achat diminue.
    Source : INSEE
     qui peut les amener à réduire leur consommation ou à désépargner pour maintenir leur niveau de vie.
  • Mais cela  favorise les emprunteurs car le niveau réel de leur dette diminue. Par contre, elle pénalise les créanciers pour les raisons opposées.
Créé le 31 août 2009 - Dernière mise à jour le 10 décembre 2015
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19 commentaire(s)  
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L’équipe de l’IEFP, publié le 25/05/2016 15:52

Bonjour,

Les politiques de relance de la demande par le déficit public sont efficaces dans une « économie fermée » c’est-à-dire avec très peu voire pas d’échanges avec le reste du monde. Dans le cas contraire, si les entreprises nationales ne sont pas suffisamment compétitives par rapport à leurs concurrentes étrangères (en termes de prix ou de qualité ou d’innovation), alors la relance conduira à augmenter le déficit sans bénéficier à l’économie nationale via la baisse du chômage. Contenir l’inflation, c’est un des éléments en faveur de la compétitivité prix des entreprises du pays.


Meilleures salutations

L’Equipe de Lafinancepourtous.com

Nicolas M , publié le 24/05/2016 14:49

Bonjour,
Vous indiquez qu'une inflation faible est bonne pour une économie (en l'occurence moins de 2%). Cependant, pendant la période actuelle et le manque cruel de monnaie circulant dans le pays, ne vaudrait il pas mieux que l'état s'endette massivement afin e relancer l'économie et éviter ainsi que ne perdure le chômage tel qu'il est actuellement. Car le chômage et la quantité d'argent circulant sont des données étroitement liées. Cela ferait certe monter l'inflation, mais cela permettrait de relanceer l'économie qui est actuellement complètement bloqué par le fait des traités européens qui font tout pour empêcher la montée de l'inflation (ce qui est très favorable aux rentiers). Votre théorie est vraie en période de plein emploi, mais elle est fausse et contre productive dan les périodes de contractions de l'économie tel que nous le vivons actuellement. Les politiques d'austérité sont de la même logique. Cela détruit de l'emploi chaque jour.

Leonh , publié le 15/03/2016 15:33

Toujours intéressant…

FUJXQV , publié le 08/12/2015 15:51

la désinflation est: le taux d'accroisement des prix , mensuel , mais qui diminue . la déflation est la baisse totale et progressive des prix , tres grave . alors que la premiere peut etre compétitive , pas l'autre. vous avez parlez , a juste titre , ici de ce qu'il fallait , sele la deuxieme notion

Youssef , publié le 16/08/2015 14:36

Intéressant

faddane mounir , publié le 29/03/2015 23:34

Chercheur en finance

zakaria ben , publié le 05/02/2015 11:42

merci beaucoup pour l' information

dadeguy , publié le 11/12/2014 10:42

merci !!!! car votre site me permet de comprendre beaucoup de chose sur la finance

Bertrand D. , publié le 08/04/2014 16:50

Votre site est très éclairant sur des points assez obscurs. Merci.

L’équipe de l’IEFP, publié le 04/04/2014 09:57

Merci beaucoup pour vos encouragements, cordialement, l'équipe de lafinancepourtous.com

 
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