Qu’est-ce qu’une néobanque ?
Les nouveaux acteurs bancaires sont multiples. Néobanques, banques en ligne… sont présentes à côté des réseaux bancaires traditionnels.
Le terme néobanque est couramment utilisé pour désigner les nouveaux acteurs du secteur financier, des startups de la finance comme N26 et Revolut, respectivement d’origine allemande et britannique.
Les néobanques ne doivent pas être confondues avec les banques en ligne, créées (ou rachetées) par les grandes banques traditionnelles, comme Hello Bank de BNP Paribas, BforBank du Crédit Agricole, ou BoursoBank (ex-Boursorama), détenue à 100 % par la Société Générale. Cette liste est non-exhaustive.
Termes de banque et neobanque
Pour avoir le droit de s’appeler banque ou néobanque, il faut être un établissement de crédit
Dans sa revue d’avril 2021, l’ACPR rappelle que le terme banque et par là de néobanque ne peut être attribué qu’à des établissements de crédit. Pour recueillir des fonds du public et accorder des crédits, il faut obtenir un « agrément » délivré par la BCE, sur proposition de l’autorité de supervision nationale, pour la France l’ACPR, qui instruira le dossier.
Le Code Monétaire et Financier (dans son article L511-8) prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 375 000 euros d’amende et 3 ans d’emprisonnement en cas de contravention.
Ceci permet de distinguer les néobanques des autres fintechs qui ne sont que des prestataires de services de paiement, n’ayant pas cet agrément d’établissement de crédit, mais qui disposent uniquement de celui d’établissement de paiement ou d’établissement de monnaie électronique.
La frontière est souvent délicate à tracer car certaines fintechs, lancées comme établissements de paiement, ont obtenu ultérieurement un agrément d’établissement de crédit, parfois à l’étranger, en bénéficiant du passeport de reconnaissance mutuelle au sein de l’Union Européenne (comme N26, Revolut et Trade Republic). On voit d’ailleurs souvent, par abus de langage, des établissements de paiement être appelés néobanques.
Ces nouveaux acteurs de la finance se positionnent donc comme substitut à une banque traditionnelle en proposant une carte bancaire (physique ou non), un compte en ligne (via Internet et une application sur smartphone) et parfois même des crédits à la consommation, des placements, etc.
Suite à la loi Macron de 2015, facilitant le changement de banque, ces néobanques connaissent une croissance sans précédent et accueillent de plus en plus de clients.
Néobanques : apparition de nouveaux acteurs et disparition d’autres
Depuis dix ans, il y a eu beaucoup de mouvement dans le milieu des néobanques, comme dans celui des banques en ligne. De nouveaux acteurs comme Nickel, N26, Revolut ou Bunq ont fait leur apparition, là où d’autres ont dû mettre la clé sous la porte.
Cela ne traduit pas pour autant une baisse d’intérêt pour ces services, bien au contraire. On estime aujourd’hui à plus de 20 millions le nombre de Français détenant un compte dans une banque en ligne ou une néobanque, contre 16 millions en 2020 selon l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), un chiffre qui avait déjà doublé entre 2018 et 2020.
BoursoBank domine largement ce marché avec 7,2 millions de clients fin 2024, suivie par Nickel (4 millions) ; côté néobanques indépendantes, Revolut revendique désormais environ 7 millions de clients en France et N26 plus de 3 millions (8 millions à l’échelle européenne).
On comprend donc que ce milieu reste en plein développement, porté par la multiplication des partenariats entre banques en ligne et acteurs bancaires classiques.
Qui sont les clients des néobanques ?
Les clients de néobanques sont majoritairement des hommes : Ipsos les estime à 61 % dans une étude sur ces banques en 2023.
70 % des clients ont moins de 45 ans, et la moitié font partie de la catégorie des cadres supérieurs et professions intermédiaires. Ce sont donc les jeunes qui sont le public type des néobanques, en particulier ceux habitant dans de grandes villes.
Les raisons les plus citées qui poussent ces personnes à ouvrir un compte dans une néobanque sont le prix attractif, les primes de bienvenue et le parrainage, et l’ouverture immédiate de compte. Pour la grande majorité, les clients des néobanques ont un compte dans une seule d’entre elles. Cependant, seulement 37 % des clients de ces banques utilisent exclusivement leur carte de néobanque. Cela met en lumière la dualité qui s’opère entre les banques traditionnelles et les néobanques. Les usagers qui ont un compte dans une néobanque s’en servent en parallèle de leur compte dans une banque classique. Ce comportement met en lumière l’attachement encore fort qu’ont les Français pour leur banque traditionnelle.
Néobanques : des établissements à dimension variable
La majorité des néobanques ou établissements de paiement en ligne proposent d’autres services en dehors des simples comptes de dépôt et moyen de paiement.
Revolut, N26, Sumeria (anciennement Lydia) et Bunq proposent des comptes d’investissement afin de pouvoir échanger des actions, obligations, devises, ETF, et autres produits dérivés. Revolut et N26 proposent des prêts bancaires grâce à leur agrément d’établissements de crédit. Sumeria propose des micro-crédits allant jusqu’à 1500 euros, grâce à un partenariat avec FLOA Bank, une filiale de la BNP Paribas qui possède la qualité d’établissement de crédit. Il y a aussi Qonto, une startup française entièrement centrée sur les professionnels. De fait, le secteur professionnel voit de plus en plus d’offres en ligne disponibles apparaître.
À noter qu’il existe également de plus en plus de plateformes spécialisées dans le trading ou boursicotage, proposant actions, obligations, ETF, cryptos et autres produits dérivés. Certaines proposent des cartes de paiement en service secondaire, comme Trade Republic, qui a d’ailleurs obtenu son propre agrément bancaire complet auprès du régulateur allemand (BaFin) début 2025.
Les néobanques : un modèle qui gagne en rentabilité
Autrement que d’évoquer les structures et services proposés par les néobanques, il est tout aussi intéressant de regarder leurs résultats financiers.
Dans un rapport de l’ACPR nommé « Des néobanques en quête de rentabilité » paru en 2020, on pouvait lire que la plupart des néobanques peinaient à atteindre le seuil de rentabilité, plombées par de faibles revenus malgré des coûts de fonctionnement réduits.
La situation a nettement évolué depuis.
Revolut enchaîne en 2025 sa cinquième année consécutive de profitabilité, avec un bénéfice avant impôts d’environ 2 milliards d’euros (contre 1,1 milliard en 2024), porté par la diversification de ses revenus (abonnements premium, trading, crédit) et une base de plus de 68 millions de clients dans le monde. N26, de son côté, a annoncé son premier bénéfice trimestriel en 2024 et prépare une introduction en Bourse. Le tableau reste toutefois hétérogène : certaines néobanques restent structurellement fragiles, en particulier les plus petites ou les plus récentes – les fermetures d’Orange Bank et de Ma French Bank en sont des illustrations récentes.
Il faut aussi tenir compte du fait que les néobanques appartenant à des banques traditionnelles ne sont pas à la recherche d’une rentabilité rapide. Elles peuvent se permettre des stratégies commerciales très agressives, afin de capter des parts de marché. Les néobanques indépendantes, elles, utilisent des levées de fonds régulières pour augmenter leur capital, ce qui leur permet de conserver des politiques commerciales attractives tout en poursuivant leur expansion.
Un objectif pour toutes ces banques est aussi de rendre leurs clients actifs. De fait, beaucoup de personnes ont des comptes dans des banques en ligne mais s’en servent très peu. Ce milieu reste très mouvant et de nouveaux acteurs feront sans doute leur entrée sur le marché. Il sera très instructif de suivre leur parcours et de voir si les usages des clients évoluent avec le temps.
merci beaucoup pour les soutiens
erreur dans l’article. Ma french bank n’a pas subi de rachat apres creation. Ma french bank etait dès le depart un projet de la banque postale.
Bonjour,
Nous vous remercions de l’intérêt porté à notre article. La formulation de notre phrase a conduit à une interprétation malheureuse. Le rachat de l’établissement de paiement par une banque concerne effectivement uniquement Nickel, et non MaFrenchBank, banque en ligne de La Banque Postale. Cet article va faire l’objet d’une prochaine mise à jour, pour tenir compte des nombreuses évolutions de ce secteur.
Meilleures salutations.
L’équipe de lafinancepourtous.com
Est-ce que les neobanques ont les mêmes obligations en terme de sécurité comme par exemple une authentification forte lors des achats sur internet même avec une carte bancaire virtuelle ?
Bonjour,
En principe, les établissements de paiement ou de monnaie électronique, comme les banques traditionnelles, doivent mettre en place dune procédure d’authentification forte pour les opérations en ligne.
Meilleures salutations.
L’équipe de lafinancepourtous.com
Et en cas de fraude à la carte bancaire, quelle est la réglementation qui s’applique, celle du pays de la banque comme N26, celle de la France ou celle de l’Europe ? Cdlt
Bonjour
Il s’agit de la même réglementation bancaire.
Meilleures salutations
L’équipe de lafinancepourtous.com
cool
Bonjour, j’aimerai ouvrir un compte courant chez une neobanque.
Bonjour,
Vous devez vous adresser à l’établissement de crédit directement, via son site internet. En cas de doute sur la légalité de l’offre proposée, vous devez vérifier si le professionnel est légalement immatriculé, auprès de l’ACPR, autorité de contrôle (https://acpr.banque-france.fr/proteger-la-clientele/vous-etes-un-particulier/verifier-si-un-professionnel-est-agree-immatricule ).
Meilleures salutations
L’équipe de lafinancepourtous.com
ces neobanques prennent de plus en plus de place. ce que je deplore est le opacité et la transparence de ces dites banques. a savoir dans mon cas je dois fouiner sur le site ou le web pour savoir si licence bancaire ou pas, qui est la banque de cantonnement, fonds garantie ou pas, la tete de l IBAN Fr, de …, localisation du siege, etc… laisser son argent dans un bazar comme cela ca me parait irresponsable. a cela vous rajoutez l explosion de la zone euro …