Les néobanques

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Elles n’ont que quelques années, Revolut, N26, OrangeBank ou encore C-Zam, mais ces néobanques bouleversent déjà le monde de la finance traditionnelle. Ce sont des startups Fintech qui ont l’ambition de proposer de nouveaux moyens de paiement en transformant le paysage du secteur bancaire classique.

Néobanques : des établissements de paiement qui ressemblent aux banques

On se souvient du Compte-Nickel, né en 2014, permettant d’ouvrir un compte de paiement et d’avoir une carte bancaire à faible coût directement chez un buraliste. Aujourd’hui, de nouveaux acteurs émergent pour dépoussiérer le monde de la banque traditionnelle. Certaines sont des startups de la finance qui ne dépendent pas des grandes banques classiques mais qui peuvent s’y apparenter. D’autres ont été créés par des grands groupes : Orange Bank par l’opérateur téléphonique Orange ou encore C-Zam par le groupe Carrefour. Une distinction s’impose : les néobanques ne sont pas forcément des banques, au sens établissement de crédit, mais seulement des établissements de paiement.

Ces nouveaux acteurs de la finance se positionnent donc comme substitut à une banque traditionnelle en proposant une carte bancaire, un compte en ligne et parfois même des crédits à la consommation. Suite à la loi Macron, facilitant le changement de banque, ces néobanques connaissent une croissance sans précédent et accueillent de plus en plus de clients.

Les avantages : une ouverture de compte rapide et une utilisation quasi gratuite

Les néobanques ont cet avantage : avec un smartphone ou un ordinateur, il est possible d’ouvrir un compte en seulement quelques minutes. Peu de documents sont requis mais la plupart demandent au minimum un papier d’identité et une photo, il faut parfois ajouter une deuxième pièce d’identité voire un justificatif de domicile. La simplicité d’ouverture du compte est un facteur clef : il ne faut pas faire peur aux clients avec trop de documents administratifs. Le compte sera instantanément ouvert en ligne et l’utilisateur recevra gratuitement sa carte bancaire quelques jours plus tard chez lui (sauf pour Revolut, cela coûte six euros).

Le succès des néobanques est également dû aux faibles coûts. Ces établissements de paiement ne sont pas aussi importants que les banques traditionnelles, elles n’ont pas autant de collaborateurs et leurs charges sont relativement plus faibles. La néobanque allemande N26 propose ainsi une carte bancaire sans frais à condition d’effectuer au moins 9 paiements par trimestre sinon c’est une commission d’environ 3 euros par mois qui sera prélevée. La plupart des néobanques permettent également d’effectuer des paiements à l’étranger sans payer de commission, seul le retrait en devises étrangères est souvent payant (pour N26 cela représente 1,7 % du montant retiré en distributeur).

Ces nouveaux établissements de paiement ne proposent pas de conseillers individuels, les clients peuvent tout piloter depuis l’application mobile. S’il s’agit d’augmenter un plafond, de gérer ses comptes, de souscrire à un crédit à la consommation, tout se fait depuis son smartphone et en seulement quelques secondes !

Revolut : une néobanque dans l’ère du temps

Revolut, la néobanque britannique s’est fait remarquer en proposant très tôt son service « Revolut Crypto » permettant à ses clients d’acheter et de vendre des cryptomonnaies depuis l’application. Il était déjà possible d’acheter trois cryptomonnaies : le bitcoin, le litecoin et l’ether, désormais, les utilisateurs de Revolut pourront également acquérir et vendre du ripple et du bitcoincach. La plateforme enregistre déjà plus de 100 000 transactions quotidiennes en cryptomonnaie.

Inconvénients : attention aux découverts et aux frais de retraits

Le monde des néobanques n’est pas totalement rose et la facilité d’accès recèle certaines contraintes qu’il ne faut pas oublier lorsque de la création de son compte. En raison de leur statut d’établissement de paiement et non de banque, la plupart des néobanques n’autorisent pas les découverts ni les crédits et les paiements sont à « vérification instantané » (cela veut dire qu’à chaque paiement le solde du compte est vérifié).

Les quelques néobanques ayant la licence bancaire autorisent les découverts, l’émission et l’encaissement des chèques. En revanche, les établissements de paiement ne peuvent pas délivrer de chéquier à leurs clients. Et il est impossible d’encaisser un chèque sur son compte en ligne. Cela est donc toujours utile d’avoir un compte auprès d’une banque traditionnelle.

L’absence de conseiller permet, certes, une grande liberté pour l’utilisateur qui peut tout contrôler depuis son smartphone mais cela devient compliqué lorsqu’il s’agit d’être conseiller ou simplement de savoir qu’il y a quelqu’un à l’écoute de chaque client en cas de problème financier.

Enfin, la plupart des néobanques limitent le montant mensuel de retrait en distributeur automatique de billet. C’est 2 € de frais au-delà de cinq retraits par mois chez N26, et les commissions grimpent à 2 % du montant si le client a déjà retiré plus de 200 € dans le mois chez Revolut. Les néobanques ont certes l’avantage d’être gratuites en apparence mais certaines conditions sont à respecter pour conserver cette gratuité.

Ces établissements de paiement offrent souvent une version « premium » de leurs services à travers des cartes payantes (pour quelques euros par mois la plupart du temps). Ces cartes premium ont l’avantage de pouvoir avoir des plafonds de retrait mensuel plus élevés, des extensions d’assurances à l’international ou encore des assistances téléphoniques 24/24.

Déclarer à l’administration fiscale les comptes des néobanques situées à l’étranger

Toute personne domiciliée en France qui ouvre, utilise ou clôture un compte ouvert hors de France auprès d’un établissement bancaire a l’obligation de le déclarer auprès de l’administration fiscale. La déclaration se fait en même temps que la déclaration des revenus de l’année. Sinon c’est une amende de 1 500 € par compte non déclaré et la taxation des avoirs portés sur le compte qui est encourue !

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