Les néobanques

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Les néobanques (Revolut, N26, OrangeBank…) bouleversent le monde de la finance traditionnelle. Ce sont des banques en ligne, issues du numérique, qui proposent des services bancaires, classiques ou innovants, souvent à coûts réduits par rapport aux banques traditionnelles.

Néobanques : des origines diverses

On se souvient du Compte-Nickel, né en 2014, permettant d’ouvrir un compte de paiement et d’avoir une carte bancaire à faible coût directement chez un buraliste. Aujourd’hui, de nouveaux acteurs émergent pour dépoussiérer le monde de la banque traditionnelle. Certains sont des startups de la finance qui dépendent (comme MaFrenchBank ou Nickel, rachetée par une banque après un lancement en indépendant) ou non des grandes banques classiques.

D’autres ont été créés par des grands groupes : Boursorama par la Société Générale, Orange Bank par l’opérateur téléphonique Orange ou encore C-Zam par le groupe Carrefour (offre commercialisée trois ans, entre 2017 et juillet 2020, date de sa suppression), d’autres encore sont nées à l’étranger comme N26 ou Revolut.

Pour avoir le droit de s’appeler banque ou néobanque, il faut être établissement de crédit

Dans sa revue d’avril 2021, l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), organisme de tutelle du secteur financier français, rappelle que le terme banque – et par là de néobanque – ne peut être attribué qu’à des établissements de crédit. Pour recueillir des fonds du public et accorder des crédits, il faut obtenir un « agrément » délivré par la BCE, sur proposition de l’autorité de supervision nationale, pour la France l’ACPR, qui instruira le dossier. 

Le Code Monétaire et Financier (dans son article L511-8) prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 375 000 € d’amende et 3 ans d’emprisonnement en cas de contravention.

Ceci permet de distinguer les néobanques des autres fintechs qui sont des prestataires de services de paiement n’ayant pas cet agrément d’établissement de crédit mais qui disposent uniquement de celui d’établissement de paiement ou d’établissement de monnaie électronique. La frontière est souvent délicate à tracer car certaines fintechs, lancées comme établissements de paiement, ont obtenu ultérieurement un agrément d’établissement de crédit, parfois à l’étranger en bénéficiant du passeport de reconnaissance mutuelle au sein de l’Union Européenne (comme N26).

Ces nouveaux acteurs de la finance se positionnent donc comme substitut à une banque traditionnelle en proposant une carte bancaire, un compte en ligne (via Internet et une application sur smartphone) et parfois même des crédits à la consommation, des placements… Suite à la loi Macron, facilitant le changement de banque, ces néobanques connaissent une croissance sans précédent et accueillent de plus en plus de clients.

Avantages des néobanques : une ouverture de compte rapide et une utilisation quasi gratuite

Les néobanques ont cet avantage : avec un smartphone ou un ordinateur, il est possible d’ouvrir un compte en seulement quelques minutes. Peu de documents sont requis mais la plupart demandent au minimum un papier d’identité et une photo, il faut parfois ajouter une deuxième pièce d’identité voire un justificatif de domicile. La simplicité d’ouverture du compte est un facteur clef. Le compte sera instantanément ouvert en ligne et l’utilisateur recevra gratuitement ou avec des frais limités sa carte bancaire quelques jours plus tard chez lui.

Le succès des néobanques est également dû aux faibles coûts de fonctionnement. Ces établissements ne sont pas aussi importants que les banques traditionnelles, elles n’ont pas autant de collaborateurs, pas d’agences physiques et leurs charges sont relativement faibles. La néobanque allemande N26 propose ainsi une carte bancaire sans frais à condition d’effectuer au moins 9 paiements par trimestre sinon c’est une commission d’environ 3 euros par mois qui sera prélevée. La plupart des néobanques permettent également d’effectuer des paiements à l’étranger sans payer de commission, seul le retrait en devises étrangères est souvent payant (N26 facture 1,7 % du montant retiré en distributeur).

Ces nouveaux établissements ne proposent pas de conseillers individuels, les clients peuvent tout piloter depuis l’application mobile. S’il s’agit d’augmenter un plafond, de gérer ses comptes, de souscrire un crédit à la consommation, tout se fait depuis son smartphone ou sur Internet et en seulement quelques secondes !

Revolut : une néobanque dans l’air du temps

Revolut, la néobanque britannique s’est fait remarquer en proposant très tôt son service « Revolut Crypto » permettant à ses clients d’acheter et de vendre des cryptomonnaies depuis l’application. Il était déjà possible d’acheter trois cryptomonnaies : le bitcoin, le litecoin et l’ether, désormais, les utilisateurs de Revolut pourront également acquérir et vendre du ripple et du bitcoincach. La plateforme enregistre déjà plus de 100 000 transactions quotidiennes en cryptomonnaie.

Inconvénients des néobanques : attention aux découverts et aux frais de retrait

Le monde des néobanques n’est pas totalement rose et la facilité d’accès recèle certaines contraintes qu’il ne faut pas oublier lorsque de la création de son compte.

Quelques néobanques autorisent les découverts, l’émission et l’encaissement des chèques. Mais ce n’est pas le cas de toutes. Dans ce cas, les paiements sont à vérification instantanée, le solde étant vérifié à chaque paiement.

Il est parfois impossible d’encaisser un chèque sur son compte en ligne. Cela est donc toujours utile d’avoir un compte auprès d’une banque traditionnelle pour ce genre d’opération, pour disposer d’un chéquier ou pour obtenir un crédit immobilier.

Pour proposer des facilités de paiement à leurs clients, les néobanques s’allient parfois à des partenaires tels que des plateformes de prêts entre et aux particuliers. Par exemple, Revolut est associé à la plateforme de crédit Lending Works et N26 est partenaire de Younited Credit.

L’absence de conseiller a ses vertus (grande liberté pour l’utilisateur qui peut tout contrôler depuis son smartphone) mais également ses inconvénients, notamment quand on a une demande spécifique et engageante (crédit par exemple) ou des difficultés, les services clients étant parfois difficiles à joindre par téléphone voire par courrier.

Enfin, la plupart des néobanques limitent le montant mensuel de retrait en distributeur automatique de billets. C’est 2 € de frais au-delà de cinq retraits par mois chez N26, et les commissions grimpent à 2 % du montant si le client a déjà retiré plus de 200 € dans le mois chez Revolut. Les néobanques ont certes l’avantage d’être gratuites en apparence mais certaines conditions sont à respecter pour conserver cette gratuité.

Ces établissements offrent souvent une version « premium » de leurs services à travers des cartes payantes (pour quelques euros par mois la plupart du temps). Ces cartes premium ont l’avantage de pouvoir avoir des plafonds de retrait mensuel plus élevés, des extensions d’assurances à l’international ou encore des assistances téléphoniques 24/24.

Déclarer à l’administration fiscale les comptes des néobanques situées à l’étranger

Toute personne domiciliée en France qui ouvre, utilise ou clôture un compte ouvert hors de France auprès d’un établissement bancaire a l’obligation de le déclarer auprès de l’administration fiscale. La déclaration se fait en même temps que la déclaration des revenus de l’année. Sinon c’est une amende de 1 500 € par compte non déclaré et la taxation des avoirs portés sur le compte qui est encourue !

Pour les néobanques étrangères, quelques discriminations sont encore constatées auprès de commerçants du fait que l’IBAN fourni n’est pas français.

    1 commentaire sur “Les néobanques”
    1. ces neobanques prennent de plus en plus de place. ce que je deplore est le opacité et la transparence de ces dites banques. a savoir dans mon cas je dois fouiner sur le site ou le web pour savoir si licence bancaire ou pas, qui est la banque de cantonnement, fonds garantie ou pas, la tete de l IBAN Fr, de …, localisation du siege, etc… laisser son argent dans un bazar comme cela ca me parait irresponsable. a cela vous rajoutez l explosion de la zone euro …

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