Bénéficiaire « acceptant » : les règles du jeu

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En matière de clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance vie, les règles du jeu ont changé depuis le 17 décembre 2007. Désormais, le souscripteur d’un contrat est davantage protégé. Explications.

Avant le 17 décembre 2007

Un assuré avait souscrit un contrat d’assurance vie et désigné un bénéficiaire sur son contrat. Celui-ci, averti de cette « largesse », n’avait qu’à adresser à l’assureur un courrier précisant qu’il « accepte » le bénéfice du contrat. Cette démarche avait pour effet de geler le contrat : l’assuré ne pouvait alors plus, ni modifier la clause, ni procéder à des retraits sans avoir l’accord du bénéficiaire.  Ceci explique que de nombreux assurés hésitaient à prévenir les bénéficiaires, pour éviter de voir leur contrat bloqué… Et que de fait, à leur décès, les bénéficiaires n’étaient pas toujours avertis.

Pour les contrats de cette époque dont le bénéfice a été accepté, il faut savoir qu’un arrêt de la Cour de cassation (Arrêt n° 262 du 22 février 2008) a jugé que, lorsque le droit de rachat est prévu au contrat, le souscripteur, même en présence d’un bénéficiaire acceptant, peut réaliser des rachats sur son contrat sans obtenir l’aval du bénéficiaire. Ainsi, lorsque le contrat a fait l’objet d’une acceptation avant le 18 décembre 2007, le souscripteur conserve, en principe, sa faculté de rachat.

A compter du 17 décembre 2007 

Cette situation ayant donné lieu à de nombreux abus, le Parlement a voté une loi définissant les nouveaux contours du droit des bénéficiaires de contrat d’assurance vie.Désormais, l’acceptation du bénéfice d’un contrat ne pourra se faire que par voie d’avenant, par acte authentique ou sous seing privé. Cet accord peut être tripartite entre souscripteur, assureur et bénéficiaire acceptant, ou bipartite entre le souscripteur et le ou les bénéficiaires, en ayant pris soin dans ce cas d’informer l’assureur. Ainsi le souscripteur reste libre de refuser l’acceptation du bénéficiaire. Cette règle vaut pour les contrats en cours non encore acceptés et pour les contrats souscrits à compter de la date de la loi.

    35 commentaires sur “Bénéficiaire « acceptant » : les règles du jeu”
    1. Bonjour, je me tourne vers vous pour avoir une réponse. Voila. Avant de connaître mon ex mari, j’avais souscrit une assurance vie TELLUS chez ALLIANZ en 2002. Je me suis mariée en 2006. J’ai mis mon mari en bénéficiaire acceptant de ce contrat. En 2009, il a vendu sa société et a mis l’argent de cette vente sur mon contrat assurance vie. En 2010 et 2011 il a effectué deux rachats respectifs. Il a précisé que l’argent versé en 2009 ne constituait pas une donation. Avait il le droit de racheter ces deux sommes en tant que bénéficiaire acceptant? A ce jour nous sommes en procès car il souhaite récupérer le reste de la somme provenant de la vente de sa société en sachant que nous avons divorcé en décembre 2018. Que peut il réellement faire? Merci pour votre réponse.

      1. La spécificité de votre question nécessite automatiquement l’intervention d’un conseil juridique.
        Toutefois, quelques considérations de bon sens.
        Le bénéficiaire acceptant ne peut plus être révoqué (sauf cas exceptionnel). Il y a dès lors impossibilité légale pour le souscripteur (c’est-à-dire vous) de procéder à un rachat sans l’accord du bénéficiaire acceptant (votre ex époux). Toutefois, on peut se demander si dans le cas que vous décrivez, cette acceptation lui donnait le droit de verser des fonds sur un contrat dont vous êtes le souscripteur au regard de la société d’assurance Tellus ? Votre époux dit que ce versement ne constituait pas une donation : pourquoi ? Il parait surprenant que la compagnie Tellus l’ai laisser opérer un rachat sans votre accord pour le moins ?

        Autant de questions que vous devez éclaircir même si ce ne sont pas les seules.
        Meilleures salutations.
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    2. Bonsoir à tous. Que c’est compliqué parfois… Y aurait-il une personne en mesure de me renseigner… Svp, je vous explique ma mère a ouvert une Assurance vie à la Banque Postale CNP Assurances, un EXCELIUS en 1995. elle a mis à l’époque, son autre fille, ma soeur, comme BENEFICIAIRE ACCEPTANT mais les lois ayant changé… A ce jour, ma mère a besoin de faire un rachat partiel, pour l’aider à payer, en complémentd e sa pension, son Ehpad. LUI FAUT IL IMPERATIVEMENT L’ACCORD DU BENEFICIAIRE ACCEPTANT ou NON…? Sachant que cet Excelius, a été créé en 1995… Merci d’avance!!!!

      1. Bonjour

        La Cour de cassation est assez claire : si le droit de rachat est prévu dans le contrat, le bénéficiaire acceptant ne peut pas s’y opposer. Nous vous conseillons de contacter l’assureur du contrat.

        Meilleures salutations.
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

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