Il y a plusieurs façons de devenir actionnaire de son entreprise. Mais tous les salariés qui possèdent des actions de leur entreprise ne sont pas considérés comme « actionnaires salariés » au sens du Code de commerce.
Le Code de commerce ne donne pas à proprement parler une définition de l’actionnaire salarié. Mais son
article L.225-102 (introduit par la loi de 2001), qui impose aux entreprises de rendre compte chaque année de l’état de la participation des salariés à leur capital, dresse une liste limitative des actions à prendre en considération.
Il s’agit des actions qui sont logées dans des
PEE , des
FCPE ainsi que des actions issues des privatisations, tant qu’elles sont dans leur période d’incessibilité.
Ne sont donc pas recensées dans les actions d’« actionnariat salarié », les actions de l’entreprise détenues individuellement par les salariés, ou après exercice de stock-options (sauf si elles sont versées dans un PEE) non plus que les actions acquises dans le cadre d’un R.E.S.
Les dispositifs de l’actionnariat salarié permettent d’acquérir des actions dans des conditions préférentielles : rabais sur les prix (décote) ; complément versé par l’entreprise (abondement) ; étalement de paiement ; avantages fiscaux.
Le bénéfice de ces avantages est lié à des conditions de durée de détention. Par exemple en cas de privatisation, un rabais de 20 % maximum peut être consenti aux salariés par rapport au prix minimum proposé aux investisseurs, mais à condition de conserver les actions pendant au moins 2 ans. La décote peut atteindre 30 % si le blocage est de 10 ans.
En cas d’attribution gratuite d’actions, celles ci ne devient définitive qu’à l’issue d’un délai de deux ans suivant la date d’attribution et le bénéficiaire a l’obligation de conserver les actions ainsi attribuées pendant un délai minimum de 2 ans à partir de ce délai d’acquisition.
Les conditions préférentielles sont très souvent associées à l’inscription de l’actionnariat
salarié dans un mécanisme d’épargne salariale (dans le cadre d’un Plan d’Epargne d’Entreprise).
Ainsi, les actionnaires salariés au sens du Code de commerce détiennent leurs actions
L’actionnariat salarié répond à deux grands types de motivations :
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Le PERCO (Plan d’Epargne pour la Retraite Collectif), ne peut pas contenir de FCPE d’actionnariat salarié. |
L’actionnaire salarié qui détient des actions de son entreprise en direct bénéficie des mêmes droits qu’un actionnaire ordinaire.
S’il détient des actions par l’intermédiaire d’un FCPE ou d’une SICAV d’actionnariat salarié, Le droit de vote des résolutions en AG, s’exerce indirectement par le Conseil de surveillance du FCPE ou le CA de la SICAVAS, individuellement. Le choix d’apporter ou non ses actions à une OPA ou OPE, s’exerce de la même façon. Le règlement peut néanmoins prévoir de redonner ces droits individuellement.
S’agissant de l'élection d'actionnaires salariés au Conseil d’administration ou au Conseil de surveillance, la loi du 30 décembre 2006 prévoit que, dans les sociétés cotées où les salariés détiennent plus de 3 % du capital, un ou plusieurs administrateurs doivent être élus par l'assemblée générale des actionnaires, sur proposition des actionnaires salariés qui choisissent leurs représentants par élection.
S’il existe un FCPE d’Actionnariat Salarié, les candidats sont des actionnaires salariés membres du Conseil de surveillance. Sinon (aucun FCPE, plusieurs FCPE, actions en direct, SICAVAS), les candidats se proposent parmi l’ensemble des actionnaires salariés.
Le développement de l’actionnariat salarié est lié aux incitations des pouvoirs publics en direction des salariés comme des entreprises, incitations qui rencontrent de leur part un intérêt croissant.
Pour les entreprises, en effet, l’actionnariat salarié peut constituer un bon moyen de renforcer la cohésion et le lien social dans l’entreprise, de sensibiliser les salariés à ses objectifs économiques et financiers et d’assurer un instrument de stabilité du capital.