Quelques modes de financement des start-ups

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A partir de l’expérience de la Silicon Valley, de nombreuses start-ups adoptent des modes de financement innovants, faisant notamment intervenir des « business angels » et des organismes de capital risque – qui accompagnent leur développement, attirés par des taux de croissance élevés et pas rebutés par les risques induits, mais aussi des sources alternatives comme le crowdfunding.

Une start-up est une entreprise en création quel que soit son secteur d’activité. Néanmoins, sont classées plutôt sous ce vocable, les jeunes pousses innovantes, souvent en rupture technologique… et à croissance rapide (des investissements, éventuellement du chiffre d’affaires mais rarement du résultat !). Ces entreprises ne recherchent pas une rentabilité immédiate mais à terme.

Avec des taux d’échec élevés, le risque pour les financeurs est également important.

Les différentes étapes de la vie des start-ups

étapes de la vie des start-ups

Il n’y a pas de parcours prédéfini pour une start-up et les experts proposent à celui qui a envie de se lancer dans une création des démarches par étapes, nombreuses et variées. En matière de financement, les principales sont :

  • la gestation de l’idée – le cliché veut qu’elle se conçoive dans un « garage » (cf. la légende d’Apple) ;
  • la création – le premier prototype est conçu et testé ;
  • l’amorçage – la confrontation avec le marché avec possibles ajustements de l’offre ;
  • le développement – l’industrialisation, l’expansion voire l’internationalisation ;
  • la sortie – la récompense, éventuellement par étapes, des initiateurs et des investisseurs : rachat, introduction en Bourse…

Les types de financement des start-up à chaque étape

Start-up en phase de gestation

Pas d’appel à l’extérieur généralement, cette phase est financée sur les fonds propres de l’initiateur ou des associés initiateurs : épargne, prime de licenciement en cas de reconversion, facilités de l’employeur dans le cadre d’un congé pour création d’entreprise, prêt personnel bancaire (ex : prêt d’honneur) etc.

La participation à des concours pour challenger l’idée, voire l’esquisse de business plan, peut apporter, en cas de victoire, quelques subsides complémentaires.

Start-up en phase de création

Pour se lancer vraiment, la start-up a souvent besoin d’un petit capital. A ce stade interviennent la famille, les amis. On parle de financement « friends & family » ou encore de « love money ».

Dorénavant, certains ont aussi recours, dès cette phase, au financement participatif ou « crowdfunding » plutôt alors sous forme de don, souvent néanmoins avec compensation (ex : préachat à tarif préférentiel) ou « d’equity ».

La start-up peut également commencer à bénéficier de subventions, d’aides diverses (fiscales, locales, sectorielles…), continuer à participer à des concours (et gagner des prix). Elle peut être soutenue par des organismes de recherche, des entreprises…

Elle peut également être retenue au sein d’une « couveuse » voire d’un incubateur, structure créée par des entreprises ayant pignon sur rue ou des organismes publics ou semi-publics ou mixtes, et qui permet de tester une activité. 

Start-up en phase d’amorçage

C’est à ce stade qu’intervient en général la véritable ouverture du capital, via le premier tour de table, dit « seed money ». Des investisseurs, appelés « business angels » apportent des montants déjà significatifs dans le capital de la start-up.

A un moment ou un autre, le fondateur ou les fondateurs associés perdent le contrôle majoritaire du capital. Un pacte d’actionnaires détaillé est à établir pour que les droits de chacune des parties prenantes soient respectés.

Business angel

Un « business angel » est un particulier, généralement un ancien chef d’entreprise ou cadre de haut niveau voire un membre d’une profession libérale, souvent passionné de création d’entreprise, qui investit son argent personnel. Il sélectionne drastiquement les projets dans lesquels il investit, que ce soit dans des activités proches de celles dans lesquels il mène ou a mené sa vie professionnelle ou non, avec pour objectif de céder ultérieurement ses parts et de réaliser une plus-value.

Le « business angel » intervient généralement comme conseil auprès de la start-up en mettant à disposition son réseau et son expérience.

Dans cette phase d’amorçage, l’entrepreneur a accès à tous les modes de financement déjà disponibles au moment de la création, avec une palette encore plus grande : du crowdfunding sous forme de prêts, aides de toutes sortes, appels à projets d’organismes comme BPI France ou l’Union Européenne, qui ont des conséquences financières et de visibilité.

Pour ne pas être isolée, on la retrouve souvent au sein de structures, là encore créées par de grands groupes ou des organismes favorisant la création d’entreprise :

  • les incubateurs ou les accélérateurs : mise en réseau, mentorat, présentation d’investisseurs… A noter qu’ils peuvent être payants ;
  • les pépinières qui ont plutôt une vocation d’hébergement pour lancer et soutenir la phase de développement. 

Start-up en phase de développement

Pour faire face à la forte croissance de la start-up, le besoin en financement s’accélère. Elle lance de nouveaux tours de table pour augmenter son capital.

Les investisseurs précédents peuvent rester présents, augmenter leur participation ou au contraire commencer à se retirer progressivement. Interviennent alors de nouveaux acteurs, les sociétés de capital-risque (ou « venture capital »). Ils ont les mêmes objectifs de plus-values dans des délais limités (ex : 5 ans) que les « business angels », apportent des montants plus élevés, exigent une rigueur dans le suivi du business plan et un reporting détaillé mais sont moins impliqués dans la gestion de l’entreprise même s’ils peuvent aussi soutenir la start-up en lui partageant leurs réseaux d’affaires.

Sociétés de capital-risque

Le capital-risqueur est un gestionnaire de fonds de capital-risque (société de gestion agréée par l’Autorité des marchés financiers). Les fonds peuvent être, par exemple, des sociétés de capital-risque (SCR) ou des fonds communs de placement à risque (FCPR).

Ils sont souvent spécialisés dans le secteur d’activité de la start-up.

La start-up peut aussi recourir à des financements plus traditionnels, comme des prêts bancaires, en particulier pour des achats d’équipement et la gestion du besoin en fonds de roulement (ex : affacturage).

Elle continue généralement à pouvoir bénéficier d’aides diverses (ex : crédit d’impôt).

Et la sortie ?

Une société en régime de croisière n’offre que des rendements standard ; aussi, les investisseurs qui ont accompagné la start-up au début de sa vie souhaitent récupérer les sommes qu’ils ont engagées (avec -forte – plus-value, bien sûr) pour pouvoir continuer à soutenir d’autres start-ups naissantes afin d’engranger de nouvelles plus-values.

Parmi les possibilités pour cette sortie (ou « exit ») :

  • le rachat par une autre entreprise, qui peut être le constat d’un succès mitigé (avenir pas clair, résultats insuffisants…) ou au contraire celui d’un franc succès avec, alors, un véritable jackpot pour les investisseurs voire les initiateurs du projet, si eux aussi veulent monétiser leurs efforts ;
  • l’introduction en Bourse ;
  • le rachat sous forme de LBO (Leverage Buy Out) ou rachat avec effet de levier, sous différentes variantes, dont LMBO (Leverage Management Buy Out) où ce sont les cadres de l’entreprise qui en récupèrent la propriété.

Qu’est-ce que le LBO (Leverage Buy Out) ?

Le LBO est un montage financier permettant le rachat d’une entreprise par le biais d’une société holding.

Ce rachat se fait en fait par emprunt (qui permet l’effet de levier) : le ou les acheteurs créent une société holding qui fera l’acquisition de l’entreprise rachetée.

Il y a les variantes selon l’identité des repreneurs selon qu’ils soient financiers (ex : société de capital investissement) ou impliquant des collaborateurs de la start-up voire d’autres personnes physiques et du fait du mode de financement du rachat, soit par exemple :

– des apports et un financement bancaire classique ;

– un financement bancaire classique (dette senior) ainsi qu’un financement plus élaboré et mieux rémunéré (dette junior ou dette « mezzanine », via des titres comme des obligations convertibles, des obligations à bons de souscription d’actions, etc. ) lorsque les apports sont insuffisants.

L’introduction en Bourse  se réalise en Europe directement, alors qu’aux États-Unis le recours éventuel à des Spac (« special purpose acquisition company » ou, littéralement, société cotée dédiée à des acquisitions) se développe.

Les marchés spécialement dédiés aux start-ups sont en France :

  • Euronext Growth (autrefois Alternext) est dédié principalement aux entreprises de petite et moyenne capitalisation, aux entreprises de taille intermédiaire ainsi qu’aux entreprises à fort potentiel. Ce marché est contrôlé mais n’est pas réglementé au sens des directives de l’UE ;
  • Euronext Access est un marché non réglementé accessible à tous types de sociétés souhaitant accéder aux marchés de capitaux. Il est particulièrement adapté aux entreprises qui désirent renforcer leur visibilité et leur notoriété grâce au statut de société cotée. Son nouveau compartiment appelé Euronext Access + est conçu pour les start-ups et les PME en forte croissance et offre aux entreprises qui y accèdent une assistance supplémentaire et une plus grande visibilité pour leurs actions.

Et si les licornes n’existaient pas ?

Une licorne, outre un animal fabuleux, est une start-up évaluée à plus d’un milliard de dollars (plus de 800 millions d’euros). Toute start-up rêve de devenir une licorne. En Europe et notamment en France, elles sont rares. On peut en trouver quelques-unes parmi les fintechs, qui utilisent la technologie pour offrir des services bancaires et financiers voire dans d’autres secteurs comme, en 2021, Blablacar ou Doctolib.

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