Le risque de liquidité

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Le risque de liquidité correspond au fait de ne pas pouvoir vendre ses titres en raison de l'inexistence ou de l'étroitesse du marché pour ce titre : s'il existe peu d'acheteurs potentiels pour les actions d'une entreprise, et que le nombre de titres disponibles est faible, il y a de fortes chances pour que l'ordre de vente ne trouve pas preneur au prix demandé. Le vendeur ne peut pas vendre ses titres et doit donc les conserver ou essayer de trouver un acheteur à un prix moins élevé.

Typiquement, les actions non cotées sont un bon exemple de titres non liquides puisque le vendeur devra trouver lui-même un acheteur pour ses titres. Il ne peut donc pas immédiatement céder ses titres, contrairement aux actions cotées des grandes entreprises sur lesquelles de très nombreux ordres d’achat et de vente sont traités quotidiennement.

Toutefois, même des actions cotées en Bourse peuvent se révéler peu liquides. C’est le cas notamment de celles qui s’échangent sur les marchés non réglementés, comme Alternext ou le marché libre, qui accueillent des PME trop jeunes ou trop petites pour accéder à l’un des compartiments réglementés de la Bourse.

Les marchés non réglementés

En plus du marché réglementé qui, en France, est géré par Euronext et contrôlé par l’AMF, il existe des marchés qui obéissent à des règles allégées mais sur lesquels on ne peut pas faire n’importe quoi. On parle de marchés régulés mais non réglementés, ou, dans le langage européen, de systèmes multilatéraux de négociation (SMN). Il s’agit de plates-formes électroniques de courtage organisant la confrontation entre acheteurs et vendeurs de titres financiers. Ils sont gérés par un prestataire de services d’investissement agréé ou par une entreprise de marché (comme Euronext).

En France, les principaux systèmes multilatéraux de négociation des actions ouverts aux particuliers sont Alternext et le marché libre.

Alternext

Fondé par Euronext en mai 2005, Alternext est le nom donné au marché boursier destiné à accueillir les petites et moyennes entreprises dont la capitalisation est comprise entre 10 et 90 millions d’euros. Il y a environ 210 sociétés européennes cotées sur ce marché.

L’entreprise qui souhaite être cotée sur Alternext doit soumettre à l’Autorité des Marchés Financiers un «prospectus» précisant :

  • son activité,

  • sa situation juridique et comptable,

  • les informations relatives à l’appel public à l’épargne (raisons de l’offre et utilisation prévue du produit de l’émission, modalités de l’opération, fourchette indicative du prix de l’action, montant de la levée de fonds).

Ce prospectus doit recevoir le visa de l’AMF.

La société doit placer sur Alternext un montant de titres d’au moins 2,5 millions d’euros et doit présenter un historique des comptes de deux années, la dernière ayant été obligatoirement certifiée.

Les sociétés cotées sur Alternext sont tenues aux obligations d’information définies par les règles de marché. Ce sont notamment les suivantes :

  • une publication, dans les quatre mois de la clôture de l’exercice, des comptes annuels, du rapport de gestion et, le cas échéant des comptes consolidés ainsi que du rapport des contrôleurs légaux sur les comptes précités. 

  • une publication du rapport semestriel, dans les quatre mois après la fin du second trimestre. Ce rapport inclut les états financiers semestriels, consolidés le cas échéant, et un rapport d’activité afférent à ces états financiers semestriels.

Les sociétés cotées sur Alternext ont par ailleurs les mêmes obligations d’information permanente que les sociétés cotées sur un marché réglementé. Elles doivent notamment rendre publique sans délai, toute information les concernant susceptible d’avoir une influence sur le cours de leurs titres.

Le marché libre

Créé en 1996 à Paris et en 2004 à Bruxelles, le marché libre est un marché non réglementé dont les règles de fonctionnement sont fixées par Euronext. Il s’adresse à toute entreprise européenne, indépendamment de sa taille, de ses performances, de son ancienneté ou de son secteur d’activité. Les marchés libres répondent aux besoins d’entreprises encore trop jeunes ou trop petites pour être cotées sur l’un des compartiments des marchés réglementés européens d’Euronext ou sur Alternext.

Les émetteurs sont plutôt des entreprises de petite taille : la moitié dispose de moins de 25 salariés et réalise un chiffre d’affaires annuel de moins de 4,8 millions d’euros, avant l’introduction en Bourse. Toutefois, l’âge moyen des sociétés au moment de l’introduction est de 10,5 ans : les marchés libres ne sont donc pas des marchés destinés aux entreprises en phase de démarrage.

Les critères d’admission sur les marchés sont très simplifiés et les coûts de cotation sont faibles. Hormis le prospectus qui doit être visé par l’autorité de réglementation (l’AMF en France), les exigences de cotation requises des émetteurs sont plus légères que celles requises sur les marchés réglementés. Par rapport à une admission à la cote sur les marchés réglementés européens d’Euronext, une admission à la cote ou à la négociation sur les Marchés Libres présente les différences suivantes :

  • Pas d’obligation de proposer un pourcentage minimal d’actions au public (« flottant »).

  • Pas de capitalisation boursière minimale.

  • Pas d’obligation de publier des comptes selon les normes IFRS.

  • Pas d’obligation de fournir un bilan des états financiers certifiés.

  • Pas d’obligation de déclarer les franchissements de seuils des actionnaires.

Les dispositions concernant les abus de marché et la transparence s’appliquent toutefois en conformité avec les lois en vigueur. 

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