Les déterminants de la performance des actions

la finance pour tous
La performance des actions - qui, rappelons-le, résulte de la combinaison du dividende et de la plus ou moins-value à la revente - est liée à la combinaison de deux facteurs complémentaires :
  • Un facteur propre à la société cotée

  • Un facteur propre à l’environnement économique et politique général

Cours de bourse et performance individuelle

Le cours de bourse évolue en fonction de l’attrait relatif du titre d’une société cotée, qui est lui même déterminé par les perspectives de progression du titre. Les investisseurs vont vouloir se porter acquéreurs d’actions d’une société s’ils anticipent que les résultats financiers de celle-ci vont lui permettre d’accroître ses bénéfices futurs et donc d’augmenter les dividendes versés aux actionnaires.

Il existe donc généralement une relation positive entre les profits réalisés par une entreprise et la valeur de son titre en Bourse si elle est cotée.

Ainsi, parmi les diverses techniques de valorisation d’une entreprise cotée, celles qui sont les plus couramment utilisées par les analystes financiers font une place centrale aux profits. On en distingue essentiellement trois: l’actif net, le PER et la Valeur actualisée des dividendes futurs.

L’actif net

Il s’agit d’une mesure « comptable » de la valeur d’une entreprise qui se détermine par différence entre l’ensemble des actifs et l’ensemble des dettes, ce qui comptablement correspond peu ou prou aux  capitaux propres définis comme la somme du capital social, des réserves, des provisions réglementées, des subventions et du report à nouveau.

De fait, hormis les augmentations de capital qui restent peu fréquentes, seuls les bénéfices non distribués permettent à l’actif net de progresser. L’actif net est souvent utilisé pour déterminer la valeur de l’entreprise et la comparer à sa valorisation boursière, ce qui permet de juger de l’existence d’une éventuelle « décote » plus ou moins excessive du titre qui pourrait justifier un achat de l’action. Ainsi, les bénéfices non distribués aux actionnaires accroissent l’actif net de l’entreprise et donc la valeur de celle-ci, ce qui devrait influencer positivement son cours en bourse.

Benefices de l exercice

Le Price earning ratio ou PER

Le ratio cours/bénéfice, connu sous son terme anglo-saxon « price earning ratio » ou « PER » est souvent utilisé par les analystes pour déterminer si une entreprise est correctement valorisée en bourse. Le multiple du PER peut en effet être comparé à celui des autres entreprises exerçant leurs activités dans des secteurs identiques. Un PER inférieur à la moyenne observée sur les autres entreprises similaires cotées en bourse sera le signe qu’un titre est relativement peu cher et donc attractif. Par construction, une hausse (une baisse) du bénéfice se traduit, toutes choses égales par ailleurs, par une baisse (une hausse) du PER qui à son tour incite à acheter (vendre) l’action : le lien entre bénéfice et cours boursier est ici clairement et directement établi.

En 2012, le cours de l’action A est de 12 euros. Le bénéfice net réalisé cette même année est de 20 millions d’euros. Il existe 5 millions d’actions de la société A cotées en bourse. On a donc un bénéfice par action de 4 euros (20 millions / 5 millions d’actions)

Le PER s’établit ainsi à 12 / 4 = 3 en 2012.

En 2013, le bénéfice net réalisé par la société A progresse à 21 millions d’euros, mais le cours de l’action reste inchangé à 12 euros. Le bénéfice par action s’établit en 2013 à 4,2 euros (21 millions / 5 millions d’actions).

Le PER de la société A en 2013 baisse alors pour s’établir à 2,86 environ.

L’action de la société A est moins chère en 2013 car l’acheteur paiera moins de 3 fois le montant du bénéfice par action, contre 3 fois exactement en 2012.

La valeur actualisée des dividendes futurs anticipés

Les dividendes futurs anticipés dépendent eux-mêmes des profits futurs anticipés. Il s’agit de déterminer le montant des profits que l’entreprise dégagera de son activité au cours des années à venir, d’en déduire le montant futur des dividendes versés et d’actualiser ces dividendes futurs (c’est à dire les exprimer en euros d’aujourd’hui) puis de les comparer à la valorisation du titre en bourse. Si ce dernier est inférieur au montant des profits futurs actualisés, le titre est considéré comme sous-évalué en bourse et constituera une bonne opportunité d’achat. Dès lors, les achats de titres de la société entraîneront le cours de l’action à la hausse.

Cours de bourse et environnement économique et politique général

Les profits ne sont toutefois pas les seuls éléments à prendre en considération pour comprendre l’évolution des cours boursiers.

Une étude conduite sur le marché boursier français sur longue période montre notamment que si les variations des profits ont une influence significative sur les fluctuations de l’indice représentatif des actions, elles n’en expliquent que moins de la moitié. Selon l’auteur, la majeure partie des fluctuations boursières est en effet expliquée par des éléments non fondamentaux (c’est à dire non liés aux caractéristiques des entreprises), comme des mouvements de taux d’intérêt, des tensions géopolitiques ou encore des « chocs » affectant l’économie dans son ensemble (crise pétrolière, faillites bancaires, …).

Ces conclusions ne remettent toutefois pas en cause la pertinence des outils utilisés par les analystes pour déterminer la valeur « intrinsèque » d’une entreprise cotée. Il convient en effet de considérer que les éléments non fondamentaux sont en fait des évènements qui par leurs effets vont influencer les profits à venir des entreprises.

Une hausse des taux d’intérêt aura un impact négatif sur l’activité économique ce qui pèsera sur les résultats des entreprises. Logiquement, l’appréciation des analystes boursiers sur les profits futurs en sera affectée négativement et les cours des actions s’orienteront à la baisse.

Les cours boursiers reflètent à un instant donné le consensus des analystes sur les perspectives à court/moyen terme des profits des entreprises. Ce consensus est lui-même le produit du traitement de deux types de données :

  • les données concernant chaque entreprise cotée, ce que l’on désigne par « analyse fondamentale ». De fait, les profits de l’exercice en cours des entreprises cotées sont dans une très large mesure déjà anticipés par les analystes et sont de ce fait « intégrés » dans les cours. C’est la raison pour laquelle le cours des actions ne réagit généralement pas ou peu à la publication des résultats. A l’inverse, les cours boursiers peuvent être impactés, à la hausse ou à la baisse, par la communication des entreprises sur leurs perspectives de bénéfices pour l’exercice à venir ou sur leur stratégie à moyen terme ;

  • les informations concernant l’environnement économique et politique national et/ou international.

Aussi, à chaque instant le cours des actions est susceptible d’évoluer en fonction de données nouvelles communiquées par les entreprises elles-mêmes sur leurs perspectives à court/moyen terme ou en réaction à des informations relatives au climat économique ou politique global dans la mesure où celles-ci peuvent avoir un impact sur les bénéfices futurs des entreprises.

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