Les caractéristiques d’une obligation

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Une obligation représente la part d’un emprunt émise par une entité (l’État, une collectivité locale ou une entreprise). Si vous détenez des obligations, vous êtes donc le prêteur (le créancier) de l’entité ayant émis ce titre. En échange de ce prêt, vous allez percevoir des intérêts. Le taux d’intérêt est connu à l’avance par l’investisseur tout comme la durée du prêt et la date de versement des intérêts.

Le vocabulaire des obligations

Pour comprendre le fonctionnement des obligations, quelques notions se révèlent indispensables :

  • Le nominal (ou valeur faciale ou principal) : il est égal au capital de départ emprunté par l’émetteur de l’obligation divisé par le nombre de titres émis. Par exemple, un émetteur décide d’emprunter un million d’euros. Ce capital sera divisé en différentes coupures, par exemple de 1 000 euros pour faciliter les échanges sur le marché. Ce montant de 1 000 euros correspond à la valeur nominale de l’obligation.

  • L’échéance ou maturité : il s’agit de la durée de vie de l’obligation. Elle peut correspondre à la date à laquelle le détenteur de l’obligation se voit rembourser le montant intégral du nominal c’est à dire le capital emprunté par l’émetteur. On parle alors de remboursement du capital in fine. Ce remboursement peut également être régulier et se réaliser par un amortissement constant (chaque versement comprend une part identique de coupon et de capital) ou par annuités constantes (le capital remboursé est constant à chaque versement). L’échéance moyenne d’une obligation est de dix ans.

  • Le coupon : il correspond au versement périodique d’un intérêt au détenteur de l’obligation. Selon la nature de l’obligation, le versement des intérêts peut être régulier (généralement tous les ans) ou intervenir in fine, c’est-à-dire à l’échéance. De même, le taux d’intérêt versé peut être fixe (le revenu de l’intérêt perçu périodiquement est constant) ou variable (le taux d’intérêt varie en fonction des taux du marché).

  • Le coupon couru : il représente la part de l’intérêt dû par l’émetteur de l’obligation à un instant T, c’est à dire la rémunération due par l’émetteur au détenteur de l’obligation entre le dernier versement du coupon et celui à venir.

  • Le prix d’émission : il correspond au prix de l’obligation au moment de son émission. Ce prix peut différer du nominal. Si le prix d’émission est supérieur au nominal, on dit que l’obligation est « au dessus du pair » et inversement si le prix d’émission est inférieur au nominal.

  • Le cours de l’obligation : il correspond au prix auquel s’échange l’obligation sur le marché secondaire (lien avec dico). Il est généralement exprimé en pourcentage du nominal de façon à faciliter la comparaison entre différentes obligations qui présenteraient des caractéristiques différentes.

  • Le prix de remboursement : il correspond au remboursement de l’obligation à son échéance. Il peut être supérieur au nominal de façon à rendre l’obligation plus attractive pour les investisseurs. La différence entre le prix de remboursement et le nominal est appelée la prime de remboursement.

Lire une cotation d’obligation : l’exemple de la société Gama

La cotation d’une obligation dans la presse spécialisée ou sur les sites internet dédiés peut se présenter de la manière suivante. Elle vous permet de suivre au jour le jour l’évolution de votre titre en bourse. 

Lire une cotation d'obligation

Supposons une obligation émise par une société française, « Gama » le 20 décembre 2002 (date d’émission) pour une durée de 20 ans. Elle a été émise au prix de 1 000 € (prix d’émission). La valeur nominale est également égale à 1 000 €. Le versement du coupon intervient tous les ans. Ces différents éléments sont indiqués dans les informations complémentaires.

Le code Isin est en quelque sorte la carte d’identité de l’obligation. Il répond à des normes internationales. Le marché sur lequel est cotée l’obligation est également précisé.

Le taux d’intérêt nominal est égal à 2,50 %. À supposer que le détenteur de cette obligation conserve le titre jusqu’à sa date d’échéance, il percevra tous les ans un coupon égal à 25 € (nominal × taux d’intérêt nominal = 1 000 × 0,025).

Le coupon couru est ici égal à 0,833 %. Il correspond à la rémunération due par l’émetteur de l’obligation à son détenteur entre la date de versement du dernier coupon et celle à venir. Dans notre exemple, le versement du dernier coupon est intervenu le 20 décembre 2012. Entre cette date et le 20 avril 2013 (date de l’extraction de cette cotation), il s’est écoulé 120 jours. Par convention, on retient qu’une année est composée de 360 jours. Pour obtenir la valeur du coupon couru, on effectue le calcul suivant :

Valeur du coupon couru

La cotation de l’obligation au 20 avril 2013 est de 99,00 %. En effet, le cours d’une obligation est toujours exprimé en pourcentage du nominal. Pour obtenir son prix ou sa valeur de marché, la valeur du nominal doit être multipliée par le cours exprimé en pourcentage, auquel s’ajoute la valeur du coupon couru. Dans notre exemple, cela revient à effectuer le calcul suivant :

Prix d'une obligation

    91 commentaires sur “Les caractéristiques d’une obligation”
    1. Bonjour, je suis très étonnée par la méthode du calcul du coupon couru sur une base de 360 jours au lieu de 365 jours (pratique sur le marché obligataire). De plus ne manque t il pas les deux jours supplémentaires de livraison à rajouter au numérateur.

      1. Bonjour,

        Plusieurs conventions existent, tant pour la détermination du nombre de jours dans l’année que pour les délais de livraison. La convention, selon laquelle l’année est composée de 360 jours (d’ailleurs parfois appelée « Bond Basis » dans la littérature) nous semblait être l’une des plus utilisées en matière de marché obligataire, c’est pourquoi nous l’avons retenue dans notre exemple. Il convient, toutefois, de se renseigner sur les pratiques en vigueur sur le marché étudié et d’adapter le calcul le cas échéant.

        Meilleures salutations,

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

        1. Bonjour
          il existe bien quatre méthodes de calcul des bases . Cependant la méthode Bond basis n’est pas appliquée sur les marchés obligataires mais uniquement sur les marchés de Swaps (c.f. infra. Sources : l’essentiel des marchés financiers , 2eme édition, Eyrolles ou documentation officielle de l’AMF) . La méthode à appliquer au calcul des coupon couru est bien la méthode exact/ exact ou actual/actual en anglais avec une majoration de deux jours au numérateur pour tenir compte du délais de livraison.
          ■ « nombre de jours exact/360 » appelée en anglais money market basis (MM), utilisée sur les
          marchés monétaires, et notée « Exact/360 (Actual/360 en anglais) ».
          ■ « nombre de jours exact/365 »
          ■ « nombre de jours exact/nombre de jours exact », appelée « exact/exact » ou en anglais
          « actual/actual », utilisée sur la plupart des marchés obligataires ;
          ■ « 30/360 », notée également « 360/360 », appelée bond basis (BB) pour des raisons his-
          toriques, ce qui peut prêter à confusion, et qui est une méthode simplificatrice héritée
          des pratiques anciennes du marché euro-obligataire, encore très utilisée sur les marchés
          de swaps en Europe continentale et qui est décrite dans l’encadré ci-dessous.

          Bond basis : pas la peine de se mettre sur son 31 !
          Le « 30/360 », dit bond basis, est une méthode primitive appliquée dans les années 1960 sur le mar-
          ché naissant des obligations internationales, dont les premières et longtemps les plus importantes
          ont été les obligations en dollars émises en Europe – enfin, n’exagérons rien, depuis Londres – et que
          les Américains ont donc appelées european bonds, rapidement raccourcis en eurobonds. Plus tard, à
          partir des années 1980, un grand nombre de ces émissions étaient swappées, l’emprunteur cherchant
          principalement à bénéficier d’une demande ponctuelle dans une devise dont il n’avait pas véritable-
          ment l’usage. Plusieurs marchés de swaps de taux en Europe continentale, dont l’activité était essen-
          tiellement liée à ce type d’émissions, comme celui du franc suisse, ont donc opté pour cette base
          pour le calcul des intérêts de la jambe fixe. Elle a donc survécu au passage à la monnaie unique
          européenne en 1999 et à la modernisation des marchés de taux du continent. Elle reste notamment
          utilisée pour les swaps en euros et en francs suisses

    2. Une obligation d’échéance 10 ans, de valeur nominale 1000DH, a un taux de coupon de 11%. Les coupons sont versés sur une base annuelle tous les 15 JUIN.
      Quelle est le prix à l’émission de cette obligation si la rentabilité à l’échéance est de 7% ?
      Si la rentabilité à l’échéance est constante, A quel prix un investisseur voudra acheter cette obligation juste avant le paiement du second coupon ?-
      Quelle est la rentabilité de l’investisseur qui achèterait l’obligation à l’émission pour la revendre après deux ans, juste après le paiement du second coupon ?
      Si l’investisseur change d’avis et décide de revendre l’obligation le 22 Novembre de la même année de son achat, quel sera le prix de revente de l’obligation ? Quel sera le prix au pied du coupon de l’obligation ?

      1. Bonjour,

        Pour résoudre votre exercice, nous vous invitons à utiliser les formules données dans notre article consacré à la détermination du rendement des obligations, disponible à l’adresse suivante : https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/marches-financiers/produits-financiers/obligations/comprendre-les-obligations/determiner-le-rendement-d-une-obligation/.

        Meilleures salutations,

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    3. Bonsoir, j’ai bien compris le fonctionnement d’une obligation, cependant je cherche à aller un petit peu plus loin et l’associer aux taux d’intérêt directeurs des banques centrales eux meme associés à l’inflation. Quel impact aurait une augmentation durable de inflation entrainant une augmentation des taux directeurs sur les cours des obligations ? Quid en cas de faible inflation et de baisse des taux directeurs ? Merci d’avnace pour votre réponse !

      1. Bonjour,
        En règle générale, on considère qu’il existe une relation négative entre le niveau des taux d’intérêt et le cours des obligations. Ainsi, lorsque les taux d’intérêt augmentent dans une économie, la valeur des obligations aura tendance à diminuer, toutes choses égales par ailleurs.
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    4. comment peut-on justifier un prix d’émission et un taux d’intérêt sachant q’auctuellement le taux proposé pour les emprunts obligataires est de 10%

      1. Bonjour,

        Nous ne sommes pas sûrs de comprendre votre question. Le contexte macroéconomique actuel se caractérise par des taux d’intérêt relativement bas. Une émission d’obligations portant un taux d’intérêt de 10 % pourrait donc signifier que celle-ci présente un certain risque.

        Meilleures salutations,

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

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