Le coût total du crédit

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Quatre données constituent les bases du calcul du coût de votre emprunt : le montant de votre emprunt, le taux d’intérêt, la durée de l’emprunt, la périodicité du remboursement du capital et du paiement des intérêts (le plus souvent il s’agit de mensualités).

Avec ces données, il est possible d’établir l’échéancier de vos remboursements. C’est ce qu’on appelle le tableau d’amortissement de votre emprunt. Ce document est obligatoirement joint à l’offre de prêt immobilier. Il indique le montant dû par l’emprunteur à chaque échéance en détaillant la répartition du remboursement entre : le capital, les intérêts, la cotisation d’assurance emprunteur et le capital restant dû après chaque mensualité. En cas d’emprunt à taux variable, il ne sera possible d’établir un tableau d’amortissement que si les différents taux d’intérêt et leur date d’application sont établis dès le départ. Mais si le taux est indexé sur une donnée incertaine comme l’évolution générale des taux d’intérêt, il sera impossible d’établir le tableau d’amortissement qui s’appliquera effectivement.

Cette donnée essentielle n’est pourtant pas le seul critère du choix. La charge financière qu’il vous faudra payer à chaque échéance, ce qu’elle pèsera dans votre budget sont également un critère important de la décision. N’oubliez jamais que les charges d’un crédit sont des dépenses contraintes, c’est-à-dire des charges fixes dans votre budget. Hélas, le crédit qui a le moindre coût global n’est pas forcément supportable pour votre budget. Il faut bien prendre en compte ces différentes dimensions, pour partie contradictoires, pour définir le montant que vous pourrez emprunter, la durée de remboursement et le taux d’intérêt que vous pourrez obtenir.

Par exemple, choisir une durée plus longue pour un emprunt immobilier (par exemple 20 ans au lieu de 15) conduit le plus souvent à payer un taux d’intérêt généralement plus élevé pendant plus longtemps. Le coût global du crédit est plus élevé. Mais les mensualités sont plus faibles. Si on se fixe comme objectif prioritaire de ne pas dépasser une limite de charge financière mensuelle, cela permet d’emprunter davantage.

Un exemple chiffré

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Hypothèse A : On prend, tout d’abord, l’exemple d’un emprunt d’un montant de 200 000 euros à un taux de 5,5% sur 15 ans. Une calculatrice nous fournit le montant de la mensualité constante : 1 634,17 euros. Le coût global du crédit (hors frais fixes) est égal à l’ensemble des versements de l’emprunteur, 294 150,04 euros (soit 1 634,17 * 15 * 12), moins le montant emprunté, 200 000 euros. Le coût global du crédit est donc de 94 150,04 euros.

Hypothèse B : Le montant de l’emprunt est le même que dans l’hypothèse A : 200 000 euros. La durée du crédit est allongé de 5 ans, passant de 15 à 20 ans. Le taux d’intérêt est supérieur de 0,2 points de pourcentage : il passe de 5,5 à 5,7%. Le coût du crédit est supérieur de 44 %, mais les mensualités sont inférieures de près de 15%.

Hypothèse C : Le montant de l’emprunt est supérieur de 29 000 euros, par rapport aux hypothèses A et B : 229 000 euros. Le crédit est allongé de 5 ans par rapport à l’hypothèse A. Le taux d’intérêt est fixé à 5,7%, comme dans l’hypothèse B. Le montant des mensualités est globalement stable par rapport à l’hypothèse A… mais le coût global du crédit est supérieur de 65 %, pour un montant d’emprunt plus élevé de seulement 14,5% !

Les modalités de remboursement

La méthode généralement utilisée est celle des remboursements périodiques d’un montant constant, mais ce n’est pas la seule méthode possible. On peut également construire un tableau d’amortissement avec remboursement d’une part constante du capital ou encore avec un remboursement in fine, c’est-à-dire lors de la dernière échéance, de l’ensemble du capital emprunté.

Illustrons ces différentes méthodes à partir d’un exemple simple, inspiré de l’ouvrage Mathématiques financières d’E. Ginglinger et Jean-Marie Hasquenoph. Soit une somme de 50 000 € empruntée sur 4 ans à un taux d’intérêt global de 9 %. Supposons pour plus de simplicité que les paiements se font par annuités.

Annuités de remboursement constantes

1er cas : les annuités de remboursement sont constantes. Le tableau d’amortissement est le suivant :

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Le montant de l’annuité est déterminée grâce à une calculatrice. Le capital restant dû est, pour chaque année, égal au capital restant dû l’année précédente moins le remboursement de capital de l’année précédente, lui-même déterminé en retirant de l’annuité constant le montant des intérêts versés. Ces derniers sont calculés à partir de ce capital restant dû.

Par exemple, pour l’année 2 :

– le capital restant dû est de 39 066,57 euros (= 50 000 – 10 933,43)

– le montant des intérêts à payer sur ce capital est de 3 515,99 euros (= 39 066,57 * 9%)

– puisque l’annuité est constante et égale à 15 433,43 euros, on en déduit que, cette année-là, le remboursement du capital atteindra 11 917,44 euros (= 15 433,43 – 3 515,99).

Remboursement d’une part constante du capital

Supposons maintenant que l’on rembourse chaque année une part constante de capital. Le tableau d’amortissement devient :

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Le coût total de l’emprunt est un peu plus faible : 11 250 euros d’intérêts versés contre 11 733,60 euros dans l’exemple précédent. Le montant des annuités diminue progressivement. La première année, il faudra rembourser plus que dans le cas des annuités constantes. Il s’agit de l’inconvénient principal de cette méthode d’amortissement. Lorsque l’on souscrit un emprunt les premières échéances sont souvent plus difficiles à supporter et il est préférable de ne pas les alourdir.

Remboursement in fine

Autre hypothèse, le remboursement du capital emprunté est effectué seulement au bout des 4 ans. Chaque année l’emprunteur ne paie que les intérêts. Le tableau d’amortissement devient :

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Le coût global du crédit est plus élevé, d’environ 50 %, puisque les intérêts portent sur la totalité du capital pendant toute la période. Néanmoins cette formule peut être utile dans deux cas : lorsque l’emprunteur anticipe une rentrée d’argent l’année de la fin de son emprunt, ou s’il peut lui-même épargner les sommes qu’il n’aura pas à payer chaque année et s’il peut les placer avec un rendement suffisant (égal ou supérieur au surcoût de l’emprunt).

    14 commentaires sur “Le coût total du crédit”
    1. Bonjour,
      Merci pour ces details.
      En restant sur vos hypotheses, dans le cadre du 1er cas (annuite constante), comment determinez vous le remboursement annuel du capital?
      Merci

      1. Bonjour,
        Dans ce premier cas, les annuités sont constantes. Avec les hypothèses de ce cas (montant emprunté de 50 000 euros sur 4 ans à un taux d’intérêt de 9%), un calcul vous indique que l’annuité constante est de 15 433,43 euros. Une annuité comprend deux composantes : le paiement des intérêts et le remboursement du capital. Les proportions de ces deux composantes varient chaque année, alors que l’annuité est, par définition, constante. Pour connaître la valeur du capital remboursée, il convient de retrancher à l’annuité constante le montant des intérêts. Prenons l’année 2 par exemple. Il reste à ce moment-là un montant de capital à rembourser de 39 066,57 euros. Les intérêts à payer pour l’année 2 sont donc de 3 515,99 euros (= 39 066,57 * 9 / 100). Le remboursement de capital atteint donc 11917,44 euros (= 15433,43 – 3515,99)
        Meilleures salutations,
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

      1. Bonjour,

        Généralement, une mensualité inclut le remboursement d’une partie du capital, ainsi que le paiement d’intérêts et de l’assurance emprunteur.

        Meilleures salutations,

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    2. Bonjour,
      dans le cas numaro 1 (annuités constantes) comment sont calculés les rembourssements annuels du capitale? qui passe de 10933 la première année à 14195 à la 4eme année? Merci

      1. Bonjour,

        Pour que nous puissions vous répondre, pourriez-vous nous préciser le taux de l’emprunt, le montant emprunté et le nombre d’annuités de remboursement ? Merci

        Meilleures salutations.
        L’équipe de lafinancepourtous.com

    3. Bonsoir,

      Devons nous considerer les clauses indiquées sur l’offre de prêts Immo; pour le calcul du teg.
      exple: les interets intercalaire ne sont pas pris en compte pour le coût total du credit que j’associe aux prefinancement du VFAE.

      Merci d’avance

      1. Bonjour,
        Le financement d’une construction ou d’une acquisition dans le neuf nécessite un déblocage progressif du crédit immobilier, au fur et à mesure de l’avancement des travaux et selon les conditions indiquées dans le contrat de prêt. Des intérêts intercalaires sont calculés sur le montant du prêt débloqué, à partir du taux nominal du prêt. Auxquels il est nécessaire d’ajouter la prime d’assurance décès invalidité.
        Lorsque le capital est entièrement débloqué, vous remboursez le capital et les intérêts sur la totalité de la somme empruntée. Les intérêts intercalaires vont donc augmenter le coût total du crédit.
        Vous pouvez vous adresser à l’ANIL (Agence nationale pour l’information sur le logement) https://www.anil.org/ pour obtenir plus d’informations et d’éventuelles simulations de coût.
        Meilleures salutations.

        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

      1. Bonjour,
        Le coût total d’un emprunt correspond au taux d’intérêt payé sur l’argent emprunté. Il faut également y ajouter les autres frais éventuels, par exemple des frais de dossier.

        Meilleures salutations.
        L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    4. Bonjour,

      Le coût global de votre emprunt est égal à la différence entre le total des mensualités (plus les frais fixes) et le montant de l’emprunt.

      Meilleures salutations.

      L’Equipe de Lafinancepourtous.com

    5. Donc la formule pour calculer le coût global d’un emprunt c’est (la somme emprunté+ total des intérêts) ou il faut aussi ajouté à ça le total des annuités?

14 commentaires

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